Derviches tourneurs (Mevlevi)
Leurs cérémonies sont impressionnantes, envoûtantes et d'une grande poésie.
Les derviches tourneurs sont des religieux musulmans. Leur nom a pour origine le mot persan darwich qui signifie « pauvre ». Fondé par le poète mystique Djaläl al-Dïn al-Rümï au XIIIe s, l'ordre soufi des mevlevi,
appelé communément derviches tourneurs, n'est présent aujourd'hui que
dans deux villes : Konya et Istanbul. Il reste encore plusieurs tekke (couvents) en activité.
Les derviches utilisent la danse pour communier avec Dieu.
Avec
l'instauration de l'État laïc en 1924, sectes et confréries religieuses
sont interdites : les danses rituelles disparaissent.
Aujourd'hui
cependant, à Konya, une fois par an, à la mi-décembre, les derviches
tourneurs commémorent pendant une dizaine de jours l'anniversaire
de la mort du poète Mevlana.
À Istanbul, il règne une certaine
tolérance depuis les années 1950 et une vingtaine de tekke sont en activité. Certains acceptent les visiteurs, d'autres sont réservés strictement aux membres de la congrégation. Dans les tekke traditionnels, on peut assister à des cérémonies chaque semaine, tandis que celui de Galata propose
une cérémonie-spectacle tous les dimanches à 15 h, pour les touristes.
Se renseigner à l'office du tourisme. Un spectacle est également
proposé à la gare de Sirkeci, plusieurs fois par semaine en saison. Billets en vente dans les agences de voyages.
Marchés
À Istanbul, le commerce est plus qu'une tradition, c'est une raison
de vivre. Les vendeurs de simit portent leur plateau sur la tête, ceux
de primeurs poussent leur charrette à bras entre les voitures, ceux de
sahlep bercent de leur voix lancinante les longues soirées d'hiver. Les
marchands ont leurs temples, bien sûr : le Bazar égyptien ou le Grand
Bazar.
Pazar (dimanche) est le jour du « bazar »,
c'est-à-dire du marché. Mais en fait, des marchés s'installent dans les
rues toute la semaine : bien moins touristique mais autrement
pittoresque, c'est une jolie manière de voir la ville de l'intérieur. À
chaque quartier son jour : selon vos goûts ou votre calendrier, faites
donc vos courses au milieu des Stambouliotes !
Hammam
On l'appelait autrefois le bain turc et on l’écrit avec un seul « m »
en turc : hamam.
Le hammam est divisé en deux parties : l'une pour les femmes, l'autre
pour les hommes ; sinon, des horaires différents sont pratiqués pour les
femmes et les hommes. On ne se dévêt pas totalement, même au hammam. Les femmes
apportent leur peştemal, un tissu qu'elles nouent autour de la taille.
Les touristes peuvent s'en procurer à l'entrée.
On se déshabille dans une première salle, où l’on peut s’allonger sur des matelas
pour boire du thé. La pièce suivante est surmontée d'une coupole, dont les alvéoles
laissent passer la lumière. On s’y lave avec un savon et l'on s’y frotte au
gant de crin, au pied de petites fontaines murales dont on recueille l'eau dans
des cuvettes. Puis on va s'asseoir sur l'estrade centrale, en marbre, chauffée
par en dessous. Enfin, on se plonge dans l'étuve, une salle sans aucune ventilation,
dont on ressort avec une peau de bébé.
Le massage est énergique. Dans la partie féminine, c'est une femme qui viendra
vous frotter.
Dans la plupart des hammams, il y a des vestiaires individuels fermant à clé.
Narghilé
Très répandu dans l'Empire ottoman, le narghilé est toujours très à la mode
à Istanbul.
Fumer une pipe de narghilé prend une ou deux heures. Le préposé au tabac prépare
un mélange qu'il roule dans une large feuille de tabac mouillé (tömbeki).
Il sort un embout, désinfecté à l'eau bouillante, et le tuyau qui va permettre
de refroidir la fumée en la faisant circuler à travers la carafe d'eau. Puis
il passe d'une table à l'autre en apportant des morceaux de charbon de bois
incandescent qu'il pose sur les cylindres de tabac. Un narghilé se doit d'être
régulièrement rallumé. Quand la gorge est trop desséchée, on boit du thé ou
du tilleul dans des petits verres. L'esprit s'engourdit gentiment.
Sortir la nuit
Les boîtes, de façon générale, sont plus chères qu'en Europe et elles sont pleines en fin de semaine. Difficile de les manquer, vu leur niveau sonore...
La jeunesse stambouliote fréquente des quartiers fort différents selon le niveau de vie. Les plus argentés passent leurs nuits sur le Bosphore, surtout du côté d'Ortaköy, Arnavutköy et Kuruçeşme. En hiver, plutôt à Etiler et Levent, quartiers modernes. Dans ces endroits, il faudra avoir une tenue correcte et arriver en nombre égal de garçons et de filles. Les classes moyennes préfèrent Beyoğlu : Tünel, Cihangir et Taksim, mais surtout Galatasaray.
Autour de ces établissements gravitent de nombreux büfe ouverts 24 h/24, où l'on pourra se caler l'estomac en pleine nuit. Les jeunes et moins jeunes des classes populaires sortiront du côté d'Aksaray, de Sirkeci et quelquefois à Beyoğlu (Tarlabaşı). C'est là que fleurissent de nombreux cabarets.
Certains touristes continuent d'être la proie des rabatteurs qui les abordent en français.
Autre genre uniquement touristique, la danse du ventre, spécialité arabe et non turque.
Comme partout, le phénomène de mode fera que certains endroits conseillés pourront être désertés, ou même fermés, lors de votre passage. Il faut aussi tenir compte de la saison, Istanbul étant plus calme en juillet et août que le reste de l'année.
