Géographie
L'île de Madagascar, la 5e plus grande île du monde après le Groenland, la Nouvelle-Guinée, Bornéo et l'Australie,
se situe dans l'océan Indien, à 400 km à l'est des côtes africaines, au niveau
de la Tanzanie et du Mozambique. Elle a une superficie de 587 000 km², soit
la France, la Belgique et le Luxembourg réunis.
Pour comprendre la géographie et le climat du
pays, il faut le couper en trois morceaux dans le sens de la longueur. Du nord au sud, le pays est traversé par une épine dorsale centrale appelée les Hautes Terres. Plus proche de l'océan Indien que du canal du Mozambique, elle tombe brutalement en falaise sur une mince bande de plaine côtière, la côte est. De l'autre côté, elle descend plus doucement vers les vastes plaines de la côte ouest bordant le canal du Mozambique.
Climat
On distingue officiellement deux saisons climatiques : la saison sèche (incluant
l'hiver austral), d'avril à octobre, et la saison des pluies, de novembre à
mars. La saison idéale pour tout voir partout en même temps est la période entre septembre et octobre.
- Les Hautes Terres (région de Tananarive) : la
saison sèche dure d'avril à octobre, avec une période d'hiver austral de juin
à août. Les pluies sont fortes mais courtes, de mi-novembre à mars seulement.
- La côte ouest : c'est la côte la plus sèche et la plus ensoleillée
de Madagascar.
- La côte est : il y pleut presque toute l’année, surtout de décembre
à mars, saison des pluies officielle. Les mois de septembre, octobre et novembre,
sont les plus secs.
- La saison cyclonique : officiellement de mi-décembre
à mi-avril, mais surtout de janvier à mars. Dans le meilleur des cas, il pleut beaucoup,
même si cela ne veut pas dire partout ni tout le temps...
Faune
Détachée du continent primitif africain il y a plusieurs dizaines de millions
d'années, l'île possède une grande diversifié en matière de faune et de flore qu'on ne retrouve, pour
la grande majorité des espèces, nulle part ailleurs : il y a 80 à 90 % d'endémisme.
La nature malgache a fait connaître l’île comme un fabuleux laboratoire d'étude
des mécanismes évolutifs.
Habitants des forêts, des lacs et de la brousse
Les caméléons sont les autres princes de l'endémisme malgache.
Avec au moins une soixantaine d'espèces, soit plus de la moitié des espèces du globe,
il en existe de toutes les formes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs.
Chez les reptiles, il faut signaler les vénérables tortues radiées
(ou radiata), et la tortue la plus rare du globe, l'angonoka ou
tortue à soc, avec son éperon de combat sous la tête. Les crocodiles
(ou voay) sont représentés par une unique espèce, celle du Nil ;
mais largement chassé, le croco se fait de plus en plus discret. Du côté des
serpents, en principe censés être tous inoffensifs (même le fameux
do, une sorte de « petit » boa), les versions se contredisent ; demandez conseil à votre guide.
Du côté des petits mammifères, les tenrecs, insectivores très
primitifs ressemblant à nos hérissons, le fosa est une sorte de
petit puma qui est surtout visible la nuit, et enfin les rats sauteurs
géants.
Plein d'insectes et de papillons dans une gamme
infinie de tailles, de formes et de couleurs.
Du côté des oiseaux, Madagascar compte les coua,
très répandus (huppé, coureur...), les vanga, les rarissimes mésites
et gobe-mouches du paradis, ou le commun fody.
Enfin, à moins de rechercher la difficulté, on n'a pas vraiment grand-chose
à craindre de cet environnement. Des exceptions, cela dit, à l'attention des
campeurs : quelques bébêtes dangereuses et sournoises comme les scorpions
et les mygales, et quelques scolopendres. Gare !
Habitants des mers
La seule grande prudence qui s'impose à Madagascar concerne les méduses
et surtout les différentes espèces de requins, sur la côte est
de l'île particulièrement. Ils sont suffisamment dangereux pour dissuader de
s'y baigner ! La côte ouest bénéficie heureusement de récifs coralliens, qui forment des lagons protecteurs et riches de poissons, crustacés
et tortues de mer en quantité impressionnante ! N'oublions pas les centaines
de baleines à bosse qui, remontant du Sud, viennent frayer au
large des côtes malgaches entre juillet et octobre et se fixent dans le chenal de
l'île Sainte-Marie. Enfin, le cœlacanthe, le plus vieux poisson
du monde, fraye encore dans les eaux malgaches. Agé de 360 millions d'années,
il reste un mystère pour la science.
