Culture et traditions Franche-Comté

Architecture : l'art de Vauban

Inquiet du peu de résistance que, hormis à Besançon, les Comtois, en 1674, avaient opposé à ses troupes (la région était lasse des guerres), Louis XIV chargea son fortificateur favori d’en bastionner les citadelles.

À Belfort, alors alsacienne, Sébastien Le Prestre de Vauban remplace les murs médiévaux par une étoile aux angles aigus, ancrée à l’escarpement de grès rouge et scellée par des tours, deux enceintes en brique rose et quatre fossés, dont aucun ennemi, jamais, ne vint à bout.

Capitale de la province, Besançon reçut du grand Vauban sa propre citadelle, qui se love dans une boucle du Doubs : 118 m de hauteur de murs, précédés de glacis et de demi-lunes. Témoignage intact de l’esprit Grand Siècle, elle reste, à ce jour, le site comtois le plus visité, classé par l’Unesco au titre du Patrimoine de l’humanité.

Vauban s’intéressa également à un nid d’aigle du Haut-Doubs, le château de Joux.

Économie

Bijoux

Si la technologie du quartz a transformé la montre - jadis objet de luxe - en produit de consommation courante, les amateurs de belles mécaniques continuent de se fournir en Suisse, premier exportateur horloger pour le chiffre d’affaires et les prouesses techniques. Mais il suffit de traîner dans les ateliers des grandes maisons romandes pour vérifier ce paradoxe : le personnel de la Suisse horlogère est constitué pour moitié de Français ! La majorité sont des Francs-Comtois venus trouver refuge dans le seul pays qui, dans les années 1970, sut résister tant bien que mal à l’invasion des montres à quartz japonaises.
Jusque là, l’horlogerie jurassienne prospérait des deux côtés de la frontière, les Suisses ouvrant des ateliers à Besançon, les protestants français émigrant dans la Joux, cette vallée du canton de Neuchâtel qui deviendra, deux siècles plus tard, un laboratoire des performances mécaniques.

L’horlogerie comtoise eut ses maîtres, dont les créations ornent le Trianon. L’un d’eux découvrit, en 1798, un système d’échappement grâce auquel le XXe s put inventer le réveille-matin. Au XIXe siècle, le pays de Montbéliard comptait ainsi 5 000 horlogers. Après l’ère du paysan-horloger, qui passait l’hiver à façonner ses pièces, vint celle des grandes unités, dont Lip fut longtemps le symbole.

Spécialisée dans les produits peu coûteux, l’horlogerie comtoise subit donc la crise de plein fouet et faillit bien disparaître. Elle ressuscite au début des années 2000 avec des mouvements le plus souvent suisses, emballés par des marques à forte identité, chacune axée sur son créneau. Yema, Festina ou Breitling ont installé leur service après-vente à Besançon. Enfin Cheval-Frères, une société vieille de plus de 150 ans, est devenu le premier fabricant au monde de remontoirs de montre.
Grandes marques et sous-traitants, ces entreprises forment toute la chaîne de la fabrication d’une montre, du mouvement au bracelet, du cadran au boîtier. On dénombre aujourd’hui près de 90 entreprises dans ce secteur. Trois musées départementaux (à Villers-le-Lac, Besançon et Morteau) retracent l’histoire de cette industrie.
Les secteurs historiques d’implantation de l’horlogerie (grosso modo, Besançon et le Haut-Doubs dans sa partie qu’on appelle d’ailleurs le « pays horloger ») se sont également reconvertis dans les microtechniques, à savoir la fabrication de produits taillés au millimètre ou au micron près, notamment des composants pour l’informatique, l’électronique, la robotique...
Besançon, qui accueille une unité de l’ex-groupe Schlumberger (qui fabrique ces horodateurs chers au cœur de l’automobiliste urbain) et le salon Micronora, qui se rêve en capitale des microtechniques...

Filière bois

Si vous ouvrez un quotidien régional franc-comtois, vous n’échapperez pas, à la rubrique économie, à l’expression « filière bois ». La vaste et profonde forêt comtoise a évidemment généré une industrie largement représentée à travers des micro-scieries autour de Pontarlier, de Champagnole, du ballon d’Alsace dans le Territoire de Belfort. Un secteur qui peine devant le rabot industriel représenté par les super-scieries autrichiennes ou allemandes qui bien sûr travaillent pour moins cher.
L’autre menace vient de la Chine qui achète les chênes de la région en tronc pour les revendre en Europe sous forme de meubles. Un comble.

Reste la plus grosse fabrique de meubles d’Europe à Saint-Loup-sur-Semouse (en Haute-Saône) qui travaille pour un agenceur suédois bien connu.

La région est, par excellence, le pays des tourneurs. Florissante à la Renaissance, cette corporation déclina sous la Révolution. Saint-Claude reste la capitale de la pipe, même si le noble art de la bouffarde ne recrute plus guère aujourd’hui hors d’un cercle de bourlingueurs, écrivains, psychanalystes et autres dandys de la fumette...
Plus encore que le cigare, la pipe classait son homme. Il fallait savoir la bourrer, l’allumer, la fumer à petites bouffées sans qu’elle s’éteigne, la mettre à refroidir, la curer... À ces opérations d’une complexité sans nom répondait la virtuosité des maîtres tourneurs, habiles à sculpter tel profil célèbre comme à exécuter les 55 opérations requises pour une pipe des plus banale.

Jouets

Près de la moitié des jouets made in France sont made in Jura. Jusqu'au XVIIIe siècle, les tourneurs sur bois se contentaient de façonner quilles et cerceaux. Plus tard, les ateliers popularisèrent le jouet en fer peint. Les prospères entreprises de Moirans ont su prendre, dès les années 1960, le tournant du plastique et de la mécanisation. Si les jouets sont en plastique pour 91 % d'entre eux, le fabricant de jouets en bois Vilac assure, lui, la transmission de l'héritage.

Le jouet comtois mobilise quelque 2 000 employés et génère un chiffre d'affaires de plus de 160 millions d'euros. Smoby, fierté jurassienne, a bien failli disparaître, mais le dernier fabricant de jouets français de taille industrielle, grâce à des capitaux allemands, s’est solidement relocalisé dans le Jura.

Lunettes

Dernier particularisme local : les lunettes. Les bigleux de France ont leur Mecque à Morez. Si les verres viennent de la région parisienne, cette petite ville jurassienne traite les montures depuis leur invention en 1796, ici même, par un fabricant de clous.

Au XIXe siècle, Morez était la capitale du pince-nez. Ses héros s’appellent aujourd’hui Lamy, Charles Bourgeois, Dalloz, Crestin-Billet : ils fabriquent pour le grand public, mais aussi pour des marques connues (Manoukian, Nina Ricci, Lacoste, Boucheron...). Certains ont même poussé leurs pions dans la micromécanique...

Pour contrer la concurrence italienne et chinoise, Morez s’intéresse de près aux lunettes connectées, l’avenir paraît-il. Avec ses 2 400 employés et son chiffre d’affaires toujours en augmentation, la lunetterie n’est pas l’activité franc-comtoise la plus sinistrée ! Les fabricants voient d’un bon œil le « papy-boom » des années 2010...

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