Fêtes et jours fériés
Festivals de chant
Les
dainas représentent plus qu'une tradition littéraire. Ils incarnent en quelque sorte la
culture lettone. On a identifié près de 30 000 mélodies et un million de
textes, dont certains sont enseignés dans les écoles. Les chants font écho à la
vie quotidienne dans les campagnes, au passage des saisons, aux grandes étapes
de la vie, aux anciennes croyances solaires personnifiant la nature et aux
déesses oubliées.
Le
premier festival national de la chanson fut organisé en 1873 pour
démontrer la singularité de la culture lettone. Il recueillit immédiatement le
soutien de la nation. On ne fit plus, dès lors, que collecter les chants
anciens.
Après
une période de négation de la culture nationale, les dainas sont revenus sur le devant de la scène à la fin de l'ère
soviétique. Aujourd'hui, près de 150 chorales occupent les scènes des
festivals et notamment, tous les trois ans, la scène du Baltica, organisé à tour de rôle dans l'une des capitales baltes.
La Saint-Jean (Jani)
Les
fêtes de la Saint-Jean, les 23 et 24 juin, sont les favorites des
chanteurs de dainas. La journée du
23 porte même le nom de l'un des refrains les plus populaires : Ligo, Ligo. Les célébrations, liées au
solstice d'été, sont d'origine païenne : les paysans pratiquaient jadis
des rites destinés à favoriser les bonnes récoltes. Les chansons évoquent
Saule, le soleil, et son fils Janis, le ciel.
Les
festivités se déroulent en forêt ou sur les rives des lacs. Bière et fromages
spéciaux sont préparés. On confectionne des colliers de fleurs pour les femmes
et des couronnes de feuilles de chêne pour les hommes. Les épis de blé tressés
ornent les portes pour porter chance. On attribue à toutes les herbes et
plantes ramassées le jour de Jani et le lendemain des vertus magiques.
Le soir venu, on se regroupe, bière en main, autour du feu de la Saint-Jean. Généralement dressé au sommet d'une colline, il est entretenu sans discontinuer jusqu'à l'aube (avant 4 h du matin).
Les autres fêtes solaires
Trois autres fêtes traditionnelles marquent le calendrier letton, également liées aux anciens rythmes agraires et aux solstices.
À Pâques (Lieldienas), on se balançait gentiment sur une corde dans l'espoir de meilleures récoltes et d'un bétail en bonne santé ! Les filles, pour remercier les garçons de les avoir poussées, leur offraient des œufs peints, des tartes et parfois même des chaussettes...
À l'automne, Mikeli marque l'ouverture des portes de l'hiver et l'arrivée des esprits des défunts.
Noël, avant sa christianisation, consacrait la renaissance du soleil une fois passé le solstice d'hiver. Les villageois, costumés qui en ours ou en loup, qui en mort-vivant ou en botte de paille, vont de ferme en ferme pour chasser les mauvais esprits. On brûle un tronc d'arbre, symbole de toutes les infortunes passées.
Fêtes et festivals de musique rythment aussi le calendrier. Parmi les plus importants : le Festival international d'orgue à Riga en juin, musique d'opéra à Sigulda en juillet, musique ancienne au château de Bauska à la même période, rock à Liepaja à la mi-août, etc. Grandes festivités à Aglona pour l'Ascension.
Jours fériés
- 1er janvier :
Nouvel An.
- Mars/avril : fêtes de Pâques.
- 1er mai :
fête du travail et anniversaire de convocation de la Constituante de la
République de Lettonie.
- 4 mai : jour de la déclaration d'Indépendance (en 1990).
- 2e dimanche de mai : fête des mères.
- Mai/juin : Pentecôte.
- 23 et 24 juin : Ligo et fête de la Saint-Jean.
- 18 novembre :
fête de la proclamation de la République (en 1918). Fête nationale.
- 25 et
26 décembre : Noël.
- 31 décembre :
veille du Jour de l'An.
Population
Pays de transition géographique, la Lettonie a vu très tôt des étrangers s'aventurer sur son territoire. Les travailleurs venus de toute l'URSS, facteurs involontaires de la russification volontaire entreprise par Moscou, sont restés en nombre après l'indépendance et forment aujourd'hui les principales minorités du pays, totalisant 42 % de la population.
Souci de taille : en 1989, quatre personnes sur cinq ne parlaient pas le letton, pas même en deuxième langue... C'est pour cette raison que, après l'indépendance, le gouvernement imposa un cadre très strict pour acquérir la nationalité lettone : les habitants installés après 1940 devaient démontrer leur connaissance de la langue, de la culture et de l'histoire du pays. Incapables de répondre à ses demandes ou rechignant simplement à changer de nationalité, beaucoup renoncèrent.
Les critères, jugés discriminatoires, ont été largement assouplis sous la pression internationale, et près de la moitié des Russes de Lettonie sont aujourd'hui devenus citoyens. Reste quand même 25 % d'« étrangers » et un bon 10 %, surtout âgés, qui ne parlent toujours pas un mot de letton !
La part des Lettons dans la population s'est parallèlement accrue en raison de l'émigration et de la chute de la natalité de cette population défavorisée.
Les Russes
Leur nombre vaut à la Lettonie d'être le pays balte le plus instable ethniquement et politiquement : près de 30 % de ses habitants sont russes. La Lettonie a été colonisée plus massivement encore que ses deux voisins. À Riga, les Russes sont aussi nombreux que les Lettons.
Le « problème russe » est à l'origine de tensions parfois vives, tant avec Moscou qu'avec l'Union européenne.
Les écoles russes sont désormais tenues d'introduire le letton comme langue seconde de l'instruction.
Les autres Slaves
En dehors des Russes, les statistiques officielles font état d'environ 100 000 Biélorusses (4,1 %), 70 000 Ukrainiens (2,7 %) et plus de 60 000 Polonais (2,5 %). Si les deux premiers sont arrivés comme travailleurs de l'URSS, les troisièmes sont installés depuis le XVIIe siècle.
La communauté, particulièrement bien ancrée dans le Latgale, fournit un nombre important de recrues à la guérilla antisoviétique après l'annexion de la Lettonie par l'URSS.
Aujourd'hui, ces trois minorités possèdent leurs propres écoles. Ukrainiens et Biélorusses sont parmi ceux qui ont le moins demandé à obtenir la nationalité lettone (moins encore que les Russes).
Les Allemands
Installés en Livonie à partir du XIIIe s, les Allemands ont longtemps formé la minorité la plus active : propriétaires terriens, nobles et membres du clergé, ils tiraient les ficelles du pays. Au fil des siècles, leur nombre a constamment oscillé entre 5 et 8 % de la population, pour décliner à partir de 1919, lorsque les grands domaines furent démantelés par la jeune république lettone. En 1939, à la veille de l'occupation soviétique, ils étaient encore 62 000... et ils sont seulement 400 aujourd'hui.
Les Lives
Installés de très longue date sur la côte de Courlande, à l'orée de la baie de Riga, les Lives sont un peuple de pêcheurs finno-ougriens, culturellement proche des Estoniens. Presque totalement assimilés à l'époque soviétique, ils ont vu leur langue s'évanouir : seule une quarantaine de personnes, toutes âgées, la parle encore.
Religions
Pour faire simple, la Lettonie compte trois confessions majeures : luthériens au nord, les plus nombreux ; catholiques au sud et à l'est, dans les régions anciennement occupées par la Pologne ; orthodoxes partout où vit la minorité russe. La communauté juive, très importante avant la Seconde Guerre mondiale, a été presque entièrement exterminée (6 000 personnes aujourd'hui).