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La naissance du finnois écrit

Jusqu'au milieu du XVIe siècle, personne n'avait eu l'idée d'écrire le finnois! Le premier à s’y coller fut l’évêque Mikael Agricola, un proche de Luther. Il se servit de l'alphabet suédois avec des intentions très orientées : rendre plus accessible au peuple la nouvelle religion.
Les balbutiements de la littérature finlandaise furent quand même rédigés en suédois car, même après Agricola, le finlandais écrit s'est limité pendant deux siècles aux ouvrages religieux. La langue de la classe cultivée demeurait le suédois et, comme partout en Europe, celle des savants, le latin.

Le Kalevala et ses conséquences

Mais l'absence de tradition écrite ne veut pas dire absence totale de littérature. De génération en génération, s'était transmis un florilège de chants épiques que les bardes accompagnaient de l'instrument national, le kantele, sorte de cithare à cinq cordes. Il fallait un catalyseur : c'est là qu'apparaît Elias Lönnrot, obscur fils de tailleur et médecin de campagne, aujourd'hui considéré comme un héros national. Pendant une dizaine d'années, il sillonne l'Est du pays, recueillant un ensemble disparate de poèmes, de légendes et d'histoires populaires qu'il réécrit en 12 078 vers ordonnés en 32 chants. Le Kalevala est né.

Quand la conversation avec vos amis finlandais s'oriente vers le Kalevala, ne le rabaissez pas à une quelconque Chanson de Roland. Comme le Mahabharata en Inde, c'est une conception philosophique de l'univers, une cosmogonie populaire dont les héros sont des humains doués de pouvoirs extraordinaires.

L’importance du Kalevala est difficilement imaginable pour nous autres francophones : les Finlandais d'expression finnoise découvrent soudain qu'ils possèdent une tradition et une littérature qui ne doivent rien à personne, et surtout pas aux occupants suédois ou russes. Jusqu'à aujourd'hui, il n'est guère d'artiste finlandais qui n'ait été inspiré de près ou de loin par le Kalevala, et il en est au moins deux, immenses, qui en ont tiré la quintessence de leur art : le peintre Akseli Gallèn-Kallela et le compositeur Jean Sibelius. De nos jours, le Kalevala est fêté le 28 février, date anniversaire de sa publication. Sacrés Finlandais : vous en connaissez beaucoup, des peuples qui fêtent la parution de leur livre fondateur ?

Pendant ce temps, les suédophones ne se laissent pas intimider par ces mouvements qualifiés de « fennomanes » et rivalisent même de nationalisme finlandais. Johan Ludvig Runeberg, aujourd'hui appelé « poète national finlandais », écrit l'hymne national intitulé (question originalité, on a déjà vu mieux !) Notre Patrie. Point commun avec la poésie issue du Kalevala : le sentiment de la nature omniprésent. Quant à Johan Vilhelm Snellman, il écrit une Théorie de l'État inspirée de Hegel, professant que le peuple finlandais ne trouvera son identité qu'en hissant sa langue traditionnelle sur un pied d'égalité avec le suédois.

Dès lors, après quelques débuts difficiles, la littérature finlandaise d'expression finnoise allait exploser. Tout d'abord, Aleksis Kivi, dont le destin fera pleurer dans les chaumières : premier dramaturge du cru avec sa comédie Les Savetiers de la lande (1864), il met toute son âme à donner au finnois sa première œuvre romanesque, Les Sept Frères (1870). Bide complet ! L'homme qui vient d'inventer le théâtre et la littérature finnois sombre dans l'alcoolisme et meurt à 38 ans, misérable, d'un accès de folie. Puis le courant réaliste et naturaliste dresse le constat de l'état de la jeune nation à l'aube du XXe siècle. Juhani Aho, disciple de Maupassant, auteur de L'Écume des rapides (réédition de 1978, éd. POF, 181 p., traduit par Lucie Thomas), puise dans ses souvenirs d'errances enfantines entre lacs et forêts.

Dans le courant de notre siècle, floraison d'auteurs. Frans Emil Sillanpää, prix Nobel 1939, inspiré par la douloureuse guerre civile d'indépendance, publie Sainte Misère (1974, Nouvelles Éditions latines, 232 p.). Puis Mika Waltari se fait connaître par de puissantes fresques historiques dont Sinouhé l'Égyptien. Mais comme vous n'allez pas au bord de la Baltique pour vous plonger dans une action tropicale, nous vous suggérons plutôt Danse parmi les tombes (1994, éd. Phébus, 255 p., traduit par Jean-Luc Moreau). Écrit en 1944 pendant les heures sombres d'une guerre interminable, ce livre profondément patriotique met en évidence les tiraillements du peuple finnois, coincé entre ses deux puissants voisins.

