- Superficie : 374 km², répartis entre Grande-Terre
(356 km2), Petite-Terre (18 km2) et une trentaine d’îlots non habités. - Population : 170 000 habitants.
- Chef-lieu : Dzaoudzi.
- Régime : collectivité départementale de la République française.
En raison de l’importance de l’islam, Mayotte a adapté son système législatif.
À côté du droit pénal français, les « cadis » (chefs religieux) peuvent
exercer des fonctions civiles et religieuses. Cependant, l’île étant en marche
vers le droit commun, ces particularités vont en partie disparaître. C’est notamment
le cas de la polygamie, interdite pour les nouveaux mariages depuis 2003.
- Président du conseil général : Saïd Omar Oili (sans étiquette,
en poste depuis 2004).
- Monnaie : l’euro.
- Langues : le français est la langue officielle. Dans l’île,
on parle surtout le shimaoré, ou le shibushi.
- Religion : 95 % de musulmans, environ 4 % de
catholiques et 1 % de protestants.
- Peuples et ethnies : bienvenue en Afrique ! Les Mahorais
de souche, 95 % des habitants de ce petit territoire français, sont d’origine
bantoue. On compte aussi plusieurs familles indiennes, souvent venues s’installer
sur l’île pour faire du commerce, mais aussi des Malgaches et quelques Réunionnais.
Les M’zoungous (ou Wazoungous) représentent à peine 2 % de la population
à Mayotte. Ce sont des métropolitains, la plupart en poste sur l’île pour généralement
deux à quatre ans : enseignants, militaires ou personnels de santé.
- Démographie : la population mahoraise est jeune (plus de
la moitié a moins de vingt ans) et croît à toute vitesse… Elle progresse de
4 % chaque année, notamment grâce à un fort taux de fécondité (4,7 en 2002),
mais aussi en raison d’une importante immigration illégale. On estime que les
clandestins représentent 30 % de la population de l’île.
- Espérance de vie (2005) : 61 ans.
- Alphabétisation : beaucoup d’adultes ne parlent pas le
français et ne savent pas lire. L’enseignement des plus jeunes se fait théoriquement
en français, mais l’apprentissage de la langue est difficile dans des villages
où l’on préfère parler sa langue maternelle (le shimaoré ou le shibushi), et
où le français reste associé aux Blancs et à l’élite. De plus, beaucoup de petits
Mahorais doivent attendre l’âge de cinq ans avant d’être scolarisés, à cause
du manque de place dans les écoles. En revanche, ils sont nombreux à fréquenter
très tôt l’école coranique.
- Histoire : qui a découvert Mayotte ? D’après les
écrits connus, les premiers arrivés seraient originaires d’Asie du Sud-Est,
de grands voyageurs assoiffés de nouvelles conquêtes dans l’océan Indien. On
date leur arrivée aux Comores au Ve siècle ap. J.-C. et quatre
cents ans plus tard, ce sont les Bantous qui débarquent depuis le continent
africain. Les deux peuples se métissent rapidement. Des commerçants arabes vont
ensuite peupler l’île, d’autres viendront d’Inde ou encore du golfe Persique
(les Arabo-Shiraziens).
C’est le début de l’ère Swahili, de l’islamisation (XIIe siècle), des sultans,
puis la naissance des Comores : les îles de la Lune (composées de Mayotte,
la Grande Comore, Anjouan et Mohéli).
Au XVIe siècle, les Malgaches débarquent aux Comores. Des conflits se créent.
À partir de 1750, Madagascar vient semer la terreur sur l’archipel. Mayotte
n’est pas épargnée. Les envahisseurs s’emparent d’esclaves pour le compte de
la France et occupent une partie de l’île.
La colonisation sauvera les Mahorais des Malgaches… pour les remettre aux mains
des Anglais, puis des Français. Le 25 août 1841, Mayotte devient une
colonie française. L’esclavage est aboli quelques années plus tard (1846), mais
perdurera officieusement (il faut de la main-d’œuvre pour entretenir les plans
de canne à sucre). Au début du XXe siècle, la France met aussi la main
sur Madagascar, à laquelle seront rattachées les Comores.
En 1946, les Comores, lasses d’être une « dépendance » de la
grande île, obtiennent leur statut de Territoire d’Outre-Mer. Dzaoudzi, à Mayotte,
devient la chef-lieu des Comores. S’ensuivra une vie politique très agitée,
coup d’État sur coup d’État… Au fil des années, Mayotte se démarque de ses sœurs,
désireuses de plus d’autonomie. En 1975, les Comores proclament leur indépendance.
Mayotte choisit de rester française (à la suite de deux référendums - 99 %
de Mahorais favorables à la deuxième consultation). Dès lors, les relations
avec le reste de l’archipel se tendent. L’écart se creuse. Mayotte la Française
se développe, tandis que l’économie comorienne reste minée par l’instabilité
politique.
Aujourd’hui, l’île française est devenue terre d’asile pour des Comoriens en
proie à la pauvreté. L’Union des Comores revendique toujours Mayotte parmi les
siens. La constitution prévoit même qu’elle dirige l’Union en 2010, suivant
le principe de présidence tournante.
- Économie : dans l’archipel, Mayotte fait figure d’eldorado,
mais son économie ne progresse que lentement. Les activités de pêche, d’agriculture
et d’élevage (manioc, coco, banane, zébu) restent familiales et traditionnelles.
Les exportations d’ylang-ylang et de vanille - qui ont autrefois fait la
réputation de l’île - fondent comme neige au soleil… Mayotte exporte très
peu et survit grâce aux aides de la France.
Le tourisme pèse chaque année un peu plus dans la balance commerciale (40 000 visiteurs
qui ont dépensé 14,5 millions d’euros sur l’île en 2005). En raison
de structures peu développées et d’un billet d’avion plutôt cher, le tourisme
reste cependant presque majoritairement familial (on vient rendre visite à un
proche), ou régional (des Réunionnais en quête de dépaysement par exemple).
En 2003, le PIB par habitant de Mayotte était dix fois inférieur à celui
de la métropole. Un décalage qui se traduit aussi à travers le montant du SMIC
qui a atteint en juillet 2006 la barre des 700 € bruts… Le chômage
frôle les 30 %.