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Traditions Hongrie

Savoir-vivre et coutumes

Le folklore

En Hongrie, à la ville comme à la campagne, on ne perd jamais une occasion de faire la fête. Les Hongrois aiment la « grande musique » (rappelons que Franz Liszt était hongrois) ; vous aurez donc l'occasion d'assister à de nombreux concerts et festivals. Mais ils aiment aussi la musique populaire, ce qui offre la possibilité de voir et d'apprécier de nombreux groupes folkloriques (musique et danse), et surtout des ensembles tziganes, dans les auberges.
Si vous allez dans la Puszta, les bergers se feront un plaisir de vous faire des démonstrations équestres, habillés pour l'occasion comme dans les temps anciens.
Les costumes brodés, si caractéristiques, ne servent plus que lors de certaines fêtes et pour le tourisme.

Ne ratez surtout pas, si vous en avez l'occasion, un concert de musique klezmer, la musique folklorique de la communauté juive d'Europe de l'Est, superbe.

Les bains thermaux

Une véritable institution en Hongrie ! Réputés pour leurs bienfaits curatifs autant que pour leurs pouvoirs relaxants, les bains sont considérés par les médecins hongrois comme une réponse à un besoin thérapeutique. Souvent aménagés dans un cadre somptueux, ils sont alimentés par des sources chaudes naturelles déjà découvertes au temps des Romains. Les Turcs, ensuite, les ont agrémentés avec des bassins.

Parmi les plus célèbres, on peut citer les bains Széchenyi, Gellért et Rudas à Budapest.

Population

Ils se disent hongrois (en fait, magyar), c'est-à-dire ni slaves ni germains. Mais l'Histoire les a mélangés aux autres populations qui cohabitaient sur ce petit territoire : Souabes, Tchèques, Slovaques, Croates, Russes... Bref, être hongrois est plus une affaire de sentiment qu'une histoire de sang.
La langue hongroise possède un mot intraduisible : honfibú, sorte d'équivalent de « chagrin patriotique », qui apparaît souvent en poésie. Eh oui, ils sont patriotes ! Tout Hongrois qui se respecte a sur ses étagères un livre sur la Transylvanie, cette « patrie perdue » après le traité du Trianon de 1920, aujourd'hui en Roumanie.

Il existe plusieurs minorités ethniques (la plus importante est celle des Tziganes ou Roms), le plus souvent bilingues, représentant environ 10 % de la population : Tziganes, Allemands, Slovaques, Croates, Roumains, Polonais, Ruthènes, Serbes, Slovènes et Bulgares.

Les minorités répertoriées bénéficient toutes de représentations nationales et locales, et du droit à l'éducation dans leur langue d'origine. Le cas des Roms est un peu particulier, avec seulement 70 % des enfants qui fréquentent l'école primaire - et 35 % le secondaire.
Radio, télé et journaux existent dans toutes les langues minoritaires.

La problématique des Roms

Avec une population de 10 millions d'âmes, les Roms, aussi appelés Romanichels, Tziganes, Manouches ou « gens du voyage », constituent la première et la plus ancienne minorité ethnique d'Europe. Originaires du Rajasthan (en Inde), ils seraient arrivés en Europe centrale dès le XIIe siècle. Malgré une histoire centenaire, ils restent encore largement méconnus (sauf pour leur musique) et victimes de l'hostilité des populations locales, les non-Roms, qu'ils nomment eux-mêmes « gadjé ».

Au total, 6,5 millions d’entre eux vivent dans les pays d’Europe centrale et orientale. La question de l'intégration ou de l'exclusion des Roms est devenue d'une actualité brûlante pour l'Union européenne, tenue à son objectif de société démocratique. Si les Roms ont longtemps pu rester nomades, au XXe siècle, la confrontation de leur mode de vie à la modernité s'est peu à peu transformée en exclusion.

Leur situation économique est déplorable dans tout le bassin des Carpates. La population des Roms en Hongrie est estimée à 450 000 individus (7 % de la population). Cependant, entre 60 et 80 % d’entre eux en âge de travailler seraient sans emploi tandis que 80 % n’auraient aucune qualification. Il faut aussi pointer les problèmes sanitaires et d’hygiène qui marquent encore plus la fracture avec la société autochtone, déjà préoccupée par ses propres problèmes et souvent indifférente aux populations marginalisées.

Dans le même temps, les Roms, enclins à un communautarisme avéré, entretenu notamment à travers la langue ou certaines orientations confessionnelles, refusant le mariage mixte et jusqu’aux systèmes d’éducation qu’on leur impose, renforcent ce sentiment d’isolement. La question des Roms est d’autant plus délicate que parmi eux certains se sont sédentarisés.
Malgré tout, une partie d’entre eux prône l’intégration. Mais la question reste entière. Comment concevoir la reconnaissance d’une minorité nationale et d’une nation sans territoire ? Comment conjuguer modernité et tradition, intégration et autonomie, dans un cadre national et transnational ?

Dans le même temps, la tension monte. Des milices d’autodéfense pour « protéger les juifs et les tziganes » s’organisent pour contrer les milices d’extrême droite. Car la Hongrie a été le théâtre de crimes racistes.

Enfin, à ne surtout pas manquer pour comprendre le long voyage des tziganes : Latcho Drom, le film remarquable de Tony Gatlif (sortie 1993) qui retrace l’épopée du peuple tzigane à travers sa musique et sa danse, du désert du Rajasthan aux villes andalouses en passant, bien évidemment, par l’Europe centrale et les Balkans.

Pour mieux comprendre la différence entre Roms, gitans, manouches et Tziganes, lire notre dossier Mag « Gitans, manouches et tziganes ».




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