Si la plupart des séjours au Mali ne posent aucun problème de santé significatif,
quelques précautions à respecter vous permettront d'éviter bien des soucis ou
de compromettre une partie de votre séjour.
- Maladies préexistantes ou prise de médicaments au long cours
Vous pouvez évidemment voyager mais pensez à emporter tous vos médicaments en
prévoyant plusieurs jours de plus au cas où votre retour serait décalé. Ne mettez
pas tous vos comprimés dans vos bagages à soute (quelques un se perdent). Evidemment
allez voir votre médecin (et votre dentiste) avant de partir.
- Traumatismes (accidents de circulation, sports, ...)
Ils représentent 1/3 des rapatriements sanitaires et sont parfois graves. Souvenez-vous
que les véhicules du Mali sont souvent en aussi mauvais état que les routes
et que le respect du code de la route n'est pas une constante universelle. Donc
prudence surtout le soir et la nuit (ceinture de sécurité,...) et casque impératif
si vous roulez à moto.
- Baignade en eau douce
Elles exposent au risque des bilharzioses (ou schistosomoses). Le risque est
très variable d'un point d'eau à un autre dans une même région. Ne vous baignez
que si vous pouvez obtenir un avis fiable sur place. Retenez que la bilharziose
est surtout présente dans tout le pays et surtout dans la région de Mopti, Bamako
et Kaye.
- Marche pieds nus
A éviter car en plus du risque de blessure difficile à cicatriser en milieu
tropical, vous vous exposez à des infections parasitaires digestives ou cutanées
(ankylostomoses,anguillulose: marche sur sol humide; larva migrans cutanée,
tungose : marche sur sable).
- Traitements par perfusion, transfusion
Si jamais en raison d'un problème de santé un traitement vous est proposé, il
vaut mieux le recevoir par voie orale plutôt qu'en perfusion si c'est possible.
De même n'acceptez une transfusion de sang que si cela s'avère vraiment indispensable.
Cela peut permettre d'éviter des maladies transmises par le sang.
- Soleil
Le soleil peut entraîner des brûlures souvent très désagréables parfois sévères.
Il faut éventuellement préparer sa peau avant de partir et de toutes façons,
il faut éviter une exposition solaire prolongée. L'utilisation de crème solaire
haute protection est indispensable. Par ailleurs l'association conjointe chaleur/soleil/déshydratation
peut entraîner un coup de chaleur dont certains peuvent être graves.
2) LES VACCINATIONS
Elles se font, en général, par injection en haut du bras,
soit par votre généraliste(sauf la fièvre jaune),soit dans un centre de conseils
aux voyageurs.
- Tétanos- Polio (+ diphtérie si possible)
- Indispensable. - Il n'y a pratiquement pas de contre-indication.
- Fièvre jaune
- Obligatoire au Mali. - A faire dans un centre spécialisé au moins 10 jours
avant de partir (si première vaccination) puis valable 10 ans. - Le vaccin est
contre-indiqué en cas de déficit immunitaire, de grossesse et chez l'enfant
de moins d'un an.
- Hépatite A
- Très utile, (risque d'environ 1% par mois de séjour) surtout si séjour prolongé
et voyage itinérant proche de la population malienne. - Protection acquise au
dixième jour environ. - Rappel entre 6 à 12 mois pour une protection de 10 ans.
- Chez les plus de 50 ans, une prise de sang (sérologie) peut permettre de dépister
une immunisation naturelle rendant inutile la vaccination contre l'hépatite
A. - Il n'y a pratiquement pas de contre-indication.
- Hépatite B
- 3 injections réparties sur 6 mois sont nécessaires pour être protégé. - Le
risque est quasi exclusivement lié aux rapports sexuels sans préservatif et
aux contacts avec le sang : une prévention non vaccinale est donc possible.
- Chez l'adulte jeune, un voyage, est cependant une excellente occasion de faire
cette vaccination - Des schémas courts sur un mois sont possibles mais la protection
à long terme est mal connue. - Il n'y a pratiquement pas de contre-indication.
- Typhoïde
- Risque faible (0,005% par mois). - Le vaccin est justifié essentiellement
pour des séjours de plus d'un mois. - Protection valable 3 ans avec une injection.
- Il n'y a pratiquement pas de contre-indication.
- Vaccins d'indications plus rares
- Anti-méningite A+C - Justifié en période épidémique (saison sèche en général)
pour des séjours prolongés (>1 mois) ou pour une expatriation de plusieurs années.
- Une injection protège 3 ans. * Anti-rabique - Justifié pour les voyages prolongés
et itinérants ou pour les expatriations surtout chez les enfants. Il faut de
toutes façons éviter les contacts avec les animaux errants. - La vaccination
préventive se fait en 3 injections (jour 0, jour 7, jour 28) et ne dispense
pas d'une vaccination complémentaire en cas de morsures.
3) PREVENTION DU PALUDISME
- Zone
2 (classification française) ou C (classification OMS).
- Risques
Le paludisme est présent dans pratiquement tout le Mali, y compris les villes.
- Moyens de Protections
1) Eviter les piqûres de moustiques, du coucher au lever du soleil (risque maximum
autour de minuit) : - Répulsifs (Insect Ecran Peau®, 5 sur 5 Tropic®); tous
les répulsifs ne sont pas efficaces. - Moustiquaires imprégnées d'insecticides.
