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GuyaneCulturePopulation L’histoire de la Guyane, ponctuée de vagues d’immigration successives (colonisation, esclavage, transportation, etc.), a fait d’elle un territoire multiethnique. Fait notable : ici, la ségrégation raciale ne semble pas avoir de prise. Les Amérindiens Les premiers occupants. Ils sont aujourd’hui environ dix mille, répartis en
six groupes. Le long du littoral, les Galibis et les Arawaks
de la région de Saint-Laurent-du-Maroni, ainsi que les Palikours
des environs de Saint-Georges vivent aux côtés du reste de la population et
se sont adaptés au mode de vie « occidental ».
Les Noirs marrons On les appelle aussi les Bushinengés. Ce sont les descendants d’esclaves africains qui se sont enfuis, au XVIIIe siècle, des exploitations de Guyane hollandaise pour aller vivre dans la forêt (marron signifie « évadé »). Ils vivent essentiellement le long du fleuve Maroni, des côtés surinamien et français, même si nombre d’entre eux ont aujourd’hui gagné les villes du littoral. On distingue différents groupes : Bonis, Saramacas, Djukas, Paramacas. Parfaitement adaptés à la vie en forêt, ils sont également experts dans le maniement des pirogues (ils possèdent le quasi-monopole du canotage sur le Maroni) et sont réputés pour leur travail artisanal du bois (sculpture ou peinture). Les Créoles Alors que le terme « créole » désigne communément les personnes d’ascendance européenne (et, par extension aux esclaves, africaine) nées dans les anciennes colonies, en Guyane, il s’applique plus généralement aux métisses. Les Créoles sont numériquement majoritaires (environ 40 % de la population) et ils occupent souvent les postes stratégiques ; nombre de personnalités locales sont, ou étaient, créoles (Félix Éboué, Léon Gontran Damas, Gaston Monnerville ou, plus récemment, Léon Bertrand). Le langage créole guyanais diffère légèrement de ceux parlés en Guadeloupe et en Martinique. Les métropolitains Les « métros », comme on les appelle, représentent à peu près 12 % de la population. Depuis les années soixante, beaucoup d’entre eux sont venus travailler temporairement au Centre spatial européen, ou bien se sont installés de manière définitive. Ils sont également fonctionnaires, agriculteurs ou ont créé des agences de voyages... Les Hmong Chose surprenante, il existe une communauté hmong en Guyane ! En 1977, cinq cents de ces réfugiés laotiens ont été invités, à la faveur d’un programme de peuplement du département, à s’installer à une centaine de kilomètres de Cayenne, dans le village de Cacao (commune de Roura). Ils se sont rapidement adaptés à l’environnement naturel, peu différent du leur, et ont développé des cultures maraîchères productives, dont ils vendent le produit trois fois par semaine au marché de Cayenne. Aujourd’hui, Cacao compte un millier d’habitants, et son marché du dimanche attire de nombreux Cayennais qui viennent y passer le week-end. Il existe également une communauté hmong à Javouhey. Les autres populations Pour compléter ce patchwork ethnique, il faut mentionner les immigrés des pays voisins, Surinam et Brésil ; les Asiatiques (Chinois, Vietnamiens, Hindous) ; les Haïtiens ; les Libanais... Musique et danse Parmi les musiques traditionnelles de Guyane, notons celle des Amérindiens :
les Wayampis notamment, les jours de fête, tirent un son rauque et répétitif
d’un long tube de bambou, appelé clarinette tule, dans lequel
ils soufflent. Ils dansent en ligne, avançant lentement en frappant le sol d’un
talon, puis de l’autre... Le contraste avec les danses créoles est flagrant :
le kassé-kô, sur le rythme endiablé des tambours éponymes, est
perpétué notamment grâce au carnaval. Artisanat - Les Amérindiens ont besoin au quotidien d’objets de vannerie :
paniers, tamis, éventails ou encore couleuvres à manioc (long tube confectionné
à partir de la tige d’une plante, l’arouman, et utilisé pour filtrer le jus
toxique du manioc). Ils font également des arcs et des flèches,
des colliers de perles, des tissages, etc. Où acheter des œuvres d’artistes bushinengés ? Une association d’aide à l’insertion des Bushinengés, Libi Na Wan, qui signifie « mieux vivre ensemble », a ouvert un magasin dans le village Saramaca de Kourou. Toutes les œuvres exposées sont le fait d’artistes expérimentés, et uniques : elles sont assez onéreuses, mais la visite vaut au moins le coup d’œil. 2, rue de Cali, 97310 Kourou. Tél. : 05-94-22-37-48. Internet : perso.wanadoo.fr/libi.na.wan. E-mail : libinawan@wanadoo.fr. Musées - Musée local de la Guyane (musée départemental Alexandre-Franconie) : 1, avenue du
Général-de-Gaulle, 97300 Cayenne. Tél. : 05-94-30-89-31. Sur deux
étages d’une ancienne demeure coloniale, un inventaire du patrimoine de la Guyane
qui passe par des poteries amérindiennes, une maquette de Cayenne avant l’incendie
qui l’a détruite en 1888, une autre d’un chantier d’orpaillage, une série
de tableaux de Francis Lagrange, ancien forçat décrivant l’univers du bagne,
etc. On pourra également apprécier les spécimens de la faune locale conservés
dans du formol. |
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