L'animisme
Cet ensemble de croyances reconnaît l'existence d'une force vitale dans les êtres naturels,
que ce soit l'homme, l'animal, un arbre ou une rivière. Les rites
animistes, très présents en Casamance, au Sénégal oriental ainsi qu'en
Gambie, cherchent à capter ces forces vitales qui habitent l'univers.
Bien qu'il existe un Dieu tout-puissant, les animistes lui préfèrent des divinités secondaires, en général les forces de la nature personnifiées et les esprits (parmi
lesquels ceux des ancêtres). Dans les grands moments de la vie, elles
sont consultées, et des animaux leur sont sacrifiés.
La notion
judéo-chrétienne de péché n'existe pas, mieux vaudrait parler de
transgression d'interdits. La maladie, la sécheresse, la faim sont
toujours ressenties dans l'esprit des animistes comme les conséquences
d'une faute grave.
L'attachement aux croyances traditionnelles est
encore très vif. Même les fidèles musulmans ou chrétiens sont nombreux à
perpétuer des rites animistes ancestraux.
Les griots
Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de
naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour
royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants, sont
une caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d'Afrique
de l'Ouest.
Ils jouent un rôle social particulier, puisqu'il n'y a
pas d'interdit pesant sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir
dire aux puissants ce que le peuple pense d'eux. Mais les griots
chantent bien plus souvent les louanges de leur employeur, rappelant
les hauts faits de leurs ancêtres à travers des récits épiques, transmis oralement, et
jouant le rôle de conseiller. Ils s'accompagnent de leur instrument de
musique.
Aujourd'hui, ce rôle a évolué, mais les griots continuent
à trouver leur place dans la vie moderne. Certains atteignent la
célébrité, d'autres font le tour du quartier.
Aujourd'hui,
beaucoup de chanteurs et musiciens faisant une carrière commerciale
rappellent qu'ils sont issus d'une lignée de griots, même si leur
activité s'est éloignée de la tradition.
La tontine
Pratique symbolisant bien l'esprit de solidarité des Africains, la
tontine
est une sorte de caisse d'épargne entre amis. Les membres d'une tontine
mettent en commun une certaine somme d'argent et chacun à son tour en
fin de mois en empoche la totalité. Cet argent sert en général à monter
ou à renflouer une affaire. Aucun papier n'est signé, toutes les
relations sont basées sur la confiance.
Tonti, le banquier italien du XVIIe siècle qui lui a donné son nom, ne
pensait pas qu'un jour son « invention » se retrouverait en Afrique, à une
grande échelle.
Ce qui est intéressant dans cette pratique, c'est que, plus
qu'une épargne forcée, c'est avant tout un état d'esprit, l'occasion de s'épauler. La tontine peut aussi prendre en charge des
initiatives à caractère social, comme l'école d'un village. Elle
remplit également le rôle de la Sécurité sociale.
Cette entraide est fondamentale.