- Bombes anti-moustiques, tortillons, vêtements couvrants. - La climatisation
réduit beaucoup l'activité des moustiques. 2) Médicaments : Association Nivaquine®
+ Paludrine® ou dans sa forme combinée (Savarine®) pour l’adulte. Mais actuellement,
il n’existe aucun médicament capable de conférer une protection
absolue contre le paludisme. C’est pourquoi il importe tout d’abord
de diminuer le risque de contracter le parasite en diminuant le nombre de piqûres
de moustiques.
4) PREVENTION DE LA DIARRHEE DU VOYAGEUR (Turista)
- Risques
Important (20 à 50% des voyageurs tropicaux en font l’expérience)
mais la turista est bénigne dans la majorité des cas. Elle peut
cependant être le symptôme d’une maladie grave et urgente,
c’est pourquoi il faut être vigilent.
- Quelques précautions
- Cessez de consommer les aliments qui contiennent des fibres alimentaires (légumes,
fruits), au profit de ceux qui n’en contiennent pas (riz en particulier)
pendant toute la période diarrhéique. Ou bien, si vous êtes
un adulte antérieurement en bonne santé, mettez-vous carrément
à la diète en vous contentant de vous réhydrater.
- Les aliments les plus à risque sont les plats préparés et consommés froids
dans un deuxième temps; les fruits de mer, viandes, poissons peu ou mal cuits
et les crudités ainsi que les fruits non épluchés par soi-même sont également
à risque.
- L'eau de boisson doit être bouillie, filtrée ou consommée dans des bouteilles
encapsulées. Les comprimés décontaminants (Aquatabs®, Hydroclonazone®, Micropur®)
ont une efficacité partielle (supérieure pour Aquatabs®). Des systèmes de purification
de l'eau individuels ou adaptés à de petites collectivités, existent maintenant
avec une efficacité remarquable (système Pentapure® ou Katadyn®).
- Dans de très rares cas et sur une période courte un antibiotique
préventif pourra vous être prescrit par votre médecin.
- Si une diarrhée survient, le plus important est de s’hydrater
correctement : boire beaucoup (du thé, du jus de fruit plus des gâteaux
salés).
- Des anti-diarrhéiques (Smecta®, Tiorfan®,...) peuvent être
utiles. N'utilisez l'Imodium® (ou lopéramide) que le moins possible
(en cas d'urgence !) et surtout pas en cas de fièvre et de diarrhée
sanglante.
- Dans quelques cas un antibiotique (par ex: Noroxine® sur 3 à 5
jours) peut se justifier (diarrhée persistante, diarrhée avec
de la fièvre).
- Chez l’enfant, toute diarrhée, même banale, doit être
considérée comme grave. Consulter donc sans délai.
5) RISQUES PARTICULIERS
- Mise en garde de la faune
- Eviter de marcher pieds nus sur le sable ou sol mouillé/boueux. - Avant de
vous chausser, vérifier que des insectes ou autres bêtes n'y ont pas élu domicile
leur réaction à l'arrivée de vos pieds pourrait être désagréable voire dangereuses
(scorpions,…). Pour les sacs de couchage idem. - Toujours repasser après lavage
le linge ayant été séché à l'air libre pour éviter les vers de Kayor (myiase).
- Ne vous approchez pas des animaux dans les réserves. - Le port de chaussures
montantes ou de bottes est recommandé pour les marches (serpents venimeux, ...).
- Maladies sexuellement transmises
En dehors du Sida, particulièrement dans les grandes villes, de nombreuses maladies
transmises sexuellement pourrait vous laisser de bien mauvais souvenirs (gonococcies,
chlamydioses, syphilis, herpès, hépatite B,…) L'utilisation de préservatifs
en cas de rapports sexuels est donc impérative.
- Infections respiratoires
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer les différences de température (avion,
ambiance climatisé, ...), la sécheresse de l'air en saison sèche, favorisent
les infections respiratoires banales (pharyngite, bronchite, ...) qui sont fréquentes.
- Autres risques
Il est recommandé de se munir de répulsifs pour éviter les piqûres de glossines
(mouches tsé-tsé) qui pourraient transmettre la trypanosomiase (maladie du sommeil)
notamment dans la zone entre Bamako et Segou (risque très faible pour le voyageur).
6) TROUSSE A PHARMACIE
Environ 55% des voyageurs sur un mois de séjour présentent un problème de santé
et peuvent avoir besoin de prendre un médicament. Le mieux est donc d’avoir
sur soi quelques médicaments courants. Ne les achetez surtout pas sur un étalage
de marché.
- Voyage professionnel ou touristique
- Traitement habituel et contraceptif. - Traitement préventif du paludisme et
répulsif :Insect Ecran® peau et vêtement. - Anti-diarrhéique : Tiorfan®, Smecta®.
Imodium® ou équivalent (à utiliser au minimum). Noroxine® ou équivalent, si
diarrhée fébrile (actif sur les cystites également). - Désinfectant local (Hexomedine®),
pansements multi-taille, quelques compresses.
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- Traitement habituel et contraceptif. - Traitement préventif du paludisme et
répulsif : Insect Ecran® peau et vêtement. - Anti-diarrhéique : Tiorfan®, Smecta®.
Imodium® ou équivalent (à utiliser au minimum). Noroxine® ou équivalent ,si
diarrhée fébrile (actif sur les cystites également). - Désinfectant local (Hexomedine®),
pansements multi-taille, quelques compresses. - Petits instruments : Ciseaux
à bouts fins, pince à épiler, thermomètre. - Désinfectant oculaire en mono doses
(Dacryosérum®). - Anti-pyrétique : Doliprane® ou équivalent (contre la douleur
aussi). - Antibiotique : Clamoxyl® ou équivalent (infections respiratoires).