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![]() Ile de FranceUn peu d’histoirePourquoi diantre avoir choisi d’appeler
le cœur du bassin parisien « Île-de-France » ? France, en référence
au « pays de France » fondé par Clovis, c’est-à-dire la terre des
Francs. Île, probablement en raison des nombreux fleuves et rivières qui l’irriguent,
dont la Seine, l’Oise, la Marne et le Loing, qui semblent l’encadrer. Des sites comme Pincevent (en Seine-et-Marne) ou Étiolles (dans l'Essonne) attestent que l’Île-de-France est sillonnée par des chasseurs nomades dès la fin du paléolithique, vers 13 000 avant J.-C. Ils se sédentarisent sur les bords de Seine au Ve millénaire, développent l’agriculture et érigent, allez savoir pourquoi, de mystérieux menhirs et dolmens en Brie. Lorsque Jules César arrive en Île-de-France,
en 52 avant J.-C., il débarque dans un joyeux bazar. La région est
occupée par différents peuples celtes qui cohabitent sans véritable union :
les Silvanectes autour de Senlis, les Meldes de part et d’autre de la Marne,
à hauteur de Meaux, les Véliocasses dans le Vexin français (à Brivisara, future
Pontoise), les Carnutes de la Seine à la Juine, les Senons dans la Brie française,
le Gâtinais et au nord de la Bourgogne, tandis que les Parisii squattent une
île de la Seine où ils fondent Lutèce. La domination romaine prend fin avec la victoire de Clovis à Soissons, en 486. Celui-ci étend alors son royaume au sud du bassin de la Seine et fait de Paris sa capitale. Forte de sa nouvelle position dominante, l’Île-de-France se couvre d’importants complexes religieux : abbayes de Saint-Denis et de Sainte-Geneviève, monastère de Jouarre... Une période lumineuse qui se ternit un peu sous le règne des Carolingiens, Charlemagne préférant son fief d’Aix-la-Chapelle à l’ancienne capitale du royaume des Francs. L’Île-de-France revient au centre
du domaine royal sous les Capétiens, à la fin du millénaire. Mais les temps
ne sont pas à la fête, les Vikings ayant entrepris leurs virées crapuleuses
le long de la vallée de la Seine, et atteignant parfois Paris. Les premiers siècles du second millénaire se caractérisent par une période assez prospère, en particulier sous les règnes de Philippe-Auguste (1180-1223) et de Saint-Louis (1226-1270). L’Île-de-France est alors densément peuplée et pratique de riches cultures céréalières, tandis que les coteaux de la Marne et de la Seine sont plantés de vignobles. En 1137, l’abbé Suger initie à Saint-Denis une véritable petite révolution. En agrandissant l’ancienne basilique mérovingienne, il pose les jalons de l’architecture gothique, bientôt reprise et affinée dans de somptueuses cathédrales en Île-de-France : Chartres, Meaux, Mantes, Poissy... Tandis que les Cisterciens édifient d’importantes abbayes à Royaumont et Maubuisson. À partir de 1337, la guerre de Cent Ans inaugure une longue période de troubles, de violences, de pillages et, comme si ça ne suffisait pas, d’épidémies (Grande peste de 1348). Paris est la cible de toutes les attaques, mais, forteresse imprenable, elle déverse ses ennemis frustrés sur les campagnes environnantes. La guerre de Cent ans oubliée, c’est au tour des guerres de Religion (1562-1598), puis de la Fronde (1648-1652) de mettre la région à feu et à sang. Retour à quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes. Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), Paris se voit voler la vedette. Le Roi Soleil ayant décidé d’ériger un somptueux château sur son terrain de chasse de Versailles, et de délaisser la résidence royale de Saint-Germain-en-Laye, il déménage du même coup toute sa cour et fait de Versailles, ancien terrain marécageux et inhospitalier, une ville vers laquelle se déplace le centre de gravité du royaume. Paris reste la capitale administrative, mais en réalité, c’est à Versailles que tout se passe. C’est d’ailleurs là que se tiennent les États généraux en 1789, ceux-là même qui déclenchent la Révolution française. Le tournant du XIXe siècle
annonce une ère de changements en profondeur pour l’Île-de-France. La région
est divisée en trois unités administratives : les départements de la Seine
(correspondant à Paris et sa périphérie), de la Seine-et-Marne et de la Seine-et-Oise.
Depuis la loi de 1964, l’Île-de-France est divisée en huit départements. La ville de Paris en est un à part entière, tandis que sa périphérie et le département de la Seine-et-Oise ont été scindés pour donner naissance à la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, l’Essonne, les Yvelines et le Val d’Oise. La Seine-et-Marne occupe la partie orientale de l’Île-de-France, qui a elle-même obtenu le statut de région administrative en 1976. |
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