Carte d'identité Malaisie



- Superficie : 330 803 km² (avec Sabah et Sarawak).
- Capitale : Kuala Lumpur.
- Régime : monarchie fédérale constitutionnelle (9 sultanats héréditaires, 4 États non monarchiques et le district fédéral de Kuala Lumpur).
- Roi : désigné tous les 5 ans, Ibrahim Sultan Iskandar, sultan de Johor (depuis 2024).
- Chef du gouvernement : Anwar Ibrahim (depuis novembre 2022).
- Population : environ 34,2 millions d'habitants environ.
- Espérance de vie : 73 ans (pour les hommes) et 77,8 ans (pour les femmes).
- Indice de développement humain : 67e rang (0,819).
- Religions : musulmans (61,3 % ; religion officielle), bouddhistes (19,8 %), chrétiens (9,2 %), hindouïstes (6,3 %), autres (3,4 %).
- Densité : 103 hab./km².
- Monnaie : le ringgit (Rm).
- Langues : malais (langue officielle), chinois (dialecte hokkien et cantonais), anglais, tamoul.
- Salaire minimum : env 1 700 Rm (soit env 370 €) ; salaire moyen autour de 3 000 Rm (env 660 €).
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco :
- les villes historiques de Georgetown (sur l’île de Penang) et Malacca (depuis 2008) ;
- le patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (2012) où a été découvert la plus longue présence avérée « des premiers hommes sur un même lieu » ;
- le parc national de Gunung Mulu (2000), à Bornéo pour sa biodiversité et ses paysages karstiques ;
- le parc du Kinabalu (2000), également à Bornéo, qui abrite la plus haute montagne d’Asie du Sud-Est (4 095 m).
Économie
La Malaisie est aujourd’hui un pays classé dans les NPI (nouveaux pays industrialisés). Son développement lui a permis d’atteindre un des revenus moyens par habitant les plus élevés d’Asie du Sud-Est. Tous les Malaisiens, cependant, ne profitent pas de cette richesse.
Un développement sans précédent
Particulièrement bien dotée en ressources naturelles, et pour cette raison convoitée par les Britanniques qui en firent rapidement une colonie d’exploitation très rentable, la Malaisie a longtemps caracolé en tête des marchés mondiaux pour le caoutchouc et l’étain, qui ont fait sa fortune et celle de nombreuses familles, chinoises notamment. Le pays a connu une croissance impressionnante dans la décennie qui a précédé la crise asiatique de 1997 : + 7 % en moyenne ! Décrochant le titre convoité de « 5e dragon d’Asie », derrière la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et Hong Kong, la Malaisie s’est mise à attirer de plus en plus de capitaux étrangers.
De la crise aux mégéprojets
Comme tous les pays du Sud-Est asiatique, la Malaisie a subi de plein fouet la crise de 1997 qui a sévi dans cette partie du monde. Malgré la rente pétrolière, il a fallu près de 10 ans pour que le pays renoue avec la croissance. Lorsque celle-ci a décollé, le gouvernement a entrepris de restructurer le système bancaire et repris les grands projets de « Vision 2020 », initiés par le Dr Mahathir. En dépit d’une conjoncture internationale difficile, les chantiers se sont multipliés. Aéroports, ponts, routes, autoroutes, complexes hôteliers se sont mis à pousser comme des champignons. C’est à cette époque aussi qu’a vu le jour le mégaprojet du Multimedia Super Corridor, une zone de 15 km de large et de 50 km de long étendue entre Kuala Lumpur et l’aéroport international KLIA. Elle englobe Putrajaya, nouvelle capitale administrative entièrement informatisée et officiellement censée introduire le concept de... « gouvernement électronique » (sic !). Une 2e cité du futur, Cyberjaya, à la pointe de la technologie mondiale du multimédia, occupe une partie de ce Super Corridor. Surgies de nulle part, ces villes impressionnantes par leur démesure ont pour but de drainer les capitaux étrangers.
En avant toute !
L’économie malaisienne se caractérise par un interventionnisme très important de l’État, qui crée un grand nombre d’entreprises parapubliques dans un environnement toutefois très libéral. Si bien que le pays a attiré de nombreux investisseurs étrangers, qui ont joué un rôle majeur dans la transformation du pays. Les exportations, moteur du dynamisme malaisien, sont tirées par le matériel électrique et l’électronique (40 % du total des exportations), les produits pétroliers et gaziers (16 % ; ce qui lui a permis de tirer son épingle du jeu lors de la crise liée à la guerre en Ukraine), ou encore l’huile de palme (4 %) et le latex. La conjoncture mondiale fragilise néanmoins son économie. Avec 50 % des denrées alimentaires importées, l’inflation pèse sur les comptes.
