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Culture Mauritanie

L'artisanat

Les Mauritaniens sont avant tout de culture nomade, donc économes et sobres, ce qui explique qu’il n’y ait pas beaucoup d'artisanat en Mauritanie. Des bijoux en argent, des objets en or et argent ou travaillés sur ébène, du cuir décoré, des tapis en laine, quelques sculptures sur bois, et des instruments de musique traditionnels.
Par ailleurs, le pays regorge de « souvenirs » préhistoriques : silex, pointes de flèches... Comme tout routard digne de ce nom, vous respectez l'histoire et le patrimoine national : n'achetez aucun objet de ce type. Ce n'est pas de l'artisanat, c'est du pillage.
Vous serez peut-être déçu par les prix demandés, qui vous paraîtront peut-être excessivement élevés. Les Mauritaniens, étonnamment peu sensibles au jeu de l'offre et de la demande, ne semblent pas enclins à baisser leurs prix. Un conseil : affirmez très clairement votre goût pour l'article en question, tout en jouant sur vos contraintes de budget.

Les griots

Ce sont des musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants.
Certains atteignent la célébrité, d'autres font le tour du quartier, surtout à l'occasion d'une fête où l'on ne peut pas refuser leur présence. Ils se plantent bien droit à l'entrée devant le maître de maison, avec ou sans kora, leur instrument de musique, et, selon l'argent qu'ils espèrent gagner, récitent toute la saga ou en chantent une bribe. Aussi, quand un griot est signalé dans le quartier, souvent le maître de maison se cache, en espérant ne pas se faire prendre, car le griot est à la fois paria et respecté pour ses connaissances. Il fera rire tous les voisins avec une bonne chanson aux dépens du radin.
Certains griots sont attachés à la religion musulmane et récitent les louanges des saints ou des marabouts.

La musique

La musique est, avec la poésie, l'art le plus développé et le plus apprécié en Mauritanie. Vous n'entrerez pas dans une maison, même très modeste, sans y trouver un lecteur de cassettes, CD ou, au moins, un poste de radio. Et vous ne trouverez pas une ville ou un village (sauf si, bien sûr, il ne dispose pas de l'électricité) sans son ou plutôt sans ses « standards ». Par « standard », entendez boutique (avec haut-parleurs donnant sur la rue ou sur les toits) qui diffuse du son et vous enregistre à toute heure une copie de cassette audio. Vous entendrez principalement de la musique maure traditionnelle, ainsi que de la musique sénégalaise et malienne.

La musique maure

Les instruments traditionnels sont en bois et peau. L'ardin, sorte de petite harpe, est jouée par la griotte, tandis que le griot se sert de la tidinit (luth à quatre cordes). Une fois la voix musicale (il y en a trois) choisie par le griot, celui-ci progressera parmi les quatre grands modes musicaux (à chaque mode correspondra un accordement spécifique de la tidinit) :
- le Karr chante la joie dans l'amour ;
- le Vagho la combativité, la fierté, la colère ;
- le Kahal évoque des expressions plus diverses ;
- le Lebial accompagne la tristesse et la nostalgie dans l'amour.
Si le griot veut enchaîner plusieurs modes, il progressera toujours dans le même sens, c'est-à-dire de la joie vers la tristesse.

Vous aurez l'occasion d'écouter de la musique live :
- pendant la Guetna (fête des dattes), dans les palmeraies ;
- à l'occasion d'un mariage, traditionnellement ouvert à tous, ou d'une fête chez un particulier : vous y serez invité ou vous vous laisserez guider dans la ville par le son des griots ;
- pendant le mois de ramadan, des El medeh (louanges au Prophète) sont chantées par les hommes le jeudi soir, au son d'une calebasse retournée qui sonne une invitation aux campements voisins à se joindre à la veillée jusque tard dans la nuit.

Quelques grands noms de la musique maure : Malouma Mint Miadeh, qui a fait un carton avec son tube Ya Habibi, Dimi Mint Abba, Sedoum Ould Eida, Baba Ould Hambara, Ouleya Mint Amar Tichit, Khalifa Ould Eida, Malouma et la jeune Noura Mint Symaly... Et pulaar : Ousmane Gangué et le Koodé Pinal, véritable star montante, sorte de griot moderne à quatre voix lancinantes, qui a fait les intros des concerts de Youssou N'Dour et Baaba Maal... À suivre.

