Quelques dates
- 507 : Clovis conquiert la Gaule. Le Limousin sera disputé par ses héritiers. Floraison de saints.
- Xe-XIe siècle : la région s'émiette en fiefs-confettis. Même Limoges est partagée ! Alors, ces beaux seigneurs se battent souvent jusqu'au dernier paysan – lesquels assurent aussi la subsistance du clergé. Ce dernier promulgue donc, à Limoges, la « Paix de Dieu ».
- 1166 : épousant Aliénor d'Aquitaine, le comte d'Anjou, Henri Plantagenêt, devient duc à Limoges. Il aura bientôt la couronne d'Angleterre, et les deux tiers de la France. Pour chasser ses héritiers, il faudra cent ans de guerre.
- XIIIe siècle : les villes affirment leur puissance. La cathédrale de Limoges sort de terre.
- XVIe siècle : guerres de Religion bien corsées.
- 1736 : création de la fabrique de faïence de Limoges. En 1768, on découvre du kaolin dans la Creuse : un pactole.
- 1895 : création de la CGT à Limoges
- 1914 : la porcelaine emploie dix mille ouvriers.
- 1964 : création de la région Limousin.
- 1968 : ouverture de l’université de Limoges.
- 1998 : Inauguration de la Bibliothèque francophone multimédia à vocation régionale à Limoges.
- 1999 : création du Centre de la Mémoire à Oradour-sur-Glane.
La « Petite Russie » : 1939-1945
Durant ces années noires, la Résistance en Limousin prit une forme toute particulière. Si l'influence communiste y était grande, on n'attendit pas la rupture du pacte germano-soviétique pour en découdre avec les Allemands. Même si Limoges fut, après Lyon, la seconde ville de France en termes de résistants morts, le gros des hostilités fut fourni par la guérilla rurale. D'innombrables stèles hérissent cette région sauvage, que les Allemands surnommaient « la Petite Russie ».
Ce fut l'une des Résistances les plus opiniâtres en France, et qui s'appuyait sur un héritage de lutte et de gauche ancrée dans les campagnes limousines.
En 1945, les résistants se firent tirer l'oreille pour rendre leurs armes. On raconte que pas mal de paysans fourrèrent leur fusil ou leur mitraillette dans un sac et l'enfouirent sous les chênes et les châtaigniers (pour le cas où !).
Cette tradition d'indépendance et de radicalisme perdura dans les campagnes, puisque le bastion n° 1 des rénovateurs, refondateurs et autres opposants à la ligne stalino-moscoutaire du Parti fut précisément... le Limousin.
Les « camarades »
Le Limousin une région française traditionnellement administrée par la gauche. C'est la faute aux maçons : beaucoup apprirent leur catéchisme syndical et républicain sur les barricades de Paris. Les généraux cathos de 1914-1918 firent leur B.A. en envoyant les « rouges » au casse-pipe.
Au XIX e s, cette région déchristianisée s'était trouvé des « saints » laïques. Elle sera, après la Libération, le berceau des prêtres-ouvriers. Même les campagnes sont à gauche : le socialisme (SFIO, puis PCF) y est fils de la misère et de la geste maquisarde.
Si certaines ont, à un moment, basculé à droite, la Haute-Vienne a toujours résisté, menée par Limoges, la « Rome du socialisme ». En 1848, les ouvriers de la chaussure et de la porcelaine dressaient des barricades. En 1870, ils proclamaient une commune insurrectionnelle, comme à Paris. Est-ce un hasard si la CGT naquit là, en 1895 ? Et si la ville déchaîna, en 1905, la grève la plus violente du siècle naissant ?