Karaghiozis
Si vous tombez, par chance, sur un spectacle de théâtre d’ombres, appelé Karaghiozis
(Yeux noirs) du nom de son (anti-)héros, ne rebroussez
pas chemin, même si l'obstacle de la langue est un problème.
Ce spectacle populaire
est né en Chine, dit-on, et a traversé toute l’Asie jusqu’en Turquie,
où les
Grecs se le sont approprié (la première mention de ce spectacle en
Grèce remonte à 1841, à Nauplie), d'où un certain émoi lorsque la
Turquie a demandé, en juillet 2010, que Karaghiozis soit classé au
patrimoine mondial immatériel de l'humanité, pour la Turquie.
Les figurines articulées (en peau de veau transparent)
sont animées par un « montreur d’ombres » qui les fait bouger devant un écran
blanc éclairé (les spectacles sont le plus souvent nocturnes).
Karaghiozis est
un Grec toujours affamé, vivant misérablement dans sa cahute, avec une ribambelle
de gamins turbulents alors que le pacha (turc) a un sérail luxueux.
Heureusement, Karaghiozis est ingénieux...
D'autres personnages gravitent autour de lui.
Même si ce spectacle fait profondément partie
de la culture grecque, les autorités culturelles ne font rien pour
le sauver. Peu de jeunes sont formés, les anciens disparaissent.
Il existe encore quelques
professionnels ambulants ainsi que quelques lieux athéniens, sans parler
du musée qui est consacré à cet art à Maroussi.
Habitat
Partout en Grèce, les constructions poussent comme des champignons et restent
en chantier, parce que, après avoir construit le rez-de-chaussée, on attend
d'avoir un peu d'argent pour construire l'étage... Toutes ces maisons inachevées
avec des fers à béton sur le toit défigurent l’environnement. C'est d'autant plus vrai depuis que la crise a figé un certain nombre de constructions, laissées à l'abandon, en attente d'un très hypothétique repreneur ou d'une embellie financière.
L'architecture néoclassique
À la suite de l'Indépendance, la Grèce voulut effacer le témoignage de quatre
siècles de domination ottomane. Dès son intronisation, Othon Ier entreprit de
grands travaux de reconstruction. On détruisit alors les rues tortueuses, centrées
sur la mosquée, le bazar et le hammam, pour adopter un urbanisme plus rigoureux
(plan en damier), que l'on voulait rattacher à une tradition antique, celle
d'Hippodamos de Milet.
Ce style néoclassique a été importé en Grèce par des architectes étranger. Depuis un demi-siècle, les Européens cultivaient le goût de
l'Antique, entre autres au travers des cités grecques mises au jour en Italie du Sud. Les éléments architecturaux caractéristiques de ce nouveau style se composaient de colonnes ou de pilastres surmontés du classique fronton triangulaire, coiffé d'acrotères, que l'on remarque encore sur le Parthénon.
Les spéculations immobilières
des années 1960 ont malheureusement détruit cette harmonie architecturale. À Athènes,
seuls aujourd'hui le quartier de Plaka, le Palais royal sur Syndagma, l'université,
rue Panépistimiou, le Musée byzantin et quelques rares autres demeures témoignent
encore de cette période.
Toutefois, les autorités ont pris conscience
de la nécessité de sauvegarder les derniers bâtiments et leur réhabilitation
a fait partie des projets d’aménagement urbain d’Athènes en 2004.
En dehors
de la capitale, il ne subsiste guère, dans ce style, que le charmant village de Galaxidi, près de Delphes, et celui d'Hermoupolis, chef-lieu de Syros (Cyclades).
La Grèce du Nord, en particulier la Macédoine, compte encore dans
plusieurs villes de beaux quartiers anciens rappelant la période ottomane.