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Un peu d’histoire Lyon

Le temps des Romains : Congate et Lugdunum

Contrairement à l'histoire qu'ils écrivirent, les Romains ne furent pas les fondateurs de Lyon. Bien avant eux et outre l'occupation préhistorique du site, plusieurs tribus de Celtes gaulois, et notamment les Ségusiaves, avaient édifié des villages autour du quartier de Vaise (sur la Saône, au nord de Fourvière).

Rendons à César...

Après être passé par Lyon lors de sa chasse au Vercingétorix, , le grand Jules manda Munatius Plantus afin de créer sur le site une colonie destinée au repos des vétérans de la légion romaine. Nous voilà donc en 43 av. J.-C., fondation officielle de Lugdunum (littéralement « Colline du dieu Lug », dieu chargé du soleil, de la lumière, des arts et des métiers).

Dieu sauve Lyon

Ballottée entre les éphémères royaumes du haut Moyen Âge, Lyon passa de mains en mains. Grands bénéficiaires de cette incertitude, les évêques d'une France fraîchement catholique, à la suite du baptême de Clovis (498), s'appuyèrent sur leurs martyrs pour installer durablement leur pouvoir sur Lyon.
Malgré les épidémies, les famines, les invasions, les dissensions politiques, les héritages hasardeux, les ambitions des seigneurs féodaux, ce fut, sous l'égide de l'Église, une époque de grand essor qui vit pousser de nombreux édifices religieux (abbayes, églises) et profanes (ponts, rues).
Cette constructive ferveur fut récompensée en 1074 par le pape Grégoire VII, qui décerna à l'archevêque de Lyon le titre envié (et jamais remis en jeu) de « primat des Gaules ».

Foires, marchands et artisans

Au début du XVe siècle, Charles VII fit à Lyon un cadeau de prix : deux, puis bientôt quatre foires franches annuelles. L'aubaine de la libre circulation des marchandises attira des commerçants de toute l'Europe.

Soie, livre, argent et religions

Parmi les nombreuses marchandises qui transitaient par les foires lyonnaises, ce fut la soie, dont François Ier favorisa le tissage à Lyon, qui apporta la richesse à la ville. La quantité des échanges commerciaux et l'habileté des commerçants florentins suscitèrent le développement d'une prospère activité bancaire, dont Lyon s'enorgueillit toujours.
Mais le Lyon de cette florissante Renaissance, qui avait gagné une relative indépendance vis-à-vis du pouvoir royal, n'était pas qu'un îlot économique et commercial. Lyon devint, avec Venise et Paris, l'une des capitales du livre et de la vie intellectuelle.

XVIIe et XVIIIe siècles : pestes et révoltes, science et révolution

Au XVIIe siècle, Lyon connut bien des malheurs. Les lourds impôts collectés afin de satisfaire les besoins du pouvoir royal ébranlèrent l'économie locale et provoquèrent quelques émeutes. S'ajoutèrent des crues meurtrières et de nouvelles épidémies de peste, et la ville s'étiola.
Heureusement, on y créa tout de même un vaste hospice et des écoles qui, en formant la jeunesse, donnèrent sans doute une impulsion neuve à la ville.

Le temps des Canuts, le temps des bâtisseurs

Napoléon, en exigeant que les soieries et velours de l'Empire fussent fabriqués à Lyon, relança l'économie lyonnaise. Le métier de Jacquard fit la fortune des soyeux, mais le malheur des Canuts, laissés-pour-compte du progrès, restait entier. Ils se révoltèrent (notamment en 1831, 1834 et 1848) en jetant les bases de grands progrès sociaux : société mutualiste, épicerie coopérative, caisse de secours mutuel, caisse de retraite, et le premier journal ouvrier, L'Écho de la fabrique, qui, en 1833, titrait « Prolétaires de tout état, unissez-vous ».
Tout cela plut à Karl Marx. Il étudia le mouvement des Canuts et recycla la formule avec le succès qu'on sait. Comment parler des Canuts sans évoquer les immeubles de 6 étages et de 4 m sous plafond qu'on construisit pour qu'ils y logent leur métier, et qui font aujourd'hui le régal immobilier de la jeune bourgeoisie lyonnaise.

Révolution industrielle : ça tourne

Pendant des siècles, les tisseurs lyonnais transformèrent, tels des alchimistes, la soie en or. Leur crépuscule permit aux vrais chimistes de prendre le relais. Dès la fin du XVIIIe siècle, des fabriques de vitriol, de soude, d'acide, de colorants, de gélatine, de tout un tas de produits aussi chimiques que polluants et indispensables au progrès, fleurissent sur la rive gauche du Rhône.
Ça ne chôme pas non plus côté métallurgie et mécanique.

