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Culture Jordanie

Population

La Jordanie compte environ 6 millions d'habitants. Le peuplement est mixte : Transjordaniens et Palestiniens se partagent le pays. Les Transjordaniens sont répartis sur l'ensemble du territoire, tandis que les Palestiniens se concentrent essentiellement dans les villes du Nord - où ils occupent des postes importants (cadres, ingénieurs, banquiers, etc.) - et dans les camps, situés également dans le Nord.
On recense aussi autour de 100 000 Circassiens, venus du Caucase au XIXe siècle, des Turcs, des Arméniens et quelques communautés kurdes et bahaïes.

La nouvelle donne irakienne

À ce chiffre, il faut ajouter les réfugiés irakiens : plus de 700 000 depuis 2003, un peu moins nombreux aujourd'hui (autour de 500 000, suite à des incitations au retour volontaire). Avec la Syrie, la Jordanie est le pays qui accueille en plus grand nombre cette population sinistrée. Il s'agit du déplacement de population le plus important dans cette région depuis celui des Palestiniens en 1948. D'ores et déjà, 1 Irakien sur 8 est concerné.

Les Bédouins

Le nombre des Bédouins (Bedu en arabe) diminue sans cesse du fait de la politique de sédentarisation entreprise depuis plusieurs décennies par le gouvernement jordanien. Bien souvent, la tente noire en poil de chèvre est installée à côté d'une maison en dur et sert d'entrepôt.
Mais il y a encore en Jordanie des irréductibles : dans le désert de l'Est, et dans les régions du Sud, quelques dizaines de milliers de Bédouins nomadisent toujours et vivent encore de l'élevage et du commerce, bien qu'ils aient dû abandonner leur troisième source traditionnelle de revenus : le pillage.
Il n'y a hélas plus que quelques familles bédouines vivant dans le wadi Rum, et presque chaque année l'une d'elles rejoint le village pour cause de mariage d'une fille, d'école, etc.
Malgré leur grande fierté, les Bédouins sont très hospitaliers. En signe de bienvenue, ils vous offriront le thé, bien sûr, mais aussi le café. La plupart des Jordaniens descendent des Bédouins, comme en témoignent les traditions ancestrales présentées notamment dans les musées folkloriques du pays, à Amman et à Madaba. Tous vouent une grande admiration à ceux qui dorment encore dehors.
Les « Camel Corps », garde personnelle du roi, sont d'authentiques Bédouins.

Les relations jordano-palestiniennes

La cohabitation entre Palestiniens et Transjordaniens ne se déroule pas sans heurts. Source d'enjeux politiques, économiques, sociaux, elle est placée sous le signe d'une méfiance réciproque, que les accords de paix ont finalement accentuée. Les peuples de Palestine et de l'actuelle Jordanie ont tissé des liens familiaux et économiques, mais la création, en 1948, d'un État juif en Palestine a exacerbé la reconnaissance d'une double identité : palestinienne d'un côté, transjordanienne de l'autre. Elle permet à chacun de revendiquer son territoire propre.
Le futur royaume hachémite, encore à la recherche de sa « jordanité », doit faire face à l'arrivée massive de Palestiniens, qui déséquilibre le rapport démographique entre les deux communautés. Le premier exode a lieu en 1948, au lendemain de la première guerre israélo-arabe. Avec l'annexion de la Cisjordanie, la population triple en l'espace de deux ans, de 1948 à 1950. Les réfugiés accèdent à la nationalité jordanienne. La seconde vague suit la guerre des Six Jours, en 1967, et la perte de la Cisjordanie. En tout, près d'un million de Palestiniens trouvent refuge en Jordanie.
La plupart ont été installés dans des camps, devenus aujourd'hui des villages, pourvus en eau et en électricité, et toujours appelés « camps » dans le sens de rassemblement d'une population de même origine. Ce sont aussi des quartiers.
Tout en possédant une forte conscience de leur « palestinité », leur degré d'intégration montre qu'il existe un clivage au sein même du peuple palestinien. La perception de leur identité est liée à la date de leur exode, leur statut social, leur rapport à l'État, etc. Beaucoup ont fait leur vie dans le royaume et expriment le désir d'y rester. Autant d'identités que de fractures, entre Palestiniens, mais plus encore (on s'en doute) entre Transjordaniens et Palestiniens.
Car ces derniers effraient. Que ce soit au niveau du pouvoir ou de celui de la population, une défiance réciproque continue de nourrir les rapports entre les deux communautés.


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