Les moai, ces mystérieuses statues
Les moai sont ces mystérieuses statues dont les plus anciennes semblent avoir été taillées dès les environs de l'an 800. On en recense actuellement près de 900 sur l'île (887, très précisément). On pense que certaines pourraient encore être enterrées : le nombre total de moai approcherait alors peut-être le millier.
Élevées pour la plupart en bord de mer, les yeux tournés vers l'intérieur, ces statues personnifiaient les ancêtres fondateurs de chaque clan, protégeaient leurs descendants et transmettaient le mana. Objet d'un culte fervent, chacune avait un nom. Un prestige certain s'attachait à leur réalisation, et il semble que les différentes tribus de l'île soient entrées en compétition de plus en plus féroce pour produire les plus grands et les plus beaux moai.
Sculptés à 95 % dans le tuf volcanique du Rano Raraku, ils peuvent peser jusqu’à 74 tonnes. Cette démesure a provoqué les
fantasmes des archéologues et ethnologues :
comment les Pascuans réussirent-ils à parcourir tant de kilomètres (jusqu’à 20) avec, à l’époque, des moyens techniques aussi rudimentaires ?
Plusieurs techniques ont été avancées. L'une des plus probables : faire glisser les moai, couchés sur un traîneau en forme de radeau, sur des rondins - ou tirer directement le traîneau.
Autre hypothèse retenue : le moai était debout et on le faisait pivoter centimètre par centimètre à l'aide de cordes et, peut-être, d'armatures en bois. Il suffisait ensuite d'être animé d'un enthousiasme inébranlable, à une époque où la notion du temps n'était pas la même qu'aujourd'hui, et, surtout, d'arriver à une parfaite coordination des efforts. La tradition orale rapporte que les moai se dirigeaient parfois à pied vers leur ahu grâce au mana, leur puissance spirituelle...
Certains moai portent sur la tête une sorte de chapeau rond de pierre rouge à l'aspect de scorie, le pukao, extrait de la carrière Puna Pau (près de Hanga Roa).
Autre signe particulier : les moai avaient, semble-t-il, des yeux de corail pour représenter le « visage vivant » d'un ancêtre particulier, qui pouvait ainsi projeter son mana sur ses descendants et leur territoire. Ils étaient encastrés dans leurs grands orbites, taillés une fois seulement que le moai avait atteint l'ahu désigné.
Aujourd’hui, ces célèbres monolithes sont quasiment devenus un cliché
universel.
Les ahus
Les ahu sont les plates-formes cérémonielles qui supportaient les moai. Construites pour la plupart dans l'axe de la mer, elles variaient en formes et matériaux suivant les époques, les clans, le nombre de leurs membres, etc. Les plus grandes, qui pouvaient être fort complexes, datent de la période de l'apogée, entre le XIIe et le XVIIe siècle.
La plupart des ahu furent démolis par les guerres, les raz-de-marée, etc. Certains furent remontés de façon rudimentaire, d'autres construits déjà à la période de la décadence. Centres religieux et sociaux du clan, ces plates-formes abritaient des chambres funéraires où étaient entreposés les ossements. Les cadavres étaient exposés longtemps sur la côte.