Herriot, une vie lyonnaise

50 ans de règne municipal, 2 guerres, une carrière politique nationale : rien ne pouvait arrêter Édouard Herriot (1872-1957), militant radical (centre gauche), célèbre autant pour sa diction que pour sa moustache et sa pipe. Cet orateur bougon et habile avait le sens du raccourci (« La politique, c'est comme l'andouillette : ça doit sentir un peu la merde mais pas trop »).
Rendons grâce à Herriot, qui eut le bon goût de faire appel, pour quelques grandes réalisations, à un architecte de talent : Tony Garnier.

Pradel, bétonneur devant l'Éternel

Après la mort d'Édouard Herriot, en 1957, un de ses conseillers municipaux, Louis Pradel, est élu - très provisoirement pense-t-on - au siège du maire.
La ville pousse, les réfugiés arrivent d'Algérie, le progrès des Trente Glorieuses est en route avec ses millions d'automobiles.
Initialisée sous le mandat d'Herriot, l'offrande de Lyon à la bagnole se concrétise par le tunnel de la Croix-Rousse, l'aménagement en autoroute des quais rive droite du Rhône, puis le monstrueux tunnel de Fourvière qui engendra des milliards d'heures perdues en embouteillage ainsi que le massacre architectural du cours de Verdun à côté de Perrache. Il ne se désengorgera qu'après l'inauguration, en 1997, d'un ubuesque périphérique (le TEO).
D'autres « merveilles » allaient illuminer les 20 années que durèrent les mandats de Pradel, qui se définissait lui-même comme « un amoureux du béton », et eut toujours à cœur d'honorer cet amour : grands ensembles construits au moindre coût et dont nous n'avons pas fini de payer au prix fort l'absence de lucidité des concepteurs (avec une exception tout de même : le musée archéologique de Bernard Zehrfuss) ; quartier « multifonctionnel » de la Part-Dieu, modèle de laideur grandiloquente dénuée de la moindre once d'humanité.
On ne sait ce qu'il serait advenu du vieux Lyon, si Malraux, alerté par l'actif monde associatif lyonnais, n'avait sauvegardé ce quartier Renaissance en 1964.

Le Lyon d'aujourd'hui

Francisque Collomb succéda à Pradel en 1977, sans laisser de trace mémorable dans le cœur et la ville des Lyonnais, hormis le lancement du quartier scientifique de Gerland et la réhabilitation de la halle Tony-Garnier.
Michel Noir, jeune et ambitieux représentant du renouveau de la droite française, prit la mairie en 1989. Ses louables intentions urbanistiques ne l'empêchèrent pas de se prendre les pieds dans le tapis des médias et des « facilités ».
Puis ce fut le tour de Raymond Barre. Il géra tranquillement et honnêtement cette ville conservatrice et roublarde qui lui va si bien, et réussissant au passage à faire venir le G7 en 1996, puis tout aussi tranquillement, avec l'aide d'une équipe dynamique, à faire classer au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco 500 ha de sa ville, ce qui n'est pas rien, et enfin à mettre sur rail un important projet de réhabilitation du secteur de Perrache.
Depuis mars 2001, c'est Gérard Collomb (PS, et qui n’est pas de la même famille que son prédécesseur homonyme) la nouvelle figure de proue de la ville.

Les projets pour l'avenir

Gérard Collomb a décidé de poursuivre les chantiers engagés par la mairie précédente. Les aménagements de la rive gauche des berges du Rhône ont été inaugurés en 2007 , de nouveaux espaces entièrement dédiés aux piétons, vélos et rollers ont vu le jour...
On attend aussi l'implantation d'un plus grand nombre d'entreprises et d'importants investissements culturels. On ne parle plus de l'université de la Gastronomie, invoquée un temps autour d'un musée du Goût, ni pour l'heure d'une maison de la Mémoire, mais une revalorisation de l'histoire textile de la ville est en cours...
Enfin, le projet d'aménagement des rives du Rhône est plus que jamais au cœur de l'actualité. Après les travaux, au lieu des pavés, en été, Lyon devrait retrouver sa plage et ses guinguettes.

Les grands projets

- Lyon Confluence : un projet d'aménagement de la pointe sud de la presqu'île, tant en termes d'emplois, de logements que de loisirs. Un projet de longue haleine mais aussi de grande envergure ! Depuis fin 2005, le tramway dessert l'ensemble du quartier grâce au prolongement de la ligne 1 jusqu'à Montrochet. On attend une grande place publique avec un bassin, des activités nautiques et le musée des Confluences, dédié aux sciences et à la société. Son ouverture est prévue en 2010. Le pôle de loisirs se composera d'un cinéma de 14 salles, d'un multiplexe culturel et de toute une gamme d'activités ludico-sportives, ainsi que d'inévitables commerces.
- Le Carré de Soie : désormais desservi par le tram Lea et par le métro A prolongé, Le Carré de Soie (à la jonction de Villeurbanne et Vaulx-en-Velin) est l'autre grand projet d'agglomération pour la décennie. Sur plus de 500 ha, dont l'hippodrome rénové, un vaste pôle de loisirs, de nouveaux logements, commerces et, autour des canaux de Jonage et Miribel, des espaces naturels préservés.





 



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