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![]() Un peu d’histoire LisbonneLa légende d'Ulysse tombant amoureux de la rade nous enchante tous, mais il est plus probable que la fondation de Lisbonne revienne aux Phéniciens. Grecs et Carthaginois trouvèrent également l'endroit sympathique pour commercer. Quant aux Romains, ils le voulurent pour eux seuls. Par la suite, les Wisigoths profitèrent un temps de la décadence de Rome pour s'y installer, avant de céder la place aux Arabes. Puis, il y eut la Reconquête, bien moins ardue qu'en Espagne. Aux XVe et XVIe siècles, c'est l'âge d'or. Lisbonne est bien plus que la capitale du Portugal : c'est l’un des plus grands centres du commerce mondial. Jusqu'à 3 000 navires mouillent en même temps dans la « mer de Paille ». En 1755, il a suffi d'un tremblement de terre de quelques secondes seulement pour anéantir pratiquement toute la ville. Grâce au marquis de Pombal, des immeubles, certes un peu sévères, remplacent vite les rues médiévales disparues. Les troupes de Napoléon qui y résident quelque temps, en 1807, ne trouvent plus rien d'intéressant à piller et repartent vite à l'assaut de quelques monastères au nord.
Le début du XXe siècle est un plus sanglant et confus. En 1908, le roi Charles Ier et le prince héritier sont assassinés près de la Grande Poste. En 1910, on proclame une république plutôt bancale, tandis qu'en 1915 les « interventionnistes » lisboètes mènent grand tapage : ils veulent l'intervention du Portugal aux côtés des Alliés. Les intellectuels, dont Pessoa et ses amis de la revue futuriste Orpheu, raillent ces bons bourgeois prêts à mener à l'abattoir les classes mobilisables. À partir de 1928, l'intégriste Salazar, professeur d'économie politique, va appliquer au pays une sorte de fascisme chrétien et isolationniste. Onze ans après, de l'autre côté de la frontière, Franco allait donner dans la même médecine. Toute la péninsule Ibérique se ferme alors, pendant 35 ans, en ruminant sur son Siècle d'or. Pendant 47 ans, Lisbonne n'aura guère l'occasion de loucher hors des œillères salazaristes, et la ville va s'encroûter dans une caricature de capitale d'empire. Mais l'interminable guerre des colonies africaines coûte trop cher à Salazar.
Au début des années 1970, certaines sources étrangères se tarissent, et
l'économie intérieure s'effondre. Épuisé et traumatisé par cette colonie portugaise, le peuple renverse enfin, le 25 avril 1974,
une dictature à bout de souffle. La « révolution des Œillets » fut
surtout l'occasion d'une explosion de joie populaire. Écœuré par ce qu'il a
dû endurer et faire en Angola, Guinée, Mozambique, le Lisboète moyen n'aspire
plus qu'à reconstruire dans la dignité une vie commune et communautaire. |
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