Géographie Madagascar

Géographie

Du nord au sud, le pays est traversé par une longue épine dorsale centrale appelée les Hautes Terres. Plus proche de l'océan Indien que du canal du Mozambique, elle tombe brutalement en falaise sur une mince bande de plaine côtière, la côte est. De l'autre côté, elle descend plus doucement vers les vastes plaines de la côte ouest bordant le canal du Mozambique.

Le Centre ou les Hautes Terres

Anciennement mais improprement appelée « hauts plateaux », cette région couvre près des trois quarts de l'île, s'appuyant du nord au sud sur trois massifs montagneux.

La côte est de Madagascar

De Fort-Dauphin à la côte de la Vanille, sur une bande de 50 km de large en bordure de l'océan Indien et la plupart du temps arrosée par les pluies, alternent forêts tropicales, canaux de navigation et quelques rares plages protégées des requins.

La côte ouest de Madagascar

Vastes plaines décrochant en douceur des Hautes Terres, l'Ouest ne se parcourt pas au sol du nord au sud sans repasser par le centre du pays ou sans prendre un avion. De la pointe nord à la région de Majunga (le Boina), très aride, jusqu'à la région de Morondava (le Menabe), où les baobabs poussent comme des champignons, la côte ouest, protégée par le canal de Mozambique, connaît un climat très sec

Le Sud de Madagascar

Dans un triangle Ihosy/Tuléar/Fort-Dauphin (hormis Fort-Dauphin même), c'est le règne du bush épineux, qui ne reçoit que 500 mm d'eau par an et développe une végétation originale et totalement adaptée à la sécheresse.

Faune

L'île possède une grande diversité en matière de faune et de flore, qu'on ne retrouve, pour la grande majorité, nulle part ailleurs : 80 à 90 % des espèces sont endémiques. L’île est ainsi un peu comme un laboratoire grandeur nature des mécanismes évolutifs.

Conséquence de son insularité, la faune de Madagascar marque sa différence. Il n’y existe pas de gros mammifère terrestre comme en Afrique, exception faite du très discret fosa, une sorte de félin grand comme un chien. Le roi des animaux, ici, c’est le lémurien, symbole même de cette nature unique parce qu’il ne vit pratiquement qu’à Madagascar.

Habitants des forêts, des lacs et de la brousse

Les caméléons sont les autres princes de l’endémisme malgache. Il ne faut pas les confondre avec les geckos, des lézards aux doigts à ventouses que l'on croise souvent dans les salles de bains. Parmi eux, les uroplates sont remarquables par leur mimétisme surprenant avec l’écorce des arbres.

Chez les autres reptiles, il faut signaler les vénérables tortues étoilées (ou radiata), endémiques, qui se traînent dans la poussière du Grand Sud lorsqu’elles ne font pas l’objet de trafics... Même chose pour la rarissime angonoka ou tortue à soc, identifiable à son plastron derrière la tête. Une bestiole assez macho, puisqu’elle ne s’accouple qu’à la suite d’une bagarre ! Elle vit uniquement dans le nord-ouest du pays.

Les crocodiles (ou voay) sont représentés par une unique espèce, celle du Nil. Largement chassés, ils se font de plus en plus discrets, excepté dans l’ouest du pays et dans le nord, où ils demeurent sacrés (comme au lac d’Anivorano).

Les serpents, représentés par une soixantaine d’espèces, sont tous inoffensifs (même le fameux do, une sorte de petit boa). Seuls les serpents marins sont en fait dangereux.

Les batraciens sont heureux à Mada : il existe plusieurs espèces de grenouilles arboricoles de toutes les couleurs.

Du côté des petits mammifères, outre le fosa signalé plus haut, que l’on rencontre essentiellement de nuit (plutôt en novembre-décembre) dans l’ouest (forêt de Kirindy), dans le nord de l’île et sur le plateau mahafaly (dans le Sud), on peut observer les endémiques tenrecs, des insectivores très primitifs ressemblant à nos hérissons, ainsi que des rats sauteurs géants dans la forêt de Morondava, dans l’Ouest.

Quelque 294 espèces d’oiseaux ont été répertoriées à Madagascar, ce qui est pas mal, sans être énorme - insularité oblige. Un bon tiers est endémique. Signalons les coua, très répandus (de la famille du coucou), les vanga (corvidés).

Le pays pullule également d’insectes et de papillons dans une gamme infinie de tailles, de formes et de couleurs. À noter, les superbes porte-queues, gigantesques, et l’étonnant charançon-girafe au trèèèès long cou (utilisé en combat).

Quelques araignées énormes tissent parfois de fantastiques toiles de plus de 30 m d’envergure. Si elles s’avèrent inoffensives en ville, elles seraient plus méchantes en forêt.

Faune marine

Les plus grands dangers naturels sont liés aux méduses et surtout à différentes espèces de requins, sur la côte est de l’île particulièrement, plus exposée. À l'ouest, les récifs coralliens forment des lagons protecteurs, riches en poissons, crustacés et tortues de mer en quantité impressionnante. N’oublions pas les centaines de baleines à bosse qui viennent mettre bas et frayer au large des côtes malgaches, entre juillet et octobre, principalement dans le chenal de l’île Sainte-Marie ou au large de Tuléar. À ne pas manquer !

Enfin, citons deux survivances préhistoriques assez fascinantes : les cœlacanthes et les protoptères. Ces derniers sont de curieux petits poissons respirant par des branchies et par des poumons.

Flore

La grande variété de milieux et de climats a favorisé un endémisme encore supérieur pour la flore.

