Géographie
Du vert et encore du vert... La Guyane, terre française sur le continent sud-américain,
s’intègre dans le plateau des Guyanes qui s’étend de l’Orénoque à l’Amazone
(du sud du Venezuela au nord-est du Brésil). Ses frontières sont délimitées,
à l’ouest par le fleuve Maroni, à l’est par l’Oyapock, et au sud par les monts
Tumuc-Humac. 90 % du territoire est occupé par la forêt tropicale primaire,
c’est-à-dire non exploitée par l’homme.
La bande littorale, qui rassemble l’essentiel de la population et des grandes
villes (Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni), s’étend sur 300 km de
côtes atlantiques. Le courant des Guyanes qui longe celles-ci, charriant les
alluvions amazoniennes, donne à l’eau de mer sa couleur brunâtre et envase les
côtes. Des bancs de boue, sous l’action du courant, se déposent et s’éloignent
de manière cyclique. Les plages ne sont fréquentables qu’à marée haute, la vase
les rendant dangereuses autrement. Pour trouver un coin de mer bleue, il faudra
voguer jusqu’aux Îles du Salut, situées au-delà du courant des Guyanes !
Les seules voies de pénétration de la forêt sont les nombreux fleuves et rivières
(appelées « criques ») qui la zèbrent. On ne les remonte qu’en pirogue,
la faute aux nombreux « sauts » (rapides) à franchir. Les deux plus
importants, le Maroni et l’Oyapock, s’allongent respectivement sur 680 et
370 km.
Climat
Le climat est équatorial. Toute l’année, la température reste constante (en moyenne 26 °C), et il
fait jour d’environ 6 h 15 à 18 h 30. Le rythme des saisons
n’est donc marqué, dans cette région équatoriale, que par les pluies.
La saison sèche s'étend de mi-juillet à décembre et au mois de mars. En janvier et février, le soleil et les averses tropicales se disputent la place. La saison pluvieuse s'étend d'avril à mi-juillet.
Sur le littoral, la chaleur humide est tempérée par les alizés ; elle est
plus intense en forêt, mais les nuits y sont fraîches et moites : pas la
peine d’espérer faire sécher ses affaires, elles risquent d’être encore plus
trempées au petit matin ! À noter : il n’y a jamais de cyclone en
Guyane.
Quand y aller ?
Le moment le plus agréable est celui de la saison
sèche, d’août à mi-décembre. Mais en janvier-février, il y a aussi le carnaval,
même s’il se tient en plein dans la « petite saison des pluies » !
Celle-ci se caractérise par l’alternance entre beau temps et averses (en règle
générale, en fin de journée et le soir), tandis que pendant la vraie saison
des pluies, d’avril à mi-juillet, les niveaux de pluviométrie sont beaucoup
plus importants. La « petite » et la « grosse » saison des
pluies sont cependant séparées par un « petit été de mars », au cours
duquel le temps redevient sec.
Le Parc naturel régional
Parallèlement aux différentes réserves naturelles existantes en Guyane, le
Parc naturel régional a été créé en mars 2001. D’une superficie totale
de 6 998 km², il est séparé en deux zones distinctes :
- Au Nord-Ouest, sur le territoire des communes de Mana et
Awala/Yalimapo. Il s’agit ici de préserver l’écosystème du littoral,
sa mangrove, ses oiseaux, les tortues luths qui viennent y pondre leurs œufs
(la plage des Hattes est leur lieu de prédilection), etc. Les villages galibis
d’Awala et de Yalimapo peuvent également être visités.
- À l’Est, sur le territoire des communes de Roura et de
Régina/Kaw. Cette zone comprend les marais et la montagne de Kaw
(montagne Favard). Sur cette dernière, on a découvert des vestiges amérindiens
remontant à plus de 2 000 ans. Les marais hébergent de nombreux oiseaux,
ainsi que quatre espèces de caïmans : à lunettes, gris, rouges et noirs.
Ces caïmans sont parmi les rares qui subsistent en Amérique du Sud. Au milieu
des marais, le petit village de pêcheurs créoles de Kaw est accessible uniquement
en pirogue. Une Maison de la réserve, au design moderne tout en bois, y a été
ouverte en 2001 ; on y trouve des informations sur la réserve, sa
flore et sa faune.
La création d’un Parc national est en projet depuis
quelques années. S’il voit le jour, il se substituera à l’actuelle « zone
interdite », réservée aux populations amérindiennes, qui occupe le tiers
sud du département.
Faune
Les chiffres sont évocateurs : 190 espèces
de mammifères, plus de 700 d’oiseaux, 160 de reptiles, 110 d’amphibiens,
plus de 300 000 d’insectes... Et l’on découvre encore de nouvelles espèces !
- Parmi les mammifères, les plus redoutés ne sont pas forcément
les plus faciles à observer : jaguar, puma, ocelot. Il y a aussi les singes
(hurleurs, singes-araignées, tamarins...), tapirs (maïpouris »),
cochons-bois (pécaris), tatous, paresseux, biches, agoutis, cabiai, etc.
- Reptiles : serpents (boas, anacondas, serpents corail,
serpents jacots à la couleur vert émeraude...), caïmans (noirs, à lunettes...),
tortues terrestres ou marines (tortues luths), etc.
- Amphibiens : grenouilles (dendrobates, rainettes forgerons...),
crapauds (crapauds bœufs, crapauds feuilles...), etc.
- Insectes : moustiques, fourmis manioc, papillons (le
superbe morpho aux ailes bleues), etc.
- Araignées : les mygales, impressionnantes par leur taille,
sont rarement agressives.
- Oiseaux : ibis rouges, toucans, perroquets (aras...), hérons,
martins-pêcheurs, urubus, etc.
- Poissons : raies, piranhas (« pirayes »), aïmaras,
coumarous, requins, mérous, tarpons, etc.
L’inventaire est impressionnant, autant par le nombre
que par la nature des espèces, mais ne vous attendez pas à croiser un boa au
détour de chaque arbre : l’observation de la faune nécessite beaucoup d’attention,
et mieux encore, les conseils d’un guide expérimenté... Penser à prévoir une paire
de jumelles et, de nuit, une lampe frontale ou de poche.
Flore
Là encore, la diversité est de mise : on ne dénombre pas moins de 5 500 espèces
végétales, dont 1 300 essences d’arbres.
- Sur le littoral, la mangrove et ses palétuviers occupent les bancs de vase
instables, formés par les alluvions amazoniennes.
- Un peu plus avant dans les terres, les « pripris », ou savanes inondées,
forment des marais ornés de végétation aquatique.
- Au-delà, la savane sèche s’étend sur quelques kilomètres de largeur :
il y pousse des herbages et des arbrisseaux.
- La forêt regorge de milliers d’essences d’arbres (amarante, wacapou, acajou...)
et de plantes épiphytes (qui s’appuient sur ces derniers sans les parasiter) :
lianes, orchidées, etc. La végétation y est étagée, les plus hauts arbres pouvant
atteindre 40 m. L’atmosphère est constamment humide, mais, contrairement
aux idées reçues, on peut progresser dans les sous-bois sans trop de difficultés,
car la végétation est raréfiée au niveau du sol à cause de la faible lumière.