- Les Amérindiens ont besoin au quotidien d’objets de vannerie :
paniers, tamis, éventails ou encore couleuvres à manioc (long tube confectionné
à partir de la tige d’une plante, l’arouman, et utilisé pour filtrer le jus
toxique du manioc). Ils font également des arcs et des flèches,
des colliers de perles, des tissages, etc.
- Les femmes hmong brodent toujours des costumes traditionnels.
- Là où il y a orpaillage, il y a bijoux en or, bien sûr...
Ou bien on pourra simplement s’offrir une pépite.
- Les Bushinengés maîtrisent le travail artistique du bois :
pirogues et pagaies peintes, gravées ou incrustées
de clous ; bancs sculptés et gravés ; tambours ;
peignes. Chaque motif, abstrait, a une signification symbolique :
les entrelacs, récurrents, représentent, par exemple, la symbiose entre les
éléments de la nature, entre l’homme et la femme… Les femmes tissent et brodent
également.
Parmi les musiques traditionnelles de Guyane, notons celle des Amérindiens :
les Wayampis notamment, les jours de fête, tirent un son rauque et répétitif
d’un long tube de bambou, appelé clarinette tule, dans lequel
ils soufflent. Ils dansent en ligne, avançant lentement en frappant le sol d’un
talon, puis de l’autre... Le contraste avec les danses créoles est flagrant :
le kassé-kô, sur le rythme endiablé des tambours éponymes, est
perpétué notamment grâce au carnaval.
Aujourd’hui en Guyane, on écoute et danse beaucoup sur les musiques caribéennes :
zouk, biguine, salsa, reggae...
L’histoire de la Guyane, ponctuée de vagues d’immigration successives (colonisation, esclavage, transportation, etc.), a fait d’elle un territoire multiethnique. Fait notable : ici, la ségrégation raciale ne semble pas avoir de prise.
Les premiers occupants. Ils sont aujourd’hui environ 4 500, répartis en
six groupes. Le long du littoral, les Galibis et les Arawaks
de la région de Saint-Laurent-du-Maroni, ainsi que les Palikours
des environs de Saint-Georges vivent aux côtés du reste de la population et
se sont adaptés au mode de vie « occidental ».
Les autres, Émerillons, Wayanas et Wayampis
vivent au sud de la Guyane. Ce sont des populations semi-nomades, qui habitent
des carbets (grandes cases de bois) et cultivent des abattis, petites portions
de forêt sommairement défrichées et brûlées. Ils sont aussi chasseurs et pêcheurs.
Depuis 1970, l’accès à une zone d’environ 30 000 km²,
située approximativement au sud de l’axe Maripasoula-Camopi, est strictement
conditionné à l’obtention d’une autorisation préfectorale. Le but affirmé de
la création de cette « zone interdite » était
de protéger les Amérindiens de maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés,
et de les préserver d’une dénaturation de leur mode de vie. Préservation toute
relative, puisque ces citoyens français bénéficient de prestations sociales
(allocations, RMI) qui leur ont enseigné la valeur de l’argent...
Le statut
de la zone est aujourd’hui remis en cause, au nom des principes d’égalité des
citoyens et de libre circulation dans l’espace européen ! Sa transformation
en parc national est en projet, mais le sujet est sensible et contesté par des
associations de défense des peuples de la forêt.
On les appelle aussi les Bushinengés. Ce sont les descendants d’esclaves africains qui se sont enfuis, au XVIIIe siècle, des exploitations de Guyane hollandaise pour aller vivre dans la forêt (marron signifie « évadé »). Ils vivent essentiellement le long du fleuve Maroni, des côtés surinamien et français, même si nombre d’entre eux ont aujourd’hui gagné les villes du littoral. On distingue différents groupes : Bonis, Saramacas, Djukas, Paramacas. Parfaitement adaptés à la vie en forêt, ils sont également experts dans le maniement des pirogues (ils possèdent le quasi-monopole du canotage sur le Maroni) et sont réputés pour leur travail artisanal du bois (sculpture ou peinture).
Alors que le terme « créole » désigne communément les personnes d’ascendance européenne (et, par extension aux esclaves, africaine) nées dans les anciennes colonies, en Guyane, il s’applique plus généralement aux métisses. Les Créoles sont numériquement majoritaires (environ 40 % de la population) et ils occupent souvent les postes stratégiques ; nombre de personnalités locales sont, ou étaient, créoles (Félix Éboué, Léon Gontran Damas, Gaston Monnerville ou, plus récemment, Léon Bertrand). Le langage créole guyanais diffère légèrement de ceux parlés en Guadeloupe et en Martinique.
Les « métros », comme on les appelle, représentent à peu près 12 % de la population. Depuis les années soixante, beaucoup d’entre eux sont venus travailler temporairement au Centre spatial européen, ou bien se sont installés de manière définitive. Ils sont également fonctionnaires, agriculteurs ou ont créé des agences de voyages...
Chose surprenante, il existe une communauté hmong en Guyane ! En 1977, cinq cents de ces réfugiés laotiens ont été invités, à la faveur d’un programme de peuplement du département, à s’installer à une centaine de kilomètres de Cayenne, dans le village de Cacao (commune de Roura). Ils se sont rapidement adaptés à l’environnement naturel, peu différent du leur, et ont développé des cultures maraîchères productives, dont ils vendent le produit trois fois par semaine au marché de Cayenne. Aujourd’hui, Cacao compte un millier d’habitants, et son marché du dimanche attire de nombreux Cayennais qui viennent y passer le week-end. Il existe également une communauté hmong à Javouhey.
Pour compléter ce patchwork ethnique, il faut mentionner les immigrés des pays voisins, Surinam et Brésil ; les Asiatiques (Chinois, Vietnamiens, Hindous) ; les Haïtiens ; les Libanais...
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