« Deux forces se partagent l'univers : le bien
et le mal, l'ombre et la lumière. Il faut choisir son camp. » Ainsi
parlait Manès, disciple de Zarathoustra dans la Perse du IIIe siècle. 1
000 ans plus tard et 6 000 km plus loin, ses adeptes (les manichéens)
sont toujours là. On crée pour eux l'Inquisition et les bûchers.
Entre-temps,
nos manichéens ont pris le nom de pauliciens pour s'installer en
Anatolie. Les empereurs byzantins les expédient dans les Balkans. En
Bosnie, le « bogomilisme », mouvement spirituel et
religieux né en Bulgarie des bogomiles, devient quasiment religion
officielle, avec un antipape qui envoie ses messagers jusqu'à Toulouse.
Bogomiles, vaudois, cathares, albigeois...
D'Allemagne en Italie, des Flandres au Languedoc, l'hérésie a ses saints (les parfaits), son au-delà (la réincarnation), son sacrement (le consolamentum,
accordé aux mourants) et des exigences d'égalité, de chasteté et de
pureté (interdiction de manger de la viande). Partout, évêques et
princes répriment.
Sauf dans le Languedoc. Les cathares y ont des
châteaux, des hommes d'armes, leurs évêques tiennent des conciles
internationaux. Les missions envoyées par le pape s'y heurtent aux plus
grands seigneurs. En 1207, son légat est assassiné. À Rome, on tremble.
Si l'hérésie gagne les centres du pouvoir, c'est la fin. Innocent III n'hésite plus à proclamer la croisade. Les seigneurs hérétiques sont déchus.
En
France du Nord, les bonnes âmes s'arment. En 1209, première proie :
Béziers. Les habitants refusent de dénoncer les cathares ? « Tuez-les
tous ! » conseille le légat du pape, « Dieu reconnaîtra les siens ».
Carcassonne tombe à son tour ainsi que les forteresses hérétiques
voisines. Pour remplacer son seigneur, les croisés choisissent Simon de
Montfort. En 1213, le Languedoc est conquis par l'orthodoxie. Mais pas
soumis car, sans cesse, des révoltes éclatent. Le roi de France devra
venir en personne rafler la mise en confisquant tout le Midi.
Les
cathares ? Ceux qui n'ont pas été brûlés ont pris la route des
Corbières. Là-haut, de petits seigneurs mènent toujours la guérilla. Les
croisés devront réduire un à un leurs nids d'aigle. En 1255, tout est fini, le pape est content. Mais plus de 700 ans après, on en parle encore...
L'année 1907 connaît une crise sociale majeure : la révolte des vignerons.
Ici,
la vigne existait avant les Romains. Mais le XIXe siècle en fit la
monoculture des régions pauvres. Traduisez : en cas de pépin, c'est
toute la province qui trinque. Privée de vin par le phylloxéra, la France avait pris des habitudes de chaptalisation et
d'importation massives. Elle ne les abandonna pas quand le vignoble fut
remis sur pied. La surproduction fit s'effondrer les prix, jetant les
vignerons dans la misère. Dans les Corbières, les Aspres ou le
Minervois, le vin ne rapporte plus, il coûte.
Las de manger des
glands, les ouvriers agricoles écrivent au gouvernement. Par solidarité,
les élus démissionnent. Frédéric Mistral se proclame solidaire. Au
gouvernement, Clemenceau réagit enfin : 180 000 hommes
prennent d'assaut la région. Devant l'émeute, ils chargent. Clemenceau
peut enfin donner satisfaction aux vignerons : une loi contre la chaptalisation est promulguée.
- 450 000 av. J.-C. : à Tautavel, dans le Roussillon, un homme chaissait le renne et le rhinocéros. C'est un des plus vieux Européens connus.
- 2000 av. J.-C. : bourgs de bergers dans les Cévennes.
- Vers 600 av. J.-C. : les Grecs de Marseille fondent Agde.
- Vers 120 av. J.-C. : les Romains annexent la Provence gauloise et son allié, le Languedoc. Fondation de Saint-Bertrand-de-Comminges, Béziers et surtout de Narbonne qui régit, de Toulouse à Grenoble, la plus ancienne et plus grosse province des Gaules : la Narbonnaise.
- 413 : les Vandales et les Alamans n'avaient fait que passer. Les
Wisigoths s'installent à Narbonne. Leur royaume, qui couvre toute l'Espagne
et la France du Sud, laissera de bons souvenirs. Ce sont les Wisigoths qui arrêtent
Attila.
- 720 : l'émir al Samh, conquérant de l'Espagne, s'empare de Narbonne.
Les Wisigoths continuent d'administrer le pays.
- 759 : les Francs prennent Narbonne.
- 778 : Roncevaux. Les Carolingiens font de la Catalogne
un avant-poste antimusulman : la marche d'Espagne. Afflux de réfugiés chrétiens
en Languedoc.
- 1002 : premier acte rédigé en langue d'oc. La culture hispano-musulmane enrichit la province, qui participera activement à la Reconquista et aux croisades.
- 1209-1255 : croisade contre les cathares. Le Languedoc échappe à l'orbite catalane pour tomber dans le domaine royal.
- 1276-1344 : naissance et mort du royaume de Majorque.
- XIVe siècle : malgré les corsaires arabes, le Languedoc donne au roi ses grands ports méditerranéens. En 1481, le rattachement de Marseille porte un coup fatal à sa prospérité.
- XVIe siècle : le Languedoc oriental passe au calvinisme.
- 1566 : fondation du port de Sète.
- 1659 : le traité des Pyrénées donne le Roussillon et la Catalogne à la France.
- 1685 : la révocation de l'édit de Nantes interdit aux protestants
de célébrer leur culte. Envoyés aux galères, les prédicateurs des Cévennes passent
le flambeau aux « prophètes ». La révolte des camisards tiendra 2 ans en
échec l'élite des troupes royales.
- 1790 : les protestants prennent part à la Révolution, les catholiques
demeurent fidèles au roi.
- 1907 : insurrection des vignerons contre le gouvernement Clemenceau.
- Septembre 2002 : inondations dévastatrices dans les départements
du Gard et de l'Hérault. De nombreuses victimes sont à déplorer.
- Octobre 2010 : décès du très controversé Georges Frêche, président du conseil régional du Languedoc-Roussillon.
Partir en Languedoc-Roussillon
Avis sur les hôtels Languedoc-Roussillon |
||||