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Londres

Un peu d'histoire

Fondation et domination romaine

En 55 avant J.-C., Jules César débarque en Angleterre, et apporte la bonne parole romaine. Il ordonne la création d’un port nommé Londinium sur la rive nord de l’estuaire de la Tamise. Il semble que ce nom soit un dérivé du breton Llyn-Din (« Fort du lac »), du nom du village de pêcheurs qui s’y trouvait à l’origine.
La ville se développe rapidement : un premier pont est bâti par-dessus le fleuve, et Londinium devient le plus important lieu de commerce et de transit de cette partie du monde romain.
Malgré les pillages de l’armée des Icènes en 61 après J.-C., la ville prospère. Les Romains édifient le temple de Mithra (vestiges visibles près de Guidhall), et une enceinte est érigée. Mais dès les IIIe et IVe siècles après J.-C., les troubles à la frontière nord mettent à mal la domination romaine.

Nouvelle naissance

Londres conserve ses activités commerciales à la chute de l’Empire romain, mais elle ne tarde pas à subir de plein fouet les invasions des peuples nordiques qui détruisent une grande partie de l’ancienne ville romaine. Il faut attendre 796 pour assister à un renouveau. Les Anglo-Saxons occupent en effet le pays et font de Londres, pour la première fois, une résidence royale.
Pour la ville portuaire, cette renaissance se traduit par un renouveau au niveau du commerce et de nombreuses routes vers les ports de la mer du Nord sont ouvertes. Le pouvoir, à nouveau stable, permet l’édification de somptueux monuments comme la Tour Blanche au XIe siècle. Londres devient même capitale politique après les victoires de Guillaume le Conquérant.

La cité médiévale

À partir du XIe siècle, Londres se couvre de maisons, d’églises et de monastères totalement en bois, dans le plus pur style normand. C’est une période faste pour la ville, qui développe considérablement son commerce maritime et qui connaît une forte croissance démographique. En 1215, par la Magna Carta, le roi Jean sans Terre reconnaît aux corporations londoniennes le droit de procéder à l'élection d'un lord-maire. La City acquiert ainsi une certaine indépendance politique.
Malgré la peste qui tue la moitié de la population au XIVe siècle et la guerre des Deux-Roses qui se traduit par une lutte à mort pour le pouvoir, Londres continue à prospérer. Le quartier de Westminster est édifié comme un symbole et, au XVIe siècle, l'Église anglicane est créée par Henri VIII. Le commerce est florissant et les échanges se tournent vers l’Amérique. Le pouvoir politique se stabilise et la ville connaît un rayonnement culturel exceptionnel, notamment grâce à William Shakespeare.

Troubles et malheurs

Cette glorieuse période va néanmoins s’achever brutalement. En 1649, une série de troubles dans tout le royaume provoque un mécontentement grandissant. Ces évènements poussent les Londoniens à faire la révolution et à décapiter Charles Ier à Whitehall. Cromwell lui succède, mais il ne parvient pas à mettre fin aux troubles. Pour aggraver la situation, en 1665, 100 000 Londoniens décèdent de la Grande Peste. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, l’année d’après, le Grand Incendie de 1666 détruit pendant 4 jours les 4/5 de la ville : 13 000 maisons, toutes en bois, et 90 églises, dont la cathédrale Saint-Paul, sont réduites en cendres.

La troisième naissance

Une nouvelle fois, Londres va renaître de ses cendres. À la suite du Grand Incendie, Christopher Wren lance la reconstruction de la ville dans un style qui lui est très personnel. Cette renaissance est favorisée par l’avènement de Marie II Stuart, après la seconde révolution anglaise. Les quartiers bourgeois de Marylebone, Chelsea, Greenwich et Kensington accueillent les résidences des « gentlemen ». Des ponts sont jetés par-dessus la Tamise pour permettre le développement de la rive droite. De nombreuses améliorations sont à noter dans les infrastructures : eau courante, tout-à-l’égout, éclairage public à gaz, développement des premiers transports en commun (fluviaux essentiellement), etc.

