Fêtes et jours fériés
La Gambie est un pays musulman. Certains jours fériés et fêtes dépendent donc
du calendrier lunaire, notamment la Korité qui marque la fin du jeûne du ramadan (débute aux alentours du 2 octobre 2008),
la Tabaski (fête du Mouton, le 8-9 décembre 2008) et le Maouloud (anniversaire de la naissance
du Prophète).
Le 1er janvier est férié, ainsi que le 18 février (jour de l'indépendance
du pays), le 22 juillet (date anniversaire de la prise du pouvoir de Jammeh),
le 15 août (jour de la Sainte-Marie) et le 25 décembre (Noël).
L'animisme
Cette croyance, très présente en Casamance, dans le Sénégal oriental et en Gambie, reconnaît l'existence d'une
force vitale dans les êtres naturels, que ce soit l'homme, l'animal, un
arbre ou une rivière. Les rites animistes cherchent donc à capter ces
forces vitales qui habitent l'univers et peuvent assurer la sécurité et
l'amélioration des conditions de vie des individus ou du groupe.
Bien
qu'il existe un Dieu tout-puissant à l'origine de la Terre mais
finalement peu préoccupé du sort des humains, les animistes lui
préfèrent des divinités secondaires, en général les forces de la nature
personnifiées et les esprits. Elles sont consultées, et des animaux
leur sont sacrifiés. La maladie, la sécheresse, la faim sont toujours
ressenties dans l'esprit des animistes comme les conséquences d'une
faute grave.
L'attachement aux croyances traditionnelles est encore
très vif dans la population. Même les fidèles musulmans ou chrétiens
sont nombreux à perpétuer des rites animistes ancestraux.
Les griots
Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de
naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour
royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants, sont
une caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d'Afrique
de l'Ouest.
Ils jouent un rôle social particulier, puisqu'il n'y a
pas d'interdit pesant sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir
dire aux puissants ce que le peuple pense d'eux. Mais les griots
chantent bien plus souvent les louanges de leur employeur, rappelant
les hauts faits de leurs ancêtres à travers des récits épiques et
jouant le rôle de conseiller. Ils s'accompagnent de leur instrument de
musique.
Aujourd'hui, ce rôle a évolué, mais les griots continuent
à trouver leur place dans la vie moderne. Certains atteignent la
célébrité, d'autres font le tour du quartier.
Aujourd'hui,
beaucoup de chanteurs et musiciens faisant une carrière commerciale
rappellent qu'ils sont issus d'une lignée de griots, même si leur
activité s'est éloignée de la tradition.
La tontine
Pratique symbolisant bien l'esprit de solidarité des Africains, la
tontine est une sorte de caisse d'épargne entre amis. Les membres d'une
tontine mettent en commun une certaine somme d'argent et chacun à son tour en
fin de mois en empoche la totalité. Cet argent sert en général à monter ou à renflouer une affaire. Aucun papier n'est signé, toutes les relations sont basées sur la confiance. Et puis on se connaît : on appartient à la même famille, au même village ou quartier.
Tonti, le banquier italien du XVIIe siècle qui lui a donné son nom, ne pensait pas qu'un jour son invention se retrouverait en Afrique, à une grande échelle.
Ce qui est intéressant dans cette pratique, c'est que, plus qu'une épargne forcée, c'est avant tout un état d'esprit, l'occasion de se retrouver, de s'épauler. La tontine peut aussi prendre en charge des initiatives à caractère social, comme l'école d'un village. Elle remplit également le rôle de la Sécurité sociale : aucun membre ne sera laissé seul en cas de maladie ou d'accident.
Cette entraide est fondamentale. Il est fréquent de voir la famille des malades faire la cuisine dans les cours des hôpitaux publics où les repas ne sont pas pris en charge. Elle les assiste, elle reste proche. Les Africains ne comprennent pas les Européens qui confient leurs parents à l'hospice ou à la maison de retraite.
Les tresses
Quelle femme blanche aux cheveux désespérément raides, peu épais ou trop fins n'a pas, sinon envié, du moins admiré ces savantes et artistiques nattes ornant de féminins visages d'ébène ? Mais qui, hormis un regard connaisseur, eût pu traduire le message que cette charmante parure transmettait ? Jeune fille ou femme mariée, riche ou pauvre, de telle ethnie ou telle caste...
Bien sûr, aujourd'hui, ce n'est plus aussi simple : les modes urbaines et internationales s'en sont mêlées et les signes s'estompent. La tresseuse professionnelle, toujours issue de la caste prestigieuse des forgerons (fille ou femme de) va-t-elle rejoindre peu à peu le rang des tresseuses ordinaires (celles reléguées à la coiffure quotidienne et non plus à celle de cérémonie) ?