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Culture et traditions Franche-Comté

Artisanat

L'horlogerie

L'horlogerie comtoise eut ses maîtres, dont les créations ornent le Trianon. L'un d'eux découvrit, en 1798, un système d'échappement grâce auquel le XXe siècle put inventer le réveille-matin. Au XIXe siècle, le pays de Montbéliard comptait ainsi 5 000 horlogers. Après l'ère du paysan-horloger, qui passait l'hiver à façonner ses pièces, vint celui des grandes unités dont Lip fut longtemps le symbole.
Spécialisée dans les produits peu coûteux, l'horlogerie comtoise subit la crise de plein fouet, et faillit bien disparaître. Elle ressuscite aujourd'hui timidement, avec des mouvements les plus souvent suisses, emballés par des marques à forte identité, chacune axée sur son créneau : Silberstein (pour le design et les subtilités horlogères), Pequignet (la plus proche d'une grande marque suisse), Yema, Acteo, etc.
Les secteurs historiques d'implantation de l'horlogerie se sont également reconvertis dans les microtechniques, à savoir la fabrication de produits taillés au millimètre ou au micron près, notamment des composants pour l'informatique, l'électronique, la robotique... Besançon, qui accueille une unité du groupe Schlumberger (qui fabrique ces horodateurs chers au cœur de l'automobiliste urbain) et le salon Micronora, se rêve en capitale des microtechniques...

Les jouets

Près de la moitié des jouets « made in France » sont « made in Jura ». Jusqu'au XVIIIe siècle, les tourneurs sur bois se contentaient de façonner quilles et cerceaux. Plus tard, les ateliers popularisèrent le jouet en fer peint. Les prospères entreprises de Moirans ont su prendre, dès les années 1960, le tournant du plastique et de la mécanisation.
Smoby a racheté le groupe jurassien. Si les jouets sont en plastique pour 91 % d'entre eux, le fabricant de jouets en bois, Vilac assure, lui, la transmission de l'héritage. Le jouet comtois, qui mobilise quelque 2200 employés et génère un chiffre d'affaires de plus de 160 millions d'euros, est l'une des industries les plus sérieuses du coin.

Les lunettes

Les bigleux de France ont leur Mecque à Morez. Si les verres viennent de la Région parisienne, ce bourg jurassien traite les montures depuis leur invention en 1796, ici même, par un fabricant de clous. Au XIXe siècle, Morez - dont la devise était « Voir clair, voir loin » - était la capitale du pince-nez.
Ses héros s'appellent aujourd'hui Lamy, Charles Bourgeois, Dalloz, Crestin-Billet : ils fabriquent pour le grand public, mais aussi pour des marques connues (Manoukian, Nina Ricci, Lacoste, Boucheron...). Certains ont même poussé leurs pions dans la micromécanique...
Avec ses 2400 employés et son chiffre d'affaires augmentant de 4% par an (en partie grâce à l'exportation), la lunetterie n'est pas l'activité franc-comtoise la plus sinistrée ! Les fabricants attendent en se frottant les mains le « papy-boom » des années 2010...

Les pipes

Saint-Claude reste la capitale de la pipe, même si le noble art de la bouffarde ne recrute plus guère aujourd'hui hors d'un cercle de bourlingueurs, écrivains, psychanalystes et autres dandys de la fumette... Plus encore que le cigare, la pipe classait son homme. Il fallait savoir la bourrer, l'allumer, la fumer à petites bouffées sans qu'elle ne s'éteigne, la mettre à refroidir, la récurer... À ces opérations d'une complexité sans nom répondait la virtuosité des maîtres-tourneurs, habiles à sculpter tel profil célèbre comme à exécuter les cinquante-cinq opérations requises pour une pipe des plus banales.

Les tourneurs

La Franche-Comté fut leur pays par excellence. Florissante à la Renaissance, cette corporation déclina sous la Révolution. Au XIXe siècle, pourtant, les tourneurs de Morez fabriquaient des barillets de montres en bois. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques rares créateurs, dont le fabricant de jouets en bois Vilac, à assurer la transmission de l'héritage.

Les automates

La maîtrise de l'horlogerie prédispose à la confection d'automates, et les maîtres d'autrefois cumulaient souvent les deux spécialités. À Morteau, le maître-horloger Yves Cupillard a ouvert un musée pour présenter ses plus belles réalisations.

