En raison de l'extrême sécheresse, il y a plutôt moins de
maladies bactériennes en Mauritanie qu'ailleurs en Afrique de l'Ouest,
mais attention cependant aux coups de chaleur ; pour les éviter,
il faut se couvrir et boire beaucoup, surtout la nuit, et ne jamais oublier
l'eau quand on voyage.
L'eau est en général étonnamment saine en Mauritanie. Là
où il y a un robinet, il y a très peu de risques.
Le paludisme sévit particulièrement dans toute la
vallée du fleuve Sénégal et jusqu'à Néma,
mais il est inexistant à Nouakchott ou plus au nord.
On pense souvent que le niveau de pandémie
du sida est bas en Mauritanie. Mais le sujet est encore un tel
tabou que les chiffres sont à prendre avec des pincettes. Prenez toutes
les précautions, et sachez qu'on peut se procurer des préservatifs
dans les meilleures pharmacies et au CNH, le Centre national d'hygiène
(en face de l'hôpital de Nouakchott en quittant le centre-ville pour la
plage).
Ne soyez pas surpris par les nombreuses enseignes « Pharmacie »
que l'on trouve dans les villes. Difficile de faire la différence entre
le pharmacien et le marchand. En effet, certaines ne sont que des points de
vente ou de revente de médicaments. On y trouve parfois des produits
périmés ou des médicaments provenant de l'aide humanitaire...
Vaccinations
Les vaccinations conseillées en France
Tétanos, poliomyélite, diphtérie, BCG, ROR, coqueluche, Haemophilus b.
Les trois premières, conseillées chez l'adulte, deviennent extrêmement
souhaitables lorsque l'on voyage, et le rappel est une priorité avant
le départ.
- Méningite à Haemophilus influenzae b, ROR,
coqueluche : tous les enfants de moins de 3 ans qui voyagent en Afrique
doivent impérativement être vaccinés contre ces maladies.
La fièvre jaune
La prévention du choléra repose avant tout sur les précautions
alimentaires. Mais pour les séjours en zones épidémiques,
le ministère de la Santé recommande d’adjoindre le vaccin
Dukoral, disponible en France depuis 2005.
Le choléra
La prévention du choléra ne repose pas actuellement sur la vaccination. Il
n'y a plus de vaccin contre le choléra commercialisé en France. Pourtant
il se peut que les autorités décrètent du jour au lendemain que la vaccination
est obligatoire à l'entrée sur le territoire. Si vous ne pouvez présenter un
tampon de vaccination, vous risquez d'être refoulé. Donc, renseignez-vous une
dernière fois quelques jours avant le départ, et n'oubliez pas que c'est le
tampon qui est éventuellement obligatoire, pas le vaccin...
La typhoïde
Vaccin très bien toléré. À faire chez l’adulte et l’enfant
de plus de 2 ans. Protection de 3 ans au moins dès le 15e jour après
injection. On ne peut que trop le recommander aux voyageurs. À signaler,
la sortie en 2004, d’un vaccin combiné hépatite A + typhoïde
dans une seule seringue (Tyavax).
L'hépatite B
Mieux vaut être vacciné. L'hépatite B est une maladie de
la « promiscuité ». C’est une maladie grave qui peut
aboutir à la cirrhose, au cancer du foie. Aujourd’hui, la vaccination
est totalement anodine.
Attention : les 2 premières injections, assurant une protection
maximum, se font sur un mois plein (ensuite, rappel tous les 6 à 12 mois
plus tard). Encore une bonne raison pour préparer son voyage bien à
l'avance.
La méningite à méningocoque
Recommandée aux enfants, adolescents et jeunes adultes si la méningite sévit
de manière épidémique, en particulier en saison sèche. Pour l'adulte
de moins de 30-35 ans, recommandable en zone d'endémie à certains
moments de l'année. Il s'agit d'une vaccination de toute façon
sans aucun risque ni effet secondaire et facilement associable à toutes
les autres. Durée de protection : 3 ans.
La rage
La rage est omniprésente dans la plupart des pays d’Afrique de
l’Ouest. C'est pourquoi il est fortement recommandé de se faire
vacciner de manière préventive à :
- toute personne qui sera en contact avec des animaux de manière obligatoire
(vétérinaires, biologistes, écologistes, agronomes...),
ainsi que tout animal domestique ;
- tout voyageur qui, par sa destination ou son périple, pourra se trouver
éloigné plus de 48 h d’un centre apte à le traiter
efficacement et sans risque, avec des sérums et vaccins de qualité
internationale, une fois contaminé.
La vaccination antirabique actuellement disponible est aussi bénigne
que les autres et n’a plus du tout le caractère héroïque
de celle qui fut à l’origine inventée par Louis Pasteur.
Avis aux routards, trekkeurs, aventuriers, fanatiques de la nature, coopérants...
et aussi à leurs enfants.
L'hépatite A
Cette maladie fréquente, dite « alimentaire » ou «
des mains sales », n'est pas grave. Elle peut cependant être gênante.
Attention : une injection ne protège que 2 à 3 semaines plus tard.
Durée de protection : 10 ans.
