Habitat créole
Les habitations
Une habitation, dans les anciennes colonies, est le nom que l'on donne aussi bien au patrimoine bâti que non bâti : une exploitation agricole, d'abord, regroupée autour de la maison de l'habitant principal, le maître des esclaves. Structurée selon un système d'autarcie parfaite, elle répondait tout autant aux nécessités des grandes familles locales qu'aux besoins de la métropole.
Dans le sud de l'île se retrouvent les grandes habitations sucrières. Dans le Nord, on s'intéressait aussi au sucre mais, au pied de la montagne Pelée, la banane et l'ananas allaient vite prendre une part prépondérante.
La maison de maître, perchée sur un morne ventilé, domine le site. Ici loge le propriétaire de la plantation avec toute sa famille. Deux étages, le second légèrement en retrait, des volets pleins et des persiennes à lames. Un aqueduc amène l'eau fraîche nécessaire aux besoins de la vie quotidienne. Celle-ci sert aux bains et aux dépendances, avant de rejoindre la fontaine de la rue Cases-Nègres.
Certaines de ces habitations sont privées, d'autres converties en musée ou en hôtel. Les habitations constituent les seuls monuments historiques des Antilles.
La case antillaise
Dans les bourgs anciens et dans les campagnes, on peut voir, au travers de l'évolution de la case antillaise, l'adaptation aux nouvelles façons de vivre. Case à deux pièces agrandie d'une terrasse, puis de deux, auxquelles on ajoute au fur et à mesure d'autres pièces. Si la plupart des Antillaises ont aujourd'hui une cuisine dans leur maison, à la campagne elles ont gardé l'habitude d'une cuisine extérieure.
La tôle ondulée a souvent remplacé le bois, et le traditionnel jardin créole, qui a connu des jours meilleurs, a souvent disparu, mais l'œil exercé repérera ignames, taros, manioc, patates...
Les vérandas, ornées de jalousies, et les volets en bois défient toujours le temps. D'une année à l'autre disparaissent, faute d'entretien, ces témoins d'une autre vie au quotidien.
Musiques et danses
Des enfants se déchaînent sur la véranda d'une case. Bidons, casseroles, balustrades, tout ce qu'ils trouvent est percuté en rythme. Et aucun passant ne se plaint du tracas ni même du fracas. Les Antilles ont toujours scandé le quotidien. Elles avaient des chants pour couper la canne, pour ferrer les bêtes ou tirer le filet. Et des danses clandestines d'esclaves, les bamboulas (le terme est local), ou transes communes autour du gwo-ka, le tambour créole.
Le laghia (lutte mimée originaire du Dahomey), le toumblac ont encore des accents incantatoires. Le bèlè (francisé en belair par les colons) est une forme d'expression musicale issue de la tradition africaine, altérée et transformée par la déportation, l'esclavage et l'influence européenne (quadrille et haute-taille venues d'Europe). Dans le bèlè, un chanteur mène la danse, si l'on ose dire, grâce à sa voix puissante, tandis que les danseurs et le joueur de tambour (le tanbouyé) entament leur dialogue sur le rythme du ti-bwa grâce à deux baguettes qui percutent l'arrière du tambour...
Mais les danses à orchestre, plus gaies et plus profanes, tiennent le haut du pavé : valse, mazurka piquée, polka. Tonique et lascive, la biguine (la « reine des danses ») est même devenue le sport national des Antilles françaises. Le zouk surtout fait le régal des radios, le zouk-love, un zouk langoureux et moite à danser collé-serré
Malgré un retour très fort aux racines - avec le gwo-ka -, l'influence des Grandes Antilles (salsa, reggae) domine la création musicale.
Médias
Presse
Firance-Antilles est l'unique quotidien de l'île. Créé en 1943, il reprend l'actualité martiniquaise et internationale. Vous y trouverez un tas d'infos sur les manifestations culturelles de l'île (théâtre, concerts, ciné, fêtes traditionnelles...).
Les titres de la presse métropolitaine et internationale sont également disponibles, mais avec un jour ou deux de retard.
Les guides annuels Sa Ou Fè et Choubouloute, ou encore les mensuels gratuits, recèlent plein d'informations utiles sur l'île.
Radios
Elles assurent un réel service local et reflètent l'ambiance musicale et politique des îles.
Quelques fréquences :
- Radio Martinique RFO : à Fort-de-France : 92 FM ou 94.5 (nombreuses fréquences selon la région).
- RFI : reprise sur différentes fréquences ; 100.6 (sur Radio 105 Canal Antilles), 106.2 (sur Radio AS), 99.9 (sur Radio Intertropicale).
- Radio Caraïbe internationale : 91.2 FM, 98.7 FM, 103 FM ou 104.6 FM. l rci.mq l
- Europe 1 sur 98.7 FM, France-Inter sur 95.8 FM.
- RMC : 100.8 FM.
- NRJ : sur 104.4 FM.
- Sun FM : sur 90.6 ou 102.7 FM (fréquences différentes parfois du nord au sud).
- Radio Campèche (de dormir, dirait mon voisin) : une radio qui a la pêche et vous rend le sourire, sur 101.6.
Télévision
Si vous préférez le petit écran au grand théâtre de la vie martiniquaise (certains jours de pluie, pourquoi pas !), vous aurez le choix entre ATV - Antilles Télévision - et Canal-Antilles (deux chaînes de télévision privée), ou Tempo et Télé Martinique, qui appartiennent à RFO.