L’ère victorienne et la Révolution industrielle

Le couronnement de Victoria en 1837 comme reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, puis surtout en 1876 comme Impératrice des Indes, marque le début de l'« ère victorienne », période où la puissance et l'impérialisme britanniques sont à leur apogée. Londres se modernise, s’agrandit grâce à un formidable exode rural européen (Irlandais et Juifs d’Europe Orientale essentiellement), et devient le centre de l’économie mondiale. En un siècle, la population est multipliée par six et l’agglomération compte ainsi plus de six millions d’habitants à l’aube du XXe siècle.
La Révolution industrielle crée un grand nombre d’emplois, mais provoque aussi le développement de quartiers ouvriers misérables dans l’East End, parfaitement dépeints dans les romans de Charles Dickens. Londres est ainsi coupée en deux mondes : pendant que les ouvriers tentent tant bien que mal de survivre dans l’East End (où un homme surnommé Jack l'Éventreur sème la terreur dans les rues de Whitechapel en 1888), les nobles, les bourgeois et les aristocrates vivent somptueusement dans les quartiers du West End et dans les faubourgs. Ils organisent une Exposition Universelle, font creuser le métro et attirent les artistes. Le pouvoir royal profite de cette période fastueuse pour prendre ses quartiers à Buckingham Palace, au cœur de la ville.

Les conflits mondiaux

L’ère victorienne ne s’achève pas à la mort de la reine Victoria en 1901 mais au déclenchement de la Première Guerre mondiale. La capitale britannique est très peu touchée par le conflit, avec seulement 31 raids et moins de trois mille victimes, mais elle subit par la suite une grave récession.
La ville connaît un nouvel essor spectaculaire dans les années 1930. Grâce au développement des transports collectifs et à l’amélioration des conditions de vie, la population augmente encore et s’installe dans les banlieues.
La Seconde Guerre mondiale marque un nouveau frein dans l’expansion de la capitale britannique. La ville est cette fois sévèrement touchée par les bombardements de 1941. Les raids aériens allemands sur la ville tuent plus de 30 000 personnes et endommagent la City. Le 18 juin 1940, un certain Charles de Gaulle parle à la BBC pour appeler le peuple français à la résistance contre l’occupant nazi. Un grand nombre de monuments historiques sont endommagés pendant cette période, et de nombreux quartiers sont presque rasés de la carte.

Elisabeth II et la reconstruction

En 1952, Élisabeth II devient reine d'Angleterre et souveraine de l'Empire britannique. Elle va s’engager à remettre la ville sur les rails de la modernité. Car c’est une ville bien différente qui renaît à la suite de la guerre. Les docks ont été tellement touchés que Londres doit abandonner l’idée de leur reconstruction et donc délaisser son activité maritime. Une grande déconcentration est opérée du centre vers la périphérie, créant une immense zone d’influence de près de cent kilomètres de diamètre : c’est la naissance du Grand Londres.
Pour réparer les dégâts de la guerre, de nombreux quartiers sont totalement réaménagés. La City devient un véritable pôle financier, attirant près d’un demi million de travailleurs chaque jour, et de nombreux gratte-ciels y sont érigés. Avec le démantèlement de l’Empire colonial britannique à la fin des années 1950, Londres devient une capitale moderne, cosmopolite et multiculturelle.

Dernières nouvelles

En 1979, Margaret Thatcher est nommée Premier ministre et engage la ville dans une course au libéralisme : poste, transports, etc. Mais en 1990, 300 000 personnes se retrouvent à Trafalgar Square pour protester contre sa politique, notamment contre la poll-tax (impôt sur la communauté). Résultat : Maggie démissionne et l'impôt est réformé. 1992 voit l’élection surprenante de John Major. C’est la quatrième victoire d'affilée pour les conservateurs. La même année est marquée par l’arrivée du problème irlandais dans le débat politique avec deux premières bombes de l'IRA qui explosent dans le centre de Londres.
En 1997, l'élection de Tony Blair, leader du parti travailliste, met fin à 18 ans de pouvoir conservateur. Cette année 1997 marque profondément les Londoniens et les Anglais en général avec la mort de Lady Diana dans un accident de voiture sous le tunnel du pont de l'Alma à Paris. Trois ans plus tard, le travailliste très à gauche Ken Livingstone est élu maire de Londres. Malgré plusieurs décès dans la famille royale, la Reine entame en 2002 son jubilé. Point d'orgue : des concerts en son honneur dans les jardins de Buckingham (jamais ouverts au public) devant 12 000 personnes tirées au sort.





 



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