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Un peu d’histoire Lorraine

Les Celtes venus d’Europe centrale s’installent en Lorraine au premier millénaire avant notre ère : la colline de Sion, notamment, abrite leurs sépultures. Les Médiomatrices occupent le nord, dans la région de Metz, tandis que les Leuques dominent la région touloise, au sud. Ils travaillent les métaux, extraient le sel de la vallée de la Seille et cultivent les terres fertiles.
En 52 av. J.-C., les Romains vainqueurs de Vercingétorix prennent à leur tour possession du territoire lorrain, dont ils ne tardent pas à exploiter les richesses. Ils plantent des vignes, importent l’eau des sources vosgiennes, et pour faciliter les échanges, ils développent le réseau routier et naviguent sur la Moselle. Les villes de Divodorum (Metz) et Tullum (Toul) prennent leur essor, tandis que Grand abrite l’un des plus grands amphithéâtres de Gaule.

En 451, les Barbares germaniques traversent le Rhin et sèment le désordre sur les ruines de l’Empire romain. Le Franc Clovis occupe, au VIe
La région mosellane est particulièrement appréciée de la dynastie carolingienne, qui y implante ses domaines patrimoniaux et contribue à la mise en valeur du territoire. Lorsque, en 843, le traité de Verdun partage l’Empire entre les trois fils de Louis le Pieux, Lothaire hérite de la bande médiane qui s’étend de l’Adriatique à la mer du Nord. Son fils Lothaire II hérite à son tour, en 855, de la portion allant de la Saône à l’embouchure du Rhin, qui prend le nom de Lotharingie, l’ancêtre de la Lorraine actuelle. siècle, les pays de la Meuse et de la Moselle. C’est de cette époque que subsiste la division entre deux langues traditionnellement parlées en Lorraine : le francique, dialecte alémanique hérité de ces invasions, et la langue latine qui deviendra le français. Aujourd’hui encore, quelques irréductibles tentent de préserver le patrimoine linguistique local...

Avec l’entrée dans le second millénaire, on passe à la confusion du système féodal. En 962, Othon Ier le Germanique sépare la Lotharingie en deux duchés : celui de Haute-Lorraine comprend les diocèses de Trèves, Metz, Toul et Verdun. Il prend le nom courant de Lorraine. S’ensuivent des luttes d’influence entre les seigneurs et les évêques des grandes cités, tandis que les rois de France aimeraient étendre leur pouvoir sur le duché. Entre-temps, le comté de Bar accède à la dignité ducale, en 1354. Les rivalités affaiblissent la Lorraine, son rayonnement économique s’effondre. C’est alors que, en pleine guerre de Cent Ans, surgit de son village de Domrémy une certaine Jeanne, dont on chante la vertu, et qui prouve son patriotisme en « boutant les Anglois hors de France »...

La réconciliation s’amorce au XVe siècle, avec le mariage de René d’Anjou et d’Isabelle de Lorraine, qui réunit les duchés de Bar et de Lorraine. En 1552, la France occupe les évêchés de Metz, Toul et Verdun ; cela préfigure l’insertion du duché dans son système politique et militaire, après la guerre de Trente Ans qui laisse la région dans le chaos et la misère. En 1697, le traité de Ryswick lui reconnaît le statut de neutralité.
C’est dans un contexte miséreux qu’est parachuté celui que les Lorrains considèrent toujours comme leur bienfaiteur, Stanislas Leszczynski. Ce roi de Pologne destitué, beau-père de Louis XV, hérite en 1738 du duché préalablement échangé… contre la Toscane ! Il contribue au renouveau de la Lorraine, grâce à sa politique de mécénat culturel et artistique. Avec l’architecte Emmanuel Héré, il édifie des monuments grandioses, comme la célèbre place Stanislas de Nancy, etdonne ses lettres de noblesse au château de Commercy. Que de choses sont attribuées à Stanislas ! Du baba à l’académie de Nancy, on retrouve partout son empreinte. À sa mort en 1766, la France annexe définitivement une région prospère et rayonnante.
La Révolution de 1789 traumatise peu la population, fraîchement assujettie à la Couronne et qui accepte facilement les nouveaux régimes successifs. Au XIXe siècle, la Lorraine s’engage à plein régime dans une autre révolution, industrielle celle-là. Elle devient l’une des plus importantes régions minières de France, et les industries sidérurgiques et textiles triomphent.
La défaite française de 1871 et le traité de Francfort entraînent l’annexion de la plus grande partie de la Moselle, de Metz et des cantons de la Meurthe à l’Empire allemand. Malgré la politique d’assimilation à la culture allemande, les Lorrains restent attachés à la France. C’est après la Première Guerre mondiale qu’ils retournent dans le giron national, au prix de combats sanglants. À la fin de 1916, la tristement célèbre bataille de Verdun aura fait plus de 600 000 morts, après un an de sordides luttes de tranchées. Et la région, en première ligne, est de nouveau durement touchée par la guerre de 39-45, au cours de laquelle elle connaît encore deux changements de nationalité en quelques années d’occupation.

La Lorraine est aujourd’hui bien ancrée en France. Elle s’inscrit, plus largement, dans l’horizon européen, au sein duquel elle se développe grâce à sa position à la croisée des grands axes de communication.





 




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