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Un peu d'histoire Genève

Des Romains à la Réforme

Géographiquement, le canton de Genève ressemble à une enclave française. Une courte et unique frontière le relie au reste de la Suisse. Cette disposition extrême reflète l'histoire du canton, le dernier à avoir été rattaché à la Confédération.
Jules César mentionne pour la première fois en 58 av. J.-C. la Genava antique (du celte Gen, « la bouche », et Ava, « l'eau »). En fait, les Romains occupent déjà les lieux depuis 200 ans, mais à cette date, César doit remonter dare-dare sur Genava pour couper le pont sur le Rhône, afin d'arrêter les Helvètes qui envisagent sérieusement de s'aventurer dans le sud-ouest de la France. Mission réussie, d'ailleurs.

Suite du feuilleton : les Burgondes chassent définitivement les Romains au Ve siècle, avant de se faire eux-mêmes bousculer par les Francs. Mais une fois Charlemagne passé de vie à trépas, c'est Rodolphe Ier, comte de Bourgogne, qui touche le gros lot.
Deux numéros plus tard (Rodolphe III), le tout passe dans les mains du Saint Empire romain germanique : nous sommes déjà en 1033.

On fait encore un joli saut pour arriver au XVe siècle, où Genève devient (déjà) une place financière d'envergure internationale. Il est vrai que la ville tient une position géographique stratégique, que sa monnaie est déjà stable et surtout que les opérations de change peuvent être réalisées sans crainte. En effet, l'évêque local concède des franchises qui évitent de transgresser les lois canoniques contre le prêt à intérêt ! Du coup, les banquiers des pays voisins s'installent dans ce paradis pour leur profession, doublant la population en moins d'un demi-siècle.

En 1463, Louis XI interdit aux marchands fréquentant les foires de Lyon de se rendre à Genève. Fâchés, les Genevois se tournent alors vers leurs principaux partenaires commerciaux, les Suisses et les Allemands.
Ils adhèrent également aux nouvelles idées religieuses, importées d'Allemagne via Luther. En 1535, les autorités locales décident d'abolir la messe, puis, l'année suivante, adoptent la Réforme et reçoivent à bras ouverts tous les réfugiés qui fuient leur pays à cause de leur attachement à la foi nouvelle.
C'est le moment que choisit le Français Calvin pour débarquer et imposer ses idées. Le mot n'est pas trop fort, car si Genève devient grâce à lui la « Rome protestante », elle le doit notamment aux sévères « ordonnances somptuaires » qui, grossièrement résumées, mettent hors la loi le bien-être et la joie de vivre. Toujours est-il que les réfugiés, les huguenots particulièrement, contribuent considérablement au développement de la cité, grâce à leur argent et à leur industrie (l'art de la soie, de l'imprimerie, et l'horlogerie surtout).

Genève, ville prospère et convoitée

Au début du XVIIe siècle, Genève est riche, célèbre, forcément peu appréciée des catholiques, donc des Français et des Savoyards, et alliée aux Confédérés. Elle a peur et elle a ses raisons. L'échec de la prise de Genève a l'avantage de calmer les velléités savoyardes et de donner un peu de répit aux Genevois, qui restent cependant constamment sur leurs gardes.

On passe sur deux siècles où les Natifs, descendants des réfugiés huguenots sans droits politiques, et le gouvernement aristocratique se disputent, et nous voici à l'aube d'une nouvelle invasion gauloise en 1798. La ville prend le statut de chef-lieu du département français du Léman pour 15 ans.
Le 1er juin 1814, après l'effondrement de l'Empire napoléonien, les troupes suisses débarquent au Port-Noir, et Genève devient définitivement le 22e canton suisse. Ciao la France !

Genève : suisse, mais surtout internationale

Progressivement, la Genève actuelle se construit. En 1847, avec le gouvernement du radical James Fazy, elle se dote même, une année avant la Suisse, d'une Constitution (toujours en vigueur).
Et surtout, elle développe une politique d'accueil très libérale pour les réfugiés politiques venant de toute l'Europe. C'est dans ce climat qu'Henri Dunant, avec l'aide du général Dufour, commandant en chef de l'armée fédérale lors de la guerre du Sonderbund (guerre civile entre les cantons conservateurs et le reste de la Confédération), fonde le Comité international de la Croix-Rouge (1863).
Fait divers tragique, en 1898, Sissi, impératrice d'Autriche, est poignardée par un anarchiste à l'embarcadère du quai du Mont-Blanc ; elle meurt quelques instants après à l'hôtel Beau-Rivage.
À cette époque, Genève accueille de nombreux réfugiés politiques de tous bords, dont Lénine de 1905 à 1908.

Aujourd'hui, quelque 60 consulats et 250 organisations internationales font de Genève, en plus de la deuxième ville des Nations unies (avant même que la Suisse y adhère en 2002), la ville la plus cosmopolite de Suisse.


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