Lémuriens
On appelle parfois Madagascar « la Lémurie », car la « grande île » abrite
90% des lémuriens existant dans le monde. On distingue les lémuriens diurnes et les nocturnes,
à quelques exceptions près.
Arboricoles, c'est-à-dire vivant dans les arbres, ils sont omnivores mais le
plus souvent végétariens. Ils se nourrissent de feuilles, de fleurs, d'écorce
ou de fruits, parfois d'insectes et de larves, et vivent en solitaire ou en
bande. Leurs cris sont souvent caractéristiques. On en dénombre toute une série.
Flore
Comme Madagascar connaît presque tous les climats, imaginez la variété de la
flore... 90 % d'endémisme, encore plus que la faune.
- La forêt tropicale de la côte est : par portions de Fort-Dauphin
à Masoala. Environ 85 % de la forêt primaire a disparu et une forêt secondaire
est en partie apparue, produisant notamment le roi des arbres malgaches, le
ravinala, ou « arbre du voyageur ». On trouve aussi palmiers, bambous, bananiers,
fougères arborescentes…Les bois précieux aussi, malheureusement surexploités,
font aussi la célébrité de la forêt.
- La végétation aride de l'Ouest et du Sud : il y a plusieurs
types de végétation aride : la forêt sèche et la savane, dans l'Ouest, et le
bush ou fourré épineux du Sud. Il existe sept variétés de baobabs qui
font autorité dans les paysages de l'Ouest. À ne pas confondre avec les pachypodium, ou « pieds d'éléphant » qui
prennent la forme d’arbres-bouteilles ou restent nains comme dans le massif
de l’Isalo. Dans le Grand Sud, le bush, ou fourré épineux, ne reçoit que 500 mm d'eau par an. C’est un paysage de plantes épineuses,
comme les didiéréacées, apparentées aux cactus, ou les figuiers de Barbarie, qui offrent un fruit rafraîchissant.
On trouve aussi l'aloès, la pervenche de Madagascar et le sisal, agave d'origine mexicaine.
- Érosion sur les Hautes Terres : le retrait de la forêt
d'origine a profité essentiellement au mimosa, au pin et à l'eucalyptus.
Mais l'érosion a fait le reste et a provoqué de gigantesques effondrements
du sol. C’est le règne des lavaka et de la montagne pelée.
- Végétation sur les côtes : on trouve quantité de mangroves,
de pandanus (ou vacoas), de viha ou « oreilles d'éléphant
», de jacinthe d'eau, de népenthès...
- Orchidées, fleurs et essences : il y a plus de 1 000
espèces d'orchidées à Madagascar, soit plus que sur tout le continent africain
! La plus odorante de toutes est la vanille, sur la côte du même nom.
L'essence des fleurs d'ylang-ylang exploitée à Nosy Be est achetée par
les plus grands parfumeurs français. En saison humide, jacarandas
mauves et frangipaniers aux fleurs blanches illuminent Tananarive et
les Hautes Terres. Le flamboyant, lui, met le feu aux avenues de Tamatave et
de Tuléar. Enfin, le bougainvillier fleurit à longueur d'année.
Environnement
Alerte !
Déforestation et pauvreté sont les problèmes majeurs du pays. Il ne reste que 10 % de la forêt d'origine. Feux de brousse et
cultures sur brûlis continuent de réduire en fumée autour de 3 000 km² de forêt
chaque année. On peut parler de catastrophe écologique,
dont les effets se font durement ressentir : disparition d'espèces,
ensablement des fleuves et des ports, modification climatique, épuisement des
sols...
Sensibilisation et perspectives
La pauvreté, la démographie galopante et l'exploitation incontrôlée accélèrent le processus fatal. La culture sur brûlis pour cultiver le riz sur la côte orientale, les feux de brousse, l'élevage, l'abattage des arbres (pour le charbon de bois, les habitations ou l'artisanat), ou encore les récentes ruées sur le saphir remettent en cause les grands équilibres. De plus, pour un pays non industrialisé, la désertification réduit l'espoir d'un développement agricole.
Signalons aussi les trafics d'animaux qui disparaissent encore au nez et à la barbe des autorités ou à cause de la corruption. D'un autre côté, ces mêmes autorités ont créé une cinquantaine de réserves et parcs nationaux, ainsi que des programmes de reboisement avec l'aide des ONG.