Fêtes et jours fériés
Ce qui est intéressant, c'est le gracieux cumul des fêtes malaises,
chinoises, indiennes et mêmes occidentales. Particularisme local : les public holidays
(ainsi nomme-t-on les jours fériés) qui tombent un jour chômé (dimanche
ou vendredi, selon les États) sont décalés au jour suivant, histoire
d'en profiter !
Fêtes musulmanes
Ces fêtes sont à dates variables, basées sur le calendrier lunaire.
- Hari Raya Puasa : ces deux jours marquent la fin du ramadan.
- Hari Raya Hadji (ou Hari Raya Qurban) : le titre de Hadji
est donné à ceux qui ont accompli la dernière phase du pèlerinage à La
Mecque. Ce jour-là, on sacrifie des chèvres ou des agneaux et on offre
la viande aux plus nécessiteux.
- Awal Muharram : c'est le Nouvel An musulman.
- Maulidur Rasul : fête de l'anniversaire du prophète Mahomet.
Fêtes chinoises, hindoues et bouddhiques
- Nouvel An chinois : extravagantes démonstrations et étourdissant tintamarre.
- Thaipusam :
en janvier-février. Fête hindoue qui voit se dérouler des rites de
pénitence très impressionnants, notamment aux Batu Caves (près de Kuala
Lumpur) et aux chutes d'eau de Penang.
- Ching Ming : en mars-avril. Toussaint chinoise, si l'on peut dire.
- Wesak Day : jour férié en avril-mai. La plus importante fête bouddhique célèbre l'anniversaire, l'illumination et la mort du Bouddha.
- Courses des bateaux-dragons :
en juin. Grandes courses de pirogues rythmées par des tambours en
mémoire d'un saint chinois qui s'est noyé, malgré les efforts des
pêcheurs pour le sauver des poissons affamés. À Penang et à Malacca,
mais aussi dans d'autres villes de la péninsule.
- Fête des Gâteaux de lune :
le 15e jour du 9e mois lunaire (septembre-octobre). Dans la tradition
chinoise, on célèbre la victoire sur les seigneurs de la guerre
mongols. On s'échange des moon cakes, ces gâteaux ronds fourrés avec une pâte de pois verts sucrée et des graines de lotus.
- Fête des Fantômes affamés :
durant le 7e mois de l'année lunaire (juillet-août), les Chinois (et
par superstition les musulmans) se tiennent sur leur garde, car les
damnés de l'enfer chinois (prostituées, voleurs, opiomanes, meurtriers,
etc.) ont droit à un petit mois de vacances sur terre. La communauté
vit alors dans l'inquiétude.
- Fête des 9 Empereurs célestes : en septembre-octobre. C'est le retour temporaire sur terre de neuf divinités chinoises. Processions, dévotions et prières...
- Deepavali :
fête hindoue des Lumières, en octobre-novembre. Les hindous célèbrent
la Lumière, symbolisant la victoire sur le Mal et l'Obscur (ou celle du
roi Rama sur le roi Ravana).
Jours fériés à dates fixes
- Nouvel An : comme chez nous... le 1er janvier.
- Fête du Travail : le 1er mai, mais sans le muguet.
- Fête nationale (Merdeka Day) : 31 août, jour de l'Indépendance. Parades, spectacles, etc.
- Noël :
eh oui ! Ici aussi. Mais il y a rarement de la neige. Toutes les
religions de Malaisie se retrouvent pour participer à cette grande
tradition chrétienne.
- Agong's Birthday : célébration de l'anniversaire du yang di-pertuan agong, le roi de Malaisie. Fonction de la date de naissance du sultan choisi par ses pairs tous les 5 ans... donc pas vraiment fixe !
Religions et croyances
En Malaisie, l'islam est la religion d'État depuis 1450 ! Près de la moitié des habitants du pays sont malais (les autres sont malaisiens, nuance ! c'est-à-dire de nationalité malaisienne, mais non d'origine malaise) et tous les Malais sont musulmans.
- Un islam particulier : même si les grands préceptes islamiques rythment la vie malaise, principalement dans les kampung, on aurait tort de rapprocher l'islam malais de l'islam ultra-conservateur. Les Malais sont beaucoup plus tolérants que certains ne l'imaginent.