L'art de Vauban

À Belfort, alors alsacienne, Sébastien le Prestre de Vauban remplace les murs médiévaux par une étoile aux angles aigus, ancrée à l'escarpement de grès rouge et scellée par des tours, deux enceintes en brique rose et quatre fossés, dont aucun ennemi, jamais, ne vint à bout. Ce qui la prédestinait à entrer, deux siècles plus tard, en compagnie d'Épinal, de Toul et de Verdun, dans le collier de camps retranchés qui protégeait les frontières de l'Est.
Capitale de la province, Besançon reçut du grand Vauban sa propre citadelle, qui love dans une boucle du Doubs 118 m de hauteur de murs, précédés de glacis et de demi-lunes. Témoignage intact de l'esprit Grand Siècle, elle reste, à ce jour, le site comtois le plus visité. Vauban s'intéressera également à un nid d'aigle du Haut-Doubs, le château de Joux, dont il transformera la courtine en casemate d'artillerie (1690-1693), avant de faire élever d'autres enceintes.

Portraits

- Marcel Aymé ((1902-1967) : né dans l'Yonne (Bourgogne). Mais son œuvre, satirique et merveilleuse, est traversée par les souvenirs de son enfance et de son adolescence passées dans le Jura : La Vouivre, La Table aux crevés...
- Édouard Belin (1876-1963) : les agences de photos de presse révélèrent ce natif de Vesoul qui, le premier, réussit à transmettre la photographie par téléphone, grâce à la machine qui porte son nom : le bélinographe.
- Cadet Roussel (1743-1807) : né pour de vrai en 1743, dans le bourg jurassien d'Orgelet, Guillaume Roussel est clerc d'huissier à Auxerre quand, en 1792, un chansonnier le prend gentiment pour cible. Emportée au front par des Volontaires, la rengaine devient le chant de guerre de l'armée du Nord.
- Hilaire de Chardonnet (1839-1929) : vous ignorez que ce polytechnicien bisontin, né en 1839, a inventé la soie artificielle ? C'est pourtant facile. Le tissu fut appelé « soie de Chardonnet », puis « chardonne » et enfin « rayonne »...
- Jean-Pierre Chevènement (né en 1939) : le « miraculé de la République », cofondateur du PS, est né à Belfort en 1939, ville dont il a été le maire plus de 30 ans (de 1973 à 2008).
- Bernard Clavel (né en 1923) : né à Lons-le-Saunier. Prix Goncourt en 1968 avec Les Fruits de l'hiver. Il serait un peu réducteur de le classer parmi les écrivains « régionalistes », même si beaucoup de ses romans ont le Jura pour cadre (L'Espagnol, pour n'en citer qu'un).
- Gustave Courbet (1819-1877) : chef de file de l'école réaliste française, Courbet fut le contraire d'un mandarin : jovial, franc buveur, bouffeur de curé et provoc en diable, l'homme s'engagea dans la Commune, suscita la destruction de la colonne Vendôme et expia ce « crime » par l'exil.
- Philippe-Aristide Denfert-Rochereau (1823-1878) : le prénom est double, le nom aussi, mais le caractère se révéla entier quand les Prussiens, en 1870 et 1871, vinrent assiéger Belfort. Promu héros national, l'irréductible colonel eut pourtant du mal à faire carrière : il était socialiste.
- Charles Fourier (1772-1837) : penseur utopiste des XVIIIe et XIXe siècles. Il rêvait de créer des sociétés idéales axées sur la cosmogonie.
- Victor Hugo (1802-1885) : lorsqu'on a un père général, on peut naître dans n'importe quelle ville de garnison. Il vit le jour à Besançon.
- Frédéric Japy (1749-1802) : fondateur de la grande firme industrielle de Beaucourt (pendules, textiles, quincaillerie, machines à écrire...).
- Claude-François Jouffroy d'Abbans (1751-1832) : comme toute technique en ce monde, la navigation à vapeur a eu son inventeur. C'est en 1783 que notre homme en réalisa les premiers essais sur le Doubs, vers Baume-les-Dames.
- Louis Pasteur (1822-1895) : pour les vignerons d'Arbois, leur concitoyen Pasteur est le grand chercheur des maladies du vin. Ami des levures, père de la pasteurisation, cet homme très introduit passe, à tort, pour avoir inventé la vaccination.
- Peugeot : dynastie industrielle originaire de la société protestante du pays de Montbéliard. Débute avec la teinturerie et les crinolines, finit avec les automobiles.
- Hubert Félix-Thiéfaine (né en 1948) : le plus atypique des chanteurs français vit toujours dans son Jura natal.
- Dominique Voynet (née en 1958) : native de Montbéliard, implantée à Dole, cette femme médecin a été, de 1997 à 2001, contre vents et marées, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.





 




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