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Drapeau Madère

Géographie Madère

Géographie

Madère n’est pas qu’une île, mais un authentique archipel qui couvre une superficie totale de l’ordre de 800 km², soit 400 fois la superficie de Monaco, selon les données de la très sérieuse Banque mondiale.

  • Madère en est l’île principale (740 km²) et la plus peuplée.
    • Ses petites sœurs sont l’île de Porto Santo (42,5 km²), également habitée,
    • et ses îlots (ilheu de Baixo ou da Cal, ilheu de Cima, ilheu de Ferro),
  • ainsi que deux groupes d’îles,
    • les Desertas (comme leur nom l’indique, des îles désertes, avec Deserta Grande, Chao et Bugio, pour une superficie de 14,2 km² au total)
    • et les Selvagens (comme leur nom l’indique aussi, des îles sauvages, un autre ensemble d’îles d’une superficie de 3,6 km²).

Nos deux petits mondes insulaires constituent, à mi-chemin de l’île de Madère et des Canaries, un magnifique chapelet atlantique. Les Desertas et les Selvagens, heureusement préservées de la présence d’Homo sapiens, sont aujourd’hui des réserves naturelles classées au Patrimoine mondial par l’Unesco.

L’archipel de Madère appartient dans sa totalité à un ensemble géomorphologique plus large, la Macaronésie, qui comprend également les Açores, les Canaries et les îles du Cap-Vert, toutes d’origine volcanique et apparues à l’ère tertiaire. Il constitue une écorégion dénommée « forêts sempervirentes de Madère », typique des écosystèmes de forêts feuillues et de forêts mixtes tempérées. Les géologues en herbe seront également comblés par les diverses formations de laves, de basaltes et de trachytes, entrecoupées de dykes colorés, de fossiles, de coquilles et de plantes pétrifiées.

Cet archipel est d’une jeunesse insolente, à peine une vingtaine de millions d’années ; les pauvres dinosaures avaient disparu depuis longtemps, et les continents continuaient à se pousser du coude pour se faire une place au soleil, au prix d’éruptions volcaniques, de désordres climatiques, de perturbations atmosphériques et de terribles craquements de la croûte terrestre ; un combat de Titans où les forces souterraines ont été à l’œuvre.
C’est ainsi que Madère, « l’île de l’éternel printemps », naquit dans le tumulte d’une rencontre fusionnelle entre l’Amérique et l’Afrique. Cette naissance fut le hasard d’une collision de plaques qui fit soudain (en quelques millions d’années quand même, mais on est à l’échelle de l’histoire de la Terre) surgir du fond de l’océan, après une succession d’éruptions, d’explosions, de projections de bombes et d’effusions de laves, un large massif volcanique.
Entouré d’abîmes dont la profondeur atteint jusqu’à 3 000 m, Madère est séparé de Porto Santo, distante de 40 km seulement, par une fosse de 2 300 m de profondeur. Cette naissance insulaire est le fruit d’un mariage plus que tonique de l’eau, du feu et de la terre, qui mit d’ailleurs un certain temps à s’apaiser.
Madère fut en effet secoué par des tremblements de terre en 1748, en 1755 tout comme Lisbonne (les lecteurs de Voltaire s’en souviennent), en 1816 et en 1918.

Levadas

Les levadas de Madère, système historique et ingénieux de canalisations d’eau, sont quasiment uniques au monde (on en trouve également à La Palma aux Canaries).

Le manque d’eau et le climat contrarient souvent les projets de plantations et les espoirs de récolte.

À Madère, les terres propices à la culture de la canne à sucre, par exemple, se situent au sud-est ; mais l’eau y fait défaut. Au nord-ouest de l’île en revanche, l’eau coule en abondance grâce aux sources, torrents et cascades qui descendent des montagnes. Et l’Homme s’est armé de courage et d’obstination pour conduire (levar) l’eau vers les terres choisies et appropriées. Ainsi sont nées les levadas dès la seconde moitié du XVe s. La plus ancienne de ces canalisations daterait de 1461.

La levada, d’une profondeur variant de 50 à 70 cm, a rarement une largeur supérieure à 1 m. Elle est doublée d’un sentier permettant l’entretien et la surveillance.

Ces levadas épousent les courbes de niveau et s’étagent en parallèle sur la montagne espacées de quelques dizaines de mètres. Elles se croisent, s’enfoncent dans des tunnels et permettent ainsi aux différentes cultures disséminées en terrasses lilliputiennes de prospérer grâce à l’eau salvatrice.

Au total, près de 2 150 km de levadas, y compris 40 km de tunnels, sont gérés soit par l’État, soit par les communes.

De nos jours, certaines levadas sont utilisées pour produire de l’électricité grâce à la force hydraulique.

Il y a une quarantaine d’années, il fut décidé d’organiser des promenades d’agrément le long des levadas. Le succès fut tel que ces parcours sont maintenant répertoriés et balisés selon leurs difficultés.

Environnement

Si les îles Desertas et Selvagens constituent à elles seules deux grandes réserves naturelles, l’île de Madère n’est pas en reste et abrite également un véritable conservatoire de la biosphère, avec, outre le parc naturel de Madère, la réserve naturelle du Garajau et la réserve naturelle de Rocha do Navio.

Le parc naturel de Madère recouvre environ les deux tiers de l’île et se divise en zones aux statuts divers : réserve naturelle partielle, réserve naturelle intégrale, paysage protégé, etc. L’essentiel de la forêt laurifère, classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité, se trouve dans les limites du parc naturel de Madère.

Les paysages agricoles traditionnels de Madère font aussi l’objet de toutes les attentions et sont préservés, comme, par exemple, les cultures en terrasses (les poios), irriguées grâce aux multiples levadas.

Sur la côte sud de Madère, et pour les routards amoureux de la mer, se trouve la réserve marine de Garajau, créée en 1986, qui renferme quelques spécimens de gros poissons comme le mérou noir ou brun, le diable de mer méditerranéen ou encore la majestueuse raie manta géante, la plus grande des raies. Il est évidemment totalement interdit de les pêcher.

Vers le nord de Madère, à Santana, la réserve essentiellement marine de Rocha do Navio (ainsi nommée en souvenir du naufrage sur la côte d’une goélette hollandaise au XIXe siècle) a été créée en 1997. Conçue dans une perspective à la fois patrimoniale et de développement durable, cette réserve de 1 710 ha se caractérise par une riche biodiversité, avec de nombreuses espèces endémiques, comme le juniper, une espèce d’arbre très rare, et différents écosystèmes.
C’est aussi un conservatoire de l’habitat traditionnel, avec les fameuses petites maisons au toit végétal. La réserve a intégré le réseau Natura 2000 comme site d’intérêt commun, et l’Unesco a conféré, en 2011, à la municipalité (district) de Santana le statut de réserve de la biosphère, une première dans l’archipel de Madère.




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