Pourquoi avoir choisi d’appeler
le cœur du bassin parisien « Île-de-France » ? France, en référence
au « pays de France » fondé par Clovis, c’est-à-dire la terre des
Francs. Île, probablement en raison des nombreux fleuves et rivières qui l’irriguent,
dont la Seine, l’Oise, la Marne et le Loing, qui semblent l’encadrer.
Si l’Île-de-France
ne fut pas réellement considérée comme une province par le passé, son destin
étant lié à celui de Paris ou du royaume de France dans son ensemble, les textes
anciens révèlent qu’elle était considérée comme une région spécifique dès le
XIIe siècle. Ses frontières étaient alors proches de celles
de la région administrative actuelle. Mais commençons par le début.
Des sites comme Pincevent (en Seine-et-Marne) ou Étiolles (dans l'Essonne) attestent que l’Île-de-France est sillonnée par des chasseurs nomades dès la fin du paléolithique, vers 13 000 avant J.-C. Ils se sédentarisent sur les bords de Seine au Ve millénaire, développent l’agriculture et érigent, allez savoir pourquoi, de mystérieux menhirs et dolmens en Brie.
Lorsque Jules César arrive en Île-de-France,
en 52 avant J.-C., il débarque dans un joyeux bazar. La région est
occupée par différents peuples celtes qui cohabitent sans véritable union :
les Silvanectes autour de Senlis, les Meldes de part et d’autre de la Marne,
à hauteur de Meaux, les Véliocasses dans le Vexin français (à Brivisara, future
Pontoise), les Carnutes de la Seine à la Juine, les Senons dans la Brie française,
le Gâtinais et au nord de la Bourgogne, tandis que les Parisii squattent une
île de la Seine où ils fondent Lutèce.
Jules César a vite fait de soumettre tout ce
beau monde, et l’occupation romaine marque le début de la prospérité pour la
région. On construit des routes, pratique le commerce fluvial sur la Seine,
dynamise la culture et l’élevage. Arrive là-dessus, vers 250 après J.-C.,
saint Denis, premier évêque de Paris, qui évangélise la région.
La domination romaine prend fin avec la victoire de Clovis à Soissons, en 486. Celui-ci étend alors son royaume au sud du bassin de la Seine et fait de Paris sa capitale. Forte de sa nouvelle position dominante, l’Île-de-France se couvre d’importants complexes religieux : abbayes de Saint-Denis et de Sainte-Geneviève, monastère de Jouarre... Une période lumineuse qui se ternit un peu sous le règne des Carolingiens, Charlemagne préférant son fief d’Aix-la-Chapelle à l’ancienne capitale du royaume des Francs.
L’Île-de-France revient au centre
du domaine royal sous les Capétiens, à la fin du millénaire. Mais les temps
ne sont pas à la fête, les Vikings ayant entrepris leurs virées crapuleuses
le long de la vallée de la Seine, et atteignant parfois Paris.
Le traité de
Saint-Clair-sur-Epte (911) leur offre la Normandie, et crée par la même occasion
une première frontière occidentale pour l’Île-de-France. Elle se matérialise
par les fortifications défensives qu’on érige à Étampes, Mantes ou encore La
Roche-Guyon.
Les premiers siècles du second millénaire se caractérisent par une période assez prospère, en particulier sous les règnes de Philippe-Auguste (1180-1223) et de Saint-Louis (1226-1270). L’Île-de-France est alors densément peuplée et pratique de riches cultures céréalières, tandis que les coteaux de la Marne et de la Seine sont plantés de vignobles.
En 1137, l’abbé Suger initie à Saint-Denis une véritable petite révolution. En agrandissant l’ancienne basilique mérovingienne, il pose les jalons de l’architecture gothique, bientôt reprise et affinée dans de somptueuses cathédrales en Île-de-France : Chartres, Meaux, Mantes, Poissy... Tandis que les Cisterciens édifient d’importantes abbayes à Royaumont et Maubuisson.
À partir de 1337, la guerre de Cent Ans inaugure une longue période de troubles, de violences, de pillages et, comme si ça ne suffisait pas, d’épidémies (grande peste de 1348). Paris est la cible de toutes les attaques, mais, forteresse imprenable, elle déverse ses ennemis frustrés sur les campagnes environnantes. La guerre de Cent ans oubliée, c’est au tour des guerres de Religion (1562-1598), puis de la Fronde (1648-1652) de mettre la région à feu et à sang.
Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), Paris
se voit voler la vedette. Le Roi Soleil ayant décidé d’ériger un somptueux château
sur son terrain de chasse de Versailles, et de délaisser la résidence royale
de Saint-Germain-en-Laye, il déménage du même coup toute sa cour et fait de
Versailles, ancien terrain marécageux et inhospitalier, une ville vers laquelle
se déplace le centre de gravité du royaume.
Paris reste la capitale administrative,
mais en réalité, c’est à Versailles que tout se passe. C’est d’ailleurs là que
se tiennent les États généraux en 1789, ceux-là même qui déclenchent la
Révolution française.
Le tournant du XIXe siècle
annonce une ère de changements en profondeur pour l’Île-de-France. La région
est divisée en trois unités administratives : les départements de la Seine
(correspondant à Paris et sa périphérie), de la Seine-et-Marne et de la Seine-et-Oise.
Mais les mutations les plus spectaculaires sont induites par la Révolution industrielle,
qui change véritablement le visage de la région. L’installation d’usines en
périphérie de Paris et le développement du chemin de fer, qui rapproche la capitale
des villes voisines, entraînent la formation de banlieues ouvrières où convergent
les Franciliens.
L’exode rural et la démographie galopante entretiennent ce
phénomène de remplissage des banlieues, dont le bétonnage s’accélère encore
au XXe siècle. Les communes excentrées conservent quant à elles
un aspect rural, cependant menacé par l’extension de l’urbanisation de la périphérie
de Paris. De cités ouvrières en cités-dortoirs, il n’y a que quelques dizaines
de kilomètres. Des millions de Franciliens font désormais chaque jour le trajet entre leur domicile et leur travail à Paris, à La Défense
ou dans d’autres communes limitrophes.
Depuis la loi du 10 juillet 1964, l’Île-de-France
est divisée en 8 départements. Selon le décret d'application, cette loi est entrée en vigueur le 1er janvier 1968.
La ville de Paris est devenue un département à part entière. Le département de Seine a été scindé en départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, tandis que le département de Seine-et-Oise est scindé en départements des Yvelines, du Val-d'Oise et de l'Essonne.
L’Île-de-France a obtenu le statut de région administrative
en 1976.
Partir en Île-de-France
Avis sur les hôtels Île-de-France |
||||