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Musique cajun et zydeco

Lors du Grand Dérangement, les Cajuns ne purent emporter avec eux les instruments dont ils jouaient au Canada. Seuls quelques violons survécurent au voyage.
En dépit du manque d'accessoires, la musique subsista grâce aux chants traditionnels, aux berceuses, aux cantiques religieux chantés a cappella, et grâce aussi aux bals organisés chez des particuliers.
Avec le temps, la musique cajun s'est enrichie de diverses cultures musicales : allemande, anglo-saxonne, espagnole, amérindienne, noire... Elle leur a notamment emprunté l'improvisation vocale et les percussions. Les Acadiens composèrent des chants embellis par ces différentes influences, relatant leur nouveau cadre de vie.
Le violon était donc le seul et unique instrument. Mais, quelques années plus tard, le triangle et la guimbarde se mêlèrent à la ronde. Puis ce fut le tour de l'accordéon, qui vola la vedette au violon.
Grâce aux échanges culturels et principalement aux influences africaines, on mixa chants et instruments dans presque tous les styles de musique cajun (ballades, rondes, two-steps, contredanses...). Par la suite, les réunions de salon furent abandonnées, et on construisit des salles municipales spécialement conçues pour les fêtes et les banquets.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Cajun apprivoisa plusieurs styles (dont le rock'n roll) tout en conservant ses racines : jazz et blues. Tout cela fit apparaître la musique zydeco au début des années 1950.
Le zydeco est une musique créole inspirée de l'harmonie cajun et très fortement du rhythm'n'blues, de la country et même de la soul. On recense principalement deux styles de zydeco : celui de la campagne et celui de la ville. Le premier est joué unplugged, le second plugged, c'est-à-dire aidé par la fée Électricité. On y trouve, pour l'un, du violon, de l'accordéon, de la guitare, du triangle et de la batterie (de temps en temps) ; et pour l'autre, on oublie le violon qu'on remplace par des cuivres et du piano.
Quelques variantes du zydeco : zydeco-rap, zydeco-reggae, zydeco-rock.

Plantations

Une étonnante diversité

Au-delà du fait de voir de jolies bicoques, la visite des plantations se révèle intéressante, de par le regard qu'elles nous permettent de porter sur le système social de l'époque, sur le mode de vie de la bourgeoisie et l'attitude des personnages rapidement enrichis.
Sur le plan architectural, on découvre une incroyable diversité des styles. Selon qu'elles ont été construites avant ou après le rachat de la Louisiane par les États-Unis (1803), selon les personnalités et l'origine des familles qui les dirigeaient, ou encore selon la manière dont elles ont été conservées ou restaurées, les demeures sont très différentes. Ces vastes domaines sont avant tout le reflet d'une cohabitation et d'un mélange des cultures française, espagnole, sénégalaise et indienne. Nulle part ailleurs dans le sud des États-Unis on ne retrouvera une telle diversité et une telle expression architecturale.

De la maison coloniale au Greek revival

Les premiers colons français et espagnols avaient établi leurs plantations proches de villages indiens, le long du Mississippi, sur les terres les plus hautes et les plus fertiles. L'architecture coloniale à cette époque était fortement imprégnée des techniques et du savoir-faire africains, pour la simple raison que ces demeures étaient construites en bois par des esclaves qui avaient apporté avec eux leurs traditions.
Après 1803, quand les Anglo-Américains arrivent, la mode change, et on fait venir des architectes d'Angleterre. On se met à construire des bâtisses majestueuses dans le style néo-Renaissance grecque (Greek revival) et typiquement victoriennes.
Durant près de deux siècles, certaines familles établirent des fortunes, créant une sorte d'aristocratie. On considère les années 1830 comme correspondant à un boom économique
Cependant, après la guerre de Sécession, l'âge d'or des plantations touche vite à sa fin quand l'esclavage est aboli, que la main-d'œuvre se disperse... et qu'elle cesse d'être gratuite. Les anciens esclaves se voient alors accorder cases et lopins de terre. Le nouveau système économique, la crise politique et le changement de société sonnent le glas de ce système.

Du déclin à la ruine

Les bords du Mississippi changent alors très vite, les industries dans les années 1930 contribuent à modifier le paysage, et beaucoup de ces grandes demeures tombent en ruine. Celles qui restent valent le détour, car elles font ressurgir un mode de vie, un système économique et des valeurs qui appartiennent heureusement au passé mais qui expliquent une partie du présent de la Louisiane actuelle.


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