Médias

Journaux

On trouve des journaux français (Le Monde, Libération et Le Figaro) dans les R-Kioski des grandes villes. et de plus en plus, même à l'intérieur du pays, on voit apparaître d'autres journaux et magazines comme Femme Actuelle, Voici, Paris match. Certains quotidiens locaux, que vous pourrez feuilleter à l'hôtel, donnent des nouvelles et un bulletin météo en anglais.

Télévision

Beaucoup d'hôtels reçoivent TV5. Quelques hôtels proposent aussi Arte. Sur les chaînes nationales, tous les films étrangers sont sous-titrés, ce qui peut vous permettre d'apprécier de temps à autre un bon vieux drame psychologique bien de chez nous.

Radio

Dans la région de Helsinki, la radio Capital FM émet en FM sur 97.5 en enchaînant des programmes proposés par les principales radios mondiales. RFI (Radio France Internationale) y est chichement programmée à 8 h 30 et 21 h 30, et la radio finlandaise en français à 8 h 45.
Selon vos capacités linguistiques, vous pourrez aussi écouter la Voice of America, la BBC, la Deutsche Welle, Todas Noticias, voire des radios canadiennes, sud-africaines, australiennes et russes !
Attention, les horaires (voire les fréquences) peuvent être réajustés d'une année sur l'autre. Renseignements : tél. : (09) 14-80-43-20 et www.yle.fi /ylemondo.

Musées

Les horaires des musées et des autres curiosités sont un casse-tête permanent : ils sont souvent compliqués, et varient d'une année sur l'autre.
En général, les enfants paient moitié prix ou au moins un tarif réduit. À partir de 3 enfants, les tarifs famille sont avantageux (à Helsinki, préférez-les à l'achat de 5 Helsinki Cards). Étudiants et 3e âge ont souvent droit à une réduction. Dans nombre de musées, le ticket d'entrée est remplacé par une pastille autocollante de couleur à arborer pendant la durée de la visite.

Musique

Il existe plusieurs spécificités de la musique finlandaise. La plus surprenante est peut-être... le tango, qui a trouvé en Finlande sa deuxième patrie ! Ici, le rythme est plus lent et moins syncopé qu'en Argentine. L'accordéon est toujours à la fête, et les paroles exaltent souvent la nature... et l'amour toujours !
Côté musique classique, c'est bien sûr Sibelius qui mène la course en tête. N'oublions pas deux grands compositeurs contemporains : Einojuhani Rautavaara et Kaija Saariaho.
Des groupes de Métal finlandais, le plus médiatique est bien évidemment Lordi. Ces monstres en caoutchouc, pourvus de cornes, de griffes et de dents acérées, dissimulés sous une épaisse couche de maquillage et juchés sur des semelles de 20 cm, ont défrayé la chronique internationale et sont maintenant de véritables héros dans leur mère patrie.
D'autres ont réussi de beaux succès internationaux en toute fidélité à leur particularisme culturel. Ainsi, Amorphis, dont plusieurs titres d'album sont un manifeste national. Moins tourné vers son patrimoine, Stratovarius n'en est pas moins considéré par beaucoup comme le plus grand groupe Métal au monde. Quant à Children Of Bodom, il a fait crier au génie par son alliance de black-metal, de heavy et de symphonique.

Peinture

À part les fresques médiévales des églises d'Åland et du Sud, la peinture finlandaise ne voit le jour que dans les années 1830, quand le réveil du sentiment national dope toute forme d'expression culturelle.
Nature et Kalevala se partagent les faveurs des pionniers : les trois frères von Wright peignent oiseaux et paysages, Ekman illustre les aventures de Väinämöinen et Lemmikäinen.
En 1846, bouffée d'oxygène : création de l'association des Arts de Finlande, qui subventionne la première école des beaux-arts et favorise l'ouverture vers l'étranger. Les artistes finlandais hissent petit à petit leur modeste peinture au niveau européen. Edelfelt, installé en France vers 1880, acquiert une renommée internationale. Puis c'est au tour de Gallèn-Kallela, figure centrale du mouvement « kalevaliste ».
Les artistes d'aujourd'hui se rattachent davantage à une école internationale qu'à une tradition nationale, mais celle-ci reste tout de même vivace dans l'art du paysage.
Pour consacrer un moment à la peinture finlandaise, entrez à l'Ateneum de Helsinki.





 



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