Hormis pendant la « parenthèse » Covid, le tourisme occupe aussi une place prépondérante. Par ailleurs, inspiré peut-être par les monarchies du Golfe, le gouvernement malaisien oriente de plus en plus ses investissements vers des domaines de pointe (biotechnologies, par exemple) et la construction d’autres infrastructures colossales.
La balance commerciale est excédentaire, la dette publique contenue, mais la dépendance des finances publiques aux exportations reste (trop) importante (80 % du PIB) dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale, et surtout vis-à-vis de la Chine. L’accent mis sur la demande intérieure permet de rééquilibrer cette dépendance, tout comme la recherche de diversification des partenaires.
Début 2025, un accord de libre-échange était en discussion avec l’Union européenne, alors que Donald Trump, sans foi, ni loi, a décidé d’augmenter les droits de douane, notamment sur les semi-conducteurs, que la Malaisie exporte massivement. Le pays entend d’ailleurs poursuivre le développement de cette industrie au regard de la forte augmentation de la demande liée à l’intelligence artificielle. Mais la main-d’œuvre qualifiée reste encore insuffisante, les talents se dirigeant vers des salaires plus attractifs à l’étranger et notamment à Taiwan.
La croissance et l’humain
Le taux de croissance, qui s’était effondré à - 5,5 % en 2020, a rebondi à 8,7 % en 2022, avec une stabilisation désormais autour de 4,5-5 % en 2024-2025. Tout au long de 2020 et 2021, le gouvernement a mis en place plusieurs plans de relance pour soutenir les plus défavorisés, les entreprises (avec prêts garantis par l’État) et lutter contre la pandémie. Les entreprises moteurs de l’économie et grandes exportatrices (huile de palme, latex, notamment) sont restées en activité.
La Malaisie fabrique en effet les 2/3 de la production mondiale de gants chirurgicaux. Inutile de dire que le secteur a largement bénéficié de la crise sanitaire, mais parfois au mépris des conditions de travail, notamment des étrangers, qui constituent 14 % de la main-d’œuvre du pays selon l’Organisation internationale du travail. Les immigrés dénoncent le travail forcé, la confiscation de passeports, l’interdiction de se déplacer, les hébergements insalubres... une situation qui s’apparente à de l’esclavage moderne. Sans parler des recruteurs qu’il faut payer pour trouver un emploi, quitte à lourdement s’endetter.
Droits de l'homme
Le Premier ministre, Anwar Ibrahim, ancien ministre et ex-prisonnier d’opinion du gouvernement précédent, avait annoncé vouloir réformer les lois liberticides, notamment sur la liberté de la presse ou sur la sédition. Bien au contraire, elles ont été renforcées, à l’image de la nouvelle loi sur les communications et le multimédia qui accroît censure et restrictions de la liberté d’expression.
Des cas de torture sur des personnes en garde à vue persistent et Amnesty International dénonce décès et traitements inhumains dans les centres de rétention pour personnes migrantes. Pour y remédier, le pays s’est pourtant doté d’une Commission indépendante de contrôle du comportement de la police. Mais elle peine à se mettre efficacement en place. Au chapitre des peines cruelles et dégradantes, notons que si la flagellation est toujours en vigueur, bonne nouvelle, la peine de mort, elle, fait toujours l’objet d’un moratoire et bien des observateurs annoncent que le pays tend vers l’abolition.
La loi malaisienne réprime la sodomie. Si la répression varie selon les États de la Fédération, la timide communauté LGBTI reste discriminée.
La Malaisie ne fait par ailleurs aucune différence entre réfugiés et migrants illégaux. Les abus des forces de l’ordre à leur égard sont nombreux, et le trafic humain y est prospère. La communauté internationale s’indigne régulièrement de l’expulsion de migrants (y compris des demandeurs d’asile) vers des pays où ils risquent de subir de graves violations des Droits humains, en particulier vers le Myanmar.
La Commission malaisienne des droits humains (SUHAKAM) continue d’œuvrer en matière d’éducation aux Droits humains, même si ses recommandations ne sont pas toujours suivies par les États membres de la Fédération malaisienne. Ces derniers, par ailleurs, sont souvent montrés du doigt pour leur incapacité à protéger les droits des minorités autochtones. L’État du Kelantan expulsait de force en 2022 plus de 300 membres d’une communauté autochtone pour la construction du barrage de Nenggiri. En mai 2025, Human Rights Watch dénonçait les dérives de l’industrie forestière à l’encontre de la communauté Iban dans l’État du Sarawak (arrachages illégaux, interventions non concertées...), alors que paradoxalement des poursuites étaient en cours contre les défenseurs de l’environnement de cette même communauté.
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