Cuisine
Bars à tapas
Voici une coutume bien madrilène : vía Crusis (le chemin de Croix,
pardi !). On « égrène » les troquets comme les grains d'un chapelet.
On arrive à plusieurs dans un endroit, on rencontre d'autres amis, on part avec
l'un ou l'autre pour en retrouver d'autres ailleurs, on se donne rendez-vous
plus tard avec les précédents... Les tapas font partie de ce pèlerinage convivial.
Ces « amuse-gueule », selon l'inspiration du patron, vont des anchois
sur toast aux tranches de chorizo, des lamelles de jambon aux salades composées,
des mini-paellas aux sardines, des champignons à l'ail aux boquerones
(anchois frais) à l'huile...
Si vous n'êtes pas doué dans la langue de Cervantes, pas de panique : les
tapas étant quasiment toujours conservées sur le bar dans une vitrine réfrigérée,
il suffit de pointer le doigt sur ce qui vous inspire. On trouve rarement une
table. La plupart du temps, c’est donc debout que s’avalent les tapas, mais
ça n'est pas grave, puisqu'on n'y reste pas longtemps. Et puis ça permet d'être
plus mobile, de partager les conversations, de faire connaissance, de trinquer
dans une bonne humeur générale... Le jeu consiste à partir en tournée à la recherche
des meilleures tapas et meilleurs vins de chaque établissement et à les déguster
doucement, en bavardant.
La Latina est, par excellence, le quartier des bars à tapas. Comme on dit à
Madrid, c’est le quartier «ir de tapas ». Il suffit d’arpenter la
calle Cava Baja pour s’en convaincre ! Le week-end, à partir de 21 h, l’animation
bat son plein. Le dimanche après-midi, il y a foule également. Normal, c’est
le jour du marché !
Restos
En dehors des bars à tapas, que ceux qui veulent manger assis se rassurent,
la ville compte aussi de « vrais » restos. Pas de problème pour manger
pas cher à Madrid le midi : quasiment tous les restos affichent des menus
(menu del dia). Cependant, le soir, c'est plus difficile. Une pratique répandue
dans les restos, c'est commander un plat à plusieurs, dans lequel chacun « picore »
à sa guise. Cela permet de limiter les frais et de goûter à diverses spécialités.
Attention, on vous rappelle que souvent le pain est payant, que vous
y touchiez ou non. Posez aussi la question pour la carafe d'eau, afin d'éviter
les mauvaises surprises.
Boissons
- En été, les paseos du Prado, de Recoletos et de la Castellana alignent un
grand nombre de chiringuitos (snacks) plus ou moins chics. La nuit, le
sport favori est la navigation d'un comptoir à un autre. À noter que dans de
nombreux bars, le prix des boissons est majoré après 22 h 30.
- Pour les amateurs de bière (cerveza), le demi, à la pression, se dit
caña. Vient ensuite le tubo, servi, comme son nom l'indique, dans
un long verre. L'inconditionnel commencera directement par la jarra ou
parfois, dans les pubs irlandais, la pinta, qui ressemble étrangement
à notre bonne vieille pinte. Enfin, très prévoyants, les bars espagnols proposent
des minis qui, comme leur nom ne l'indique pas, atteignent presque le
litre !
- Existe aussi en version whisky-coca, gin tonic, Bacardi naranja, limon,
etc. En plus d'être économique, cette trouvaille vous évitera de faire maintes
fois la queue au bar !
- Évitez toutefois le très (trop !) économique calimucho, aussi
appelé le « cuba libre basque » : mélange de vin rouge
bon marché et de Coca-Cola, c'est la boisson des lycéens par définition :
environ 1 € le litre...
- Et puis, faut-il le rappeler, une bonne sangria bien faite est toujours la
bienvenue. Souvent, si vous venez à plusieurs dans les bars, vous pouvez demander
une grande jarra de sangria accompagnée de tapas appétissantes. Histoire
de bien commencer les festivités nocturnes...
- Du côté des boissons non alcoolisées, il y a bien sûr le granizado
et la horchata.