Les vêtements traditionnels

Quelques tenues qui feront un excellent souvenir, d'autant plus qu'elles sont très utiles en cas de grosse chaleur :
- Le boubou maure (ou draa) : c'est la tenue traditionnelle des hommes. Il s'agit d'un grand drap avec un trou pour la tête, dont les angles sont cousus et retombent aux mollets. Pour un boubou bleu simple (sans broderie), entre 3 000 et 4 000 UM (9 et 11,5 €).
- Le sarouel : pantalon bouffant assorti au boubou maure. Très agréable l'été.
- Le bazin : tissu damassé qui sert à faire les plus beaux boubous africains. Les bazins riches peuvent valoir près de 30 000 UM (84€). Attention aux imitations. C'est au marché Sixième de Nouakchott que vous obtiendrez les meilleurs prix pour le plus grandchoix.
- L'haouli (ou chèche) : pièce de tissu rectangulaire qui sert de turban. Indispensable dans le désert. Compter 1 000 UM (3,60 €) pour un chèche de qualité (réellement efficace).
- Le melhafa : voile féminin légèrement transparent enroulé plusieurs fois autour du corps pour l'envelopper intégralement, et couvrant les habits. Compter environ 2 700 UM (7,5 €) en moyenne. C'est à Nouakchott, au marché Capitale, que vous trouverez les plus originaux.
- Les naïls : simples sandales, authentiques chausses des Touaregs. Les traditionnelles, en peau de gazelle, sont malheureusement introuvables en Mauritanie. Se reporter sur les naïls en peau de mouton.

Médias

Le coup d'État du 3 août 2005 a radicalement changé la donne. Les partis politiques d'opposition ont été reconnus, la liberté de la presse garantie et les droits civils et politiques rétablis. Pourtant, la Mauritanie venait de loin. Sous le régime de l'ancien président Ould Taya, les journaux étaient régulièrement saisis et les journalistes jetés en prison dès lors qu'ils abordaient des sujets « tabous » comme l'esclavage.
Il reste toutefois que la presse mauritanienne est divisée et que des journaux à scandale, dits « peshmergas », ont fini par avoir pignon sur rue, dans une société civile fortement clivée, où les clans n'hésitent pas à servir leurs intérêts à coups de dénonciations calomnieuses.

Radio

En attendant l'ouverture des ondes aux radios privées (une loi libéralisant l'audiovisuel a été votée par le Parlement en 2008), l'unique radio diffuse essentiellement en arabe, à l'exception de certaines tranches dans des langues nationales (pulaar, soninké et wolof) et de 2 journaux quotidiens d'informations en français, à 14 h 30 et 19 h (temps universel).
En FM, on peut écouter les stations étrangères, dont les émissions en FM de Radio France internationale, rétablies fin 2005, la BBC, Voice of America et d'autres stations de la sous-région.

Télévision

TVM (Télévision de Mauritanie) diffuse principalement des informations nationales. À dominante arabe, elle présente un journal quotidien en français, à 21 h 30 (temps universel), et des tranches dans les langues nationales.
Grâce aux paraboles, les Mauritaniens sont connectés au monde. La chaîne arabe Al-Jazira, dont le bureau pour l'Afrique de l'Ouest est basé à Nouakchott, est la plus prisée pour ses informations.
Pour les feuilletons et films, les Mauritaniens se branchent sur la chaîne saoudienne MBC. TV5 est également suivie pour les débats, les émissions spécialisées, les informations et le sport. Des opérateurs privés proposent un bouquet « Canalsat » qui permet de suivre la plupart des chaînes disponibles en France.

Journaux

La presse française est disponible dans plusieurs maisons de la presse de Nouakchott.
Il existe une vingtaine de journaux mauritaniens à parution régulière, en arabe et en français, dont le célèbre Le Calame, bête noire de l'ancien régime. La plupart des hebdomadaires (La Tribune, L'Éveil) ont pris une bouffée d'air frais à la chute du gouvernement de l'ancien président Ould Taya, en août 2005.
Parmi les titres de la presse mauritanienne, une dizaine de quotidiens (Al-Amal, Al-Jadid, As-Safir, Le Nouvel Espoir, Le Méhariste, Nouakchott infos) relatent surtout l'actualité nationale.



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