- Légendes : autre spécificité de la religion malaise (qui peut expliquer certaines différences avec d'autres formes de l'islam) : la permanence tenace de vieilles superstitions héritées de quelques cultes hindouistes et d'anciennes croyances animistes. Ce sont les fameuses légendes propres à certaines régions du pays mais aussi la certitude chez la plupart des Malais que l'âme des morts se réincarne toujours en un quelconque démon, spectre ou esprit malveillant !
- Un bon exemple de légende : Hantu, la sorcière. Un Malaisien qui serait par mégarde tombé de sa terrasse, tombé de son bateau, d'un arbre ou même simplement de sa hauteur, ne vous dira jamais que c'est par maladresse... Mais il ira tout de suite consulter le chaman pour faire fuir la sorcière qui s'en est pris à lui en le poussant. Survivance des croyances animistes des temps anciens, « Hantu », la sorcière, peut se trouver partout et s'en prendre à n'importe qui. Elle est la malchance, le mauvais œil, la superstition...
- Indiens et Chinois : une grande partie des Indiens de Malaisie sont également musulmans. Leurs ancêtres auraient d'ailleurs converti les Malais à l'islam. Les autres sont hindouistes. Les Chinois sont, en majeure partie, bouddhistes, mais plusieurs formes de bouddhisme sont pratiquées, selon les temples fréquentés, les écoles et les moines...
Savoir-vivre et coutumes
Les Malais attachent beaucoup d'importance au comportement en société et à la tenue vestimentaire qui, pour eux, marquent le respect envers les autres. Alors considérons ces exigences morales (très rarement manifestées, c'est à l'étranger de les connaître) comme une règle élémentaire de politesse.
La tradition malaise enseigne que l'étranger est un invité et doit être considéré comme tel ; en contrepartie, nous sommes vus (nous, Occidentaux) comme des ambassadeurs : à nous de donner la meilleure image possible de notre pays. Évidemment, le degré de considération sera proportionnel à la dose de bonne volonté que le touriste mettra à respecter les coutumes du pays qui l'accueille. À ce sujet, il y a souvent de quoi avoir honte du comportement de certains routards occidentaux.
Voici quelques règles de base à connaître et à respecter en Malaisie.
- On ne serre pas systématiquement la main. Pour saluer, un hochement de tête et un sourire suffisent. Pour saluer une personne âgée, surtout à la campagne, mieux vaut employer une formule malaise plutôt qu'anglaise.
- Ne jamais montrer du doigt, en tout cas surtout pas une personne.
- Toujours enlever ses chaussures avant d'entrer dans une maison, a fortiori dans un lieu de culte. On doit souvent se déchausser dans les bungalows ou guesthouses.
- Ne pas toucher la tête des gens, y compris celle des enfants.
- Éviter de manger avec la main gauche, considérée comme impure (l'utilisation de couverts change les données du problème).
- Ne pas éternuer ou se moucher à table... marque d'extrême incorrection ! En revanche, il est plutôt de bon ton de faire un peu de bruit en mangeant et une manifestation digestive sonore en fin de repas sera toujours la bienvenue !
- Quand on est invité chez quelqu'un, ne pas refuser un plat et essayer de ne rien laisser.
- Ne pas critiquer en public les sultants et, en règle générale, éviter de juger la politique nationale.
- Dans certains États, jeter des ordures dans la rue peut entraîner une forte amende.
- Monokini à bannir pour les filles dans tout le pays et bikini à éviter sur la côte est. Opter pour un modèle une-pièce, pas trop riquiqui, sauf pour les îles où l'atmosphère est plus libérée.
- Les femmes doivent éviter de dévoiler cuisses et épaules. Plus la femme se montre impudique, moins elle est respectée (l'homme aussi d'ailleurs). Cela dit, il est aujourd'hui possible voire fréquent de croiser des jeunes femmes en bermuda et débardeur.
- Les habitants du pays ne se font jamais de scènes en public. On en attend autant des étrangers. Pour les Malais, un couple ou des amis en train de se disputer représente un spectacle pitoyable.
- Enfin, ne jamais avoir l'air de se moquer de quelqu'un. Les Malais sont un peuple fier : le moindre manque de respect est souvent considéré comme un affront.