- En conclusion : s'y prendre suffisamment tôt ! Il est
conseillé d'effectuer une consultation de voyage au moins 4 semaines
avant le départ.
Avant de partir
Consultations de voyages tropicaux
Il est fortement conseillé d'aller voir un médecin. Des consultations
de voyage se tiennent à votre dispositionsont assurées dans de
nombreux hôpitaux : en général, il y a au moins un service
de maladies infectieuses et tropicales dans chaque CHU.
Ne pas oublier...
- Votre carnet international de vaccinations (surtout pour la
fièvre jaune).
- Les coordonnées de votre médecin et/ou du
centre de médecine tropicale que vous avez consulté avant
le départ. Si vous avez des problèmes de santé particuliers,
que ceux-ci soient consignés sur une carte que vous garderez avec vous
tout au long de votre voyage, dans votre passeport ou votre carnet de vaccinations.
- De souscrire à une compagnie d'assistance internationale.
Aujourd’hui, les tarifs sont modérés et si vous tombez malade
ou que vous êtes hospitalisé à l’étranger,
vous serez bien content qu’on s’occupe de vous mettre dans le premier
avion…et qu’on vous paie le billet.
Ce qu'il faut prévoir
- De quoi faire face aux petits bobos (pince à épiler, compresses,
sparadrap, antiseptique cutané...).
- Des seringues et des aiguilles.
- Votre antalgique habituel.
- Pour ceux qui ont un traitement permanent, leurs médicaments habituels.
- Crème de protection solaire indice maximum.
- Chapeau à large bord, en toile, blanc ou clair.
- Chaussures de marche fermées.
- Désinfectant des eaux de boisson (Hydroclonazone, Micropur® DCCNa
: un comprimé par litre).
- Diffuseur d’insecticide et plaquettes.
- Kit d’imprégnation ou de vaporisation des vêtements
- Moustiquaire imprégnée d'insecticide.
Dans votre trousse à pharmacie, munissez-vous de :
- vos médicaments contre le paludisme (voir la rubrique plus loin);
- contre les diarrhées banales : un ralentisseur intestinal (type Imodium®)
ou antisécrétoire (Tiorfan®) ; un désinfectant intestinal
: type Ercéfuryl® ; un antibiotique à large spectre, en particulier
à visée intestinale, type Ciflox®, Oflocet® ;
- un pansement gastrique (type Smecta®, Phosphalugel®, Maalox®);
- un antivomitif (type Primpéran®);
- un antispasmodique (type Spasfon Lyoc®);
- un antiallergique (type Aerius®);
- un antibiotique actif sur diverses infections, en particulier intestinales
(type Oflocet® en comprimés) et un médicament actif
sur les amibes (type Flagyl® - comprimés).
- si vous êtes sujet au mal des transports : Dramamine® ou
Nautamine®, à prendre avant le départ, et à
renouveler éventuellement 4 h plus tard.
Le paludisme (malaria)
Le paludisme est la première maladie parasitaire mondiale : sans doute
environ 2 millions de morts par an, dont la majeure partie en Afrique. Il est
présent sur toute l'Afrique Noire.
Actuellement, il n'existe aucun médicament capable de conférer
une protection absolue contre le paludisme. C'est pourquoi il importe tout d'abord
de diminuer le risque de contracter le parasite en diminuant le nombre de piqûres
de moustiques (moustiquaire, répulsifs anti-moustiques, et vêtements
recouvrant un maximum le corps).
N'utiliser qu'à bon escient des médicaments antipaludiques
Souvent les voyageurs (et leur médecin) pêchent par excès,
faute d'une connaissance précise de la répartition du paludisme.
Après s'être précisément renseigné et être
certain que l'on sera exposé au risque, il y a actuellement le choix
entre 3 ou 4 schémas préventifs :
1) Association Nivaquine-Paludrine. Depuis juin 1996, cette association
est disponible sous la forme d'un seul comprimé de Savarine : plus simple,
plus facile à prendre.
2) Lariam : attention, effets secondaires fréquents ; accidents
graves rares mais possibles.
3) Depuis 2001, il existe un nouveau médicament, la Malarone.
Inconvénient : le prix est totalement libre et parfois très élevé.
Avantage : il suffirait de poursuivre le traitement pendant seulement 7 jours
après le retour.
4) Il existe un autre médicament, l'Halfan, qui s'utilise différemment
: on le garde avec soi et on ne le prend que pour traiter en urgence un accès
palustre certain ou supposé en l’absence de médecin pouvant
être consulté en moins de 24 h.
5) L’armée française, et de plus en plus de civils, utilisent
la Doxycycline, antibiotique très efficace contre le paludisme.
Interdite chez la femme enceinte et chez l’enfant de moins de 8 ans.
Les boissons
- Demander aux locaux ou aux Européens vivant dans chacune des localités
si l’on peut boire l’eau du robinet (car c’est
rarement le cas).
- Essayez de consommer des boissons « industrielles » : eaux dites de
source, limonades, boissons aux fruits ou au cola. Veillez
à ce que ces eaux vous arrivent non décapsulées.