La brochure mensuelle Time Out Istanbul, avec son supplément en anglais, donne toutes les informations sur les concerts.
L'heure est toujours au métissage des musiques arabe et turque.
On apprécie le jazz à Istanbul, et chaque année, pendant la 1re quinzaine de juillet, se déroule le Festival international de jazz (Istanbul Uluslararası Caz Festivalı), dont l'affiche est toujours prestigieuse. Les places sont difficiles à obtenir.
Architecture et urbanisme
La population stambouliote est estimée à environ 12 millions d'habitants,
contre 1 million seulement en 1960. Istanbul est une ville qui explose.
Chaque année, Istanbul connaît une immigration de 400 000 personnes,
principalement des paysans d'Anatolie qui viennent y chercher l'espoir d'une
vie meilleure.
Ces dernières années, de grands travaux ont été entrepris. Le vieux pont de
Galata (Eski Galata Köprüsü) enjambant la Corne d'Or, a été remplacé
par le nouveau pont de Galata (Yeni Galata Köprüsü), mieux adapté à la
circulation démente. Les rives de la Corne d'Or et de la mer de Marmara ont
été aménagées en espaces verts.
La ville souffre cependant d'un urbanisme sauvage. Elle en paie le prix :
beaucoup de jolies maisons traditionnelles, avec encorbellement de bois, disparaissent
pour laisser place à des constructions modernes.
Les trésors ne manquent pas : les façades Art nouveau de l'avenue
de l'Indépendance (İstiklâl Caddesi) à Taksim ; l'enfilade
du palais de Topkapı, de l'église Sainte-Sophie et de la mosquée Bleue
depuis le pont de Galata ; le rouge du Bosphore sous la lumière du couchant,
le bleu des faïences de la mosquée de Rüstem Paşa…
Fêtes et jours fériés
La plupart des fêtes, d'origine religieuse, suivent le calendrier lunaire musulman
de 354 jours et… 9 h, soit un décalage de 11 jours par rapport
à notre calendrier solaire, dont le modèle est appliqué dans la vie de tous
les jours depuis Atatürk. Le mot bayram, qui désignait à l'origine une
fête religieuse, est employé depuis la fondation de la République turque pour
tout type de fête, religieuse ou laïque.
- Tous les ans, la fin du ramadan se célèbre dignement par une fête
du Sucre (Şeker Bayramı) qui dure 3 jours. La
coutume veut qu'on s'habille de neuf. À l'aube du premier jour de la fête,
les hommes vont à la mosquée, pendant que les femmes sont aux fourneaux à préparer
des baklava. Puis on va chez des amis et parents plus âgés pour échanger
des vœux, des sucreries, des loukoums, et on se souhaite longue vie.
- Soixante-dix jours après, a lieu la fête la plus importante pour les
musulmans : la fête du Sacrifice (Kurban Bayramı)
ou fête du Mouton. Elle commémore le sacrifice d'Abraham qui,
s'apprêtant à offrir son fils à Dieu, vit s'approcher de lui à l'ultime minute
un bélier « envoyé du ciel », ce qui lui permit d'épargner son fils.
Les moutons sont égorgés le jour de la fête, au retour de la mosquée. Après
le sacrifice, on mange l’animal. Les restes sont distribués aux plus
démunis… ou aux voisins.
ATTENTION : tout est fermé ou fonctionne vraiment au ralenti
durant 4 jours, voire une semaine, même les banques.
Également de très nombreuses fêtes traditionnelles ou laïques qui
ponctuent la vie du pays et deviennent des jours fériés :
- 1er janvier (yılbaşı) : Atatürk
ayant adopté le calendrier romain.
- 23 avril : fête de la Souveraineté nationale et des enfants
pour commémorer la constitution du gouvernement d'Ankara en 1920.
- 19 mai : fête de la Jeunesse et du Sport, ainsi
que commémoration de l'Appel à la défense de l'unité nationale, par Atatürk,
à Samsun, le 19 mai 1919. Nombreuses parades.
- 30 août : fête de la Victoire (Zafer Bayramı).
Celle des Turcs sur les Grecs en 1922.
- 29 octobre : fête de la République (Cumhuriyet Bayramı),
proclamée en 1923.
Fêtes du calendrier musulman
Selon la lune, décalage de 1 ou 2 jours possible.
- Ramazan (« ramadan ») : le 2 septembre 2008 et le 22 août 2009 .
- Şeker Bayramı : marque la fin du ramadan, le 2 octobre
2008 et le 21 septembre 2009.
- Kurban Bayramı : c'est la fête du Sacrifice, le 9 décembre 2008 et le 28 novembre 2009.
Festivals
Des festivals internationaux sont organisés annuellement à Istanbul, avec des
grandes vedettes à l'affiche. Se renseigner auprès des offices de tourisme pour
les dates exactes et les programmes.
Festivals de cinéma
- IF (festival international du film indépendant) : première quinzaine de février.
- Uluslararası İstanbul Film Festivall (festival
international du film d'Istanbul) : première quinzaine d'avril.
- Film Ekimi (festival du film d'octobre) : deuxième quinzaine d'octobre.
Festivals de musique
- Festival de musique classique : en juin.
- Festival international de jazz : première quinzaine de juillet.
Autres festivals
- Festival international de danse : avril-mai.
- Biennale d'art contemporain : septembre-octobre (années impaires).
- Marathon d'Istanbul : en octobre. Se targue d'être le seul à vous faire courir d'un continent à l'autre. À cette
occasion, le pont du Bosphore est coupé à la circulation pour laisser traverser
les coureurs : www.istanbulmarathon.org.