- Superficie : 16 638 km² de terres émergées, dont 10 461 km² pour la seule Grande Ile d’Hawaii (ou Hawai’i selon la graphie hawaïenne). Les 8 îles principales couvrent en tout 95 % de la superficie de l’archipel. Elles forment quatre comtés.
- Population : environ 1 275 000 habitants, dont plus de 70 % habitent l’île d’O’ahu (où se trouve Honolulu). La densité de population de cette dernière est très élevée (environ 570 hab/km²). Six autres îles sont habitées, dont la petite Ni’ihau, privée et interdite d’accès. Ses habitants (210) sont exclusivement Hawaïens - exception faite des propriétaires, la famille... Robinson !
- Capitale : Honolulu, sur l’île d’O’ahu, regroupe environ 400 000 habitants - et près du double si l’on inclut son agglomération.
- Ethnies : la proportion de Hawaïens vivant à Hawaii est variable selon les statistiques (et les enjeux politiques...). On considère qu’ils sont a minima 9 % et plutôt 20-21 % si l’on prend en considération tous ceux qui ont du sang hawaïen, sans pour autant qu’il constitue leur groupe culturel dominant. Véritable melting-pot, Hawaii a connu un métissage intense. Un cinquième de ses habitants ne sont pas en mesure de trancher entre leurs différentes origines ! Les autres se déclarent à 41,5 % d’ascendance asiatique (Japonais, Chinois, Philippins surtout) et 26,8 % Blancs. Autant dire que les Hawaïens sont devenus largement minoritaires chez eux.
- Régime : démocratie parlementaire. Hawaii est le 50e État des États-Unis depuis le référendum tenu en 1959. Seuls les citoyens américains résidant depuis au moins un an sur place furent autorisés à voter, ce qui exclut nombre d’immigrants asiatiques installés de longue date. Le chiffre élevé de « yes » (90 %) le rend néanmoins indiscutable.
- Chef de l’État : Barack Obama, né à Honolulu le 4 août 1961. Il y a passé toute son enfance, à l’exception de quatre années en Indonésie.
- Gouvernement local : le gouverneur d’Hawaii dispose de pouvoirs relativement plus étendus que ses confrères continentaux, ce qui fait surnommer la titulaire actuelle du poste « la reine Linda » – Linda Lingle, la première républicaine en charge des affaires depuis 1962... Hawaii est représenté au Congrès par les sénateurs démocrates Daniel Inouye et Daniel Akaka – le premier politicien d’origine hawaïenne à occuper ce poste.
- Souveraineté : près de la moitié de la population de l’archipel, toutes origines confondues, soutient aujourd’hui cette idée – à commencer par ses principaux représentants. Le sénateur Akaka a présenté devant le Congrès une résolution qui aboutirait à la création d’une entité politique inspirée des réserves amérindiennes d’Alaska et de l’Ouest américain. Elle bénéficierait de la restitution de quelque 8 000 km2, regroupant anciennes terres de la Couronne, du gouvernement et Hawaiian Homelands – des terres a priori réservées aux Hawaïens mais victimes, dans la pratique, d’innombrables magouilles. Une sorte de nation dans la nation, donc, qui serait libre d’agir à sa guise pour les questions d’ordre local, mais resterait subordonnée au gouvernement fédéral pour les grands axes.
Le projet, très avancé, s’est heurté au conservatisme du gouvernement Bush. Le texte original a même dû être amendé pour interdire aux Hawaïens d’ouvrir des casinos ! Tous espèrent désormais que l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche permettra d’officialiser la souveraineté.
Économie
Colonisé pour ses terres, l’archipel n’a longtemps vécu que pour la culture de la canne à sucre, à l’origine du premier boom économique des années 1870, puis pour celle de l’ananas à partir des années 1900. C’est à cette période que James Dole, inventeur d’une machine à conditionner le fruit, acquit l’île de Lana’i pour en faire la plus grande plantation au monde ! Plusieurs générations durant, Hawaii vécut sous la botte des Big Five, cinq grands groupes économiques américains possédant 60 % des terres privées... C’est sous leur coupe que les îles se peuplèrent d’immigrants asiatiques, main d’œuvre servile et bon marché.
La chute des cours du sucre dans les années 1960-70, conséquence d’une surproduction mondiale, et le renchérissement du coût de la vie, les a poussés à diversifier leurs investissements, favorisant largement le développement du tourisme. C’est aujourd’hui le premier pourvoyeur de dollars de l’État aux côtés de l’armée - la base de Pearl Harbour et ses dépendances, occupant le quart de l’île d’O’ahu, forment la plus grande base militaire américaine.
L’agriculture ne représente plus que 2 % du PIB hawaïen malgré quelques succès dans des domaines spécifiques (café, noix de macadamia, fruits tropicaux).