- Thé et café : pas de problème.
- Ne pas hésiter à faire des orgies de fruits frais pressés devant
vous (oranges, citrons, limes...).
- Enfin, si vous êtes coincé en brousse, prenez l'eau que vous trouvez, mais
ne la buvez qu'après action (2 h) du comprimé antiseptique (Hydroclonazone,
Micropur® DCCNa : 1 comprimé par litre). Vous pouvez aussi
la porter à ébullition ou la filtrer vous-même avec les filtres microbiens portables
adéquats (type Katadyn).
- Ne pas oublier que, si une boisson peut être stérile, le verre ne l'est pas
: rincez-le ! Pensez aussi aux glaçons, qui ne sont sûrement pas faits avec
une eau stérilisée.
- Quoi qu'il en soit, il faut boire beaucoup, plusieurs litres par jour, sinon
il y a risque de déshydratation et de colique néphrétique. S'il fait vraiment
très chaud et très sec (désert), sur-salez votre alimentation, ou, au besoin,
avalez régulièrement quelques pilules de sel.
L'alimentation
- Les crudités posent un réel problème,
pouvant être souillées par ce que nous appellerons pudiquement
« l'engrais humain ». On peut donc attraper en les consommant toutes
les maladies de l'eau souillée. - Les viandes ne posent pas trop de problèmes.
Il suffit de s'assurer qu'elles sont bien cuites. L'idéal est un ragoût.
- Pas de problème non plus pour les poissons de mer et
d'eau douce .
- Les produits laitiers. Quel dommage de s'abstenir d'une calebasse
de lait d'une vache sahélienne : c'est délicieux ! On peut effectivement
attraper tout un tas de méchantes maladies avec le lait. Mais on en trouve
pasteurisé dans les supérettes des villes importantes.
Hygiène générale
- Lavage des mains et des pieds : aussi souvent qu'on veut.
- Les pieds : s'ils doivent être couverts par des chaussures fermées, celles-ci
ne doivent être faites d'aucun matériau synthétique (risques de mycose). Même
remarque pour les chaussettes.
- Ne porter que des vêtements en fibres naturelles, suffisamment amples
pour qu’ils ne collent pas à la peau.
Les baignades
- Pas de baignade en eau douce stagnante : risque de bilharziose
et autres parasitoses. En revanche, on peut se baigner au milieu d'un fleuve
à grand débit car les parasites et leurs vecteurs ne prolifèrent qu'en eau calme.
Au pire, pas de panique : aujourd'hui, la bilharziose se soigne très bien.
- En mer, il n'y a quasiment pas de risque infectieux.
- Enfin, si l’on se vautre sur une plage également fréquentée
par des chiens, on peut attraper un de leur parasites : c’est ce que l’on
appelle la larva migrans. Une petite larve viendra se balader
sous votre peau : c’est impressionnant et ça gratte, mais rien
de bien grave…
Les animaux
Les contacts avec tous les animaux sont à éviter, aussi sympathiques puissent-ils
paraître. Qu'il s'agisse des chiens, des singes, des oiseaux ou de tout autre
animal, longue est la liste des maladies qu'ils peuvent transmettre à l'homme.
La sexualité
On respecte les règles : pour le paludisme, la moustiquaire ; pour le
sida, les préservatifs. Emporter avec soi des préservatifs, car
ils ne sont pas partout disponibles et leur qualité n'est pas aussi bien
contrôlée qu'en Europe.
Une fois revenu en Europe
N'oubliez pas de continuer impérativement votre traitement contre le paludisme.
A priori, vous n'avez aucune raison d'aller consulter un médecin à votre retour.
Mais si vous avez un quelconque problème, n'oubliez jamais de signaler au médecin
consulté que vous revenez d'Afrique tropicale : cela peut être vital.
Arnaques et désagréments
Quelques précautions à prendre pour éviter de gâcher son séjour.
- Bien choisir son guide : dans certains coins touristiques (particulièrement
à Djenné et Mopti), de nombreux jeunes s'improvisent guides. Sachez
qu'environ 150 guides seulement sur l'ensemble du territoire sont accrédités
par l'Office malien du tourisme et de l'hôtellerie et possèdent
une carte de guide professionnel. Deux types de guides professionnels : les
régionaux et les nationaux. En dehors de ces guides assermentés,
choisir des guides dans les villes traversées qui sont localement reconnus
et de préférence recommandés par un hôtel, plutôt
qu'un seul guide pour l'ensemble du Mali. La région de Sangha est certainement
la mieux organisée et contrôlée par la communauté
en place et les guides locaux y sont sérieux et intéressants à
défaut de posséder une licence.
- Location d'un véhicule : il est préférable
de s'adresser à une agence de location plutôt qu'à un particulier.
C'est sensiblement plus cher, mais tellement plus sûr ! Éviter
de louer sans chauffeur. Essayer le véhicule et vérifier son équipement
(roues de secours et cric au minimum) ainsi que les papiers. Ne jamais payer
la totalité d'avance. Prendre les coordonnées du chauffeur et
du propriétaire et en laisser une copie à son hôtel en cas
de problème.