La forêt tropicale de la côte est

Une forêt secondaire est en partie apparue, produisant notamment le roi des arbres malgaches, le ravinala, ou « arbre du voyageur ».
La grande famille des palmiers a également trouvé à Madagascar sa terre promise. Plus de 150 espèces existent, dont le fantastique raphia.
Dans le Sud, vers Fort-Dauphin, on trouve le palmier trièdre (à trois faces), un des rares cas de symétrie triple dans le règne végétal.

La végétation aride de l'Ouest et du Sud

Dans l’Ouest dominent la savane aux hautes herbes et la forêt sèche, où les bois précieux comme le palissandre ou l’ébène voisinent avec tamariniers et acacias.
Mais comment ne pas commencer par les sept variétés de baobab du pays (alors que l’Afrique n’en possède qu’une) ? Car ces créations insolites, droites comme des « i », souvent hautes de plus de 15 m et âgées de plusieurs centaines d’années, font littéralement autorité dans les paysages de l’Ouest, près de Morondava.
Dans le Grand Sud, le bush, ou fourré épineux, est un milieu unique qui ne reçoit que 500 mm d’eau par an.

L'érosion sur les Hautes Terres

Le retrait de la forêt d'origine a profité essentiellement au mimosa, au pin et à l'eucalyptus, arbre introduit et parfaitement acclimaté au pays.

La végétation sur les côtes

Le littoral est encore souligné de quantité de mangroves composées de palétuviers.
Les pandanus (ou vacoa) poussent bien sur la côte est, ainsi que les ravinala et les bambous. Sur le canal des Pangalanes et près de Fort-Dauphin, les viha, ou « oreilles d’éléphant », qui ressemblent aux bananiers, bordent les canaux dans lesquels fleurit la jacinthe d’eau – qui, elle, obstrue régulièrement la navigation...
Dans la région de Fort-Dauphin également, remarquez les népenthès, plantes dites « carnivores ».

Environnement

L’environnement est un atout indéniable du pays, qui en fait son principal attrait touristique. Outre sa richesse et sa luxuriance, c’est une nature curieuse, où l’endémisme est particulièrement fort et les espèces rencontrées uniques en leur genre. Les couleurs sont marquantes.

Seul hic : au rythme actuel de déboisement, les prévisions n’accordent que 20 à 50 ans aux forêts malgaches et du coup 25 ans aux lémuriens avant de disparaître !

Déforestation

L’autre problème majeur du pays, après la pauvreté, c’est la déforestation... qui lui est indissociable. Les instituts de recherche la décrivent comme étant « parmi les plus alarmantes du monde tropical ». Si les forêts denses recouvraient la majeure partie du pays à l’arrivée de l’homme, il n’en reste que 10 % ! Feux de brousse et cultures sur brûlis continuent de réduire en fumée 2 000 à 3 000 km² de forêt par an. La démographie galopante joue un rôle déterminant, de même que ses corollaires.
Au final, on peut parler de véritable catastrophe écologique dont les effets se font désormais durement ressentir : disparition d’espèces, épuisement des sols, ensablement des fleuves et des ports, modifications du climat...

Les signes sont bien visibles et alarmants : l’érosion mord à pleines dents dans les collines des Hautes Terres. À la saison des pluies, l’eau charrie les éléments minéraux vers la mer en l’absence d’arbres pour les retenir.

Scandales à répétition

C’est dans ce contexte que, en janvier 2009, le gouvernement de Marc Ravalomanana a accordé à la firme sud-coréenne Daewoo un bail emphytéotique de 99 ans à titre gratuit... Seule vraie condition : les mettre en valeur ! L’entreprise envisageait de planter du maïs et de l’huile de palme pour l’export... en faisant au passage main basse sur l’équivalent en surface de l’Île-de-France. Ce fut l’une des raisons essentielles de la chute de Marc Ravalomanana cette même année.

La déliquescence de l’État consécutive à la crise politique de 2009 a, elle, vu le trafic d’ébène et, surtout, de bois de rose exploser dans le parc national de Masoala dont certaines zones sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Destination : la Chine.
On ne vous parle qu’à peine des trafics d’animaux, tortues ou lémuriens, ni de celui des œufs d’æpyornis, l’oiseau-éléphant, vestiges d’un monde disparu et qui disparaissent encore au nez et à la barbe des autorités ou à cause de la corruption.

De rares notes optimistes

D’un autre côté, ces mêmes autorités se sont engagées, en 2003, dans un vaste processus de création d’aires protégées. Son but : augmenter les surfaces protégées du pays de 1,7 à 6 millions d’hectares, soit de 3 à 10 % de la superficie totale de l’île. En 2007, dans le cadre du « MAP » (Madagascar Action Plan), de nouvelles aires protégées ont été désignées. Des réserves sont devenues parcs nationaux, des forêts ont été classées et des programmes de reboisement entrepris avec l’aide des ONG.
On a tenté de mieux prendre en compte les relations complexes que les paysans entretiennent avec leur environnement. Après les avoir, dans un premier temps, accusés de déforestation, on cherche désormais à les sensibiliser pour en faire les gardiens et les gestionnaires de ces ressources ô combien précieuses pour l’avenir du pays.

Depuis juillet 2008, l’association GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand a développé un projet de lutte contre la déforestation à Madagascar, soutenu par Air France. Son but : restaurer 500 000 ha de forêts malgaches, afin d’améliorer les conditions de vie des communautés locales et conserver la biodiversité.

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