Fêtes
Le climat, les guerres et l'héritage luthérien ont rendu les
Finlandais assez sérieux. Donc, on fait la fête avec application et
sans demi-mesure : la notion de « férié » prend des proportions
inimaginables chez nous. Ces jours-là, pas moyen de se sustenter
ailleurs que dans les (rares) distributeurs automatiques ! Pensez-y au
moment d'établir votre itinéraire, car même les horaires de train sont
perturbés.
Notre fête préférée est la nuit de la Saint-Jean (Juhannus),
surtout en Laponie à la lumière du soleil de minuit. Elle a lieu la
nuit du vendredi au samedi précédant le 25 juin (les vendredi et samedi
en question sont fériés, gare aux fermetures des magasins). Presque
tous les habitants des villes se précipitent à la campagne.
À Helsinki, ceux qui restent se consolent en assistant au mariage du couple de la Juhannus,
vraie cérémonie nuptiale célébrée selon les rites ancestraux, au musée
de plein air de Seurasaari. Dans tout le pays, on allume des feux. Dans
la partie suédophone, on dresse le majstang, mât décoré autour
duquel les petites filles aux cheveux fleuris dansent la farandole. En
Laponie, l'église de Pielpajärvi, près d'Inari, accueille le culte
lapon de la Saint-Jean, cérémonie aux relents païens qui a échappé à
l'œil du Vatican. Partout, on danse, on chante, on flirte et on boit
jusqu'à l'aube ou jusqu'à épuisement.
Les autres jours fériés sont le Jour de l'An, l'Épiphanie, le
Vendredi saint, Pâques, le 1er mai, l'Ascension, le samedi après la
Toussaint, le 6 décembre (fête de l'Indépendance), la veille de Noël,
Noël et le lendemain de Noël (Saint-Étienne).
Sauna
Si vous n'avez jamais osé, c'est l'occasion ou jamais ! Le sauna fait partie de la vie quotidienne, si l'on en croit cette maxime populaire : « La première année, le Finlandais construit son sauna, la seconde année, il construit sa maison autour ». Son rôle est hygiénique (amélioration de la circulation sanguine en alternant le très chaud et le très froid) autant que social. Le sauna, c'est comme la table en France : les Finlandais s'y retrouvent pour discuter. C'est un lieu de paix où il est très mal vu de jurer, de se quereller ou même de parler fort. Le pays en compte un sauna pour trois habitants.
Il s’agit en fait d’une petite pièce munie de gradins à claire-voie, tout en bois. Au sol, un poêle sur lequel chauffent de grosses pierres. En bas, la température atteint les 70 °C. Pour activer la sudation, on se fouette le corps avec des brindilles de bouleau (vihta), traditionnellement cueillies à la Saint-Jean. Sur le deuxième et dernier gradin, le thermomètre monte allègrement jusqu’à 90 °C. Passées quelques minutes, il est temps de sortir, dans le plus simple appareil, et de descendre l'escalier de bois jusqu'au ponton... pour piquer une tête dans le lac dont l'eau ne dépasse pas 10 °C (quand ce n’est pas un simple trou dans la glace en février!).
Évitez le sauna en cas de problèmes cardiaques ou d'hypoglycémie. Si vous y allez avec des enfants, quelques précautions évidentes : les très jeunes resteront tout en bas et boiront beaucoup ; les bébés (à partir de 6 mois) pourront être placés dans un baquet et régulièrement aspergés. Dans tous les cas, attention à ce que votre progéniture ne touche ni le poêle ni les pierres !
Sisu
C'est plus difficile à expliquer. On pourrait traduire grossièrement le mot sisu par « persévérance », mais c'est bien autre chose. C'est le cœur de l'âme finlandaise, l'acharnement placide et patient qui permet de survivre sur une terre pauvre et gelée six mois de l'année, cette force tranquille et obstinée qui a permis à un petit peuple de tenir tête glorieusement à l'ours russe puis à l'ogre soviétique.
C'est tout ce qui a permis au peuple finlandais, contre vents et marées, de conserver une identité bousculée par l'histoire. Il y a le bon sisu, qui permet à l'individu de se surpasser, et le mauvais sisu, qui se manifeste par un entêtement aveugle et un orgueil mal placé.
Les Finlandais caricaturent parfois leur culture par une formule lapidaire : « Sauna, Sisu et Sibelius ».
Savoir-vivre et coutumes
Côté villes
C'est rare qu'un Finlandais ouvre la porte de son chez lui. Si ça vous arrive,
c'est un très grand honneur. SOYEZ IMPÉRATIVEMENT À L'HEURE. Un quart d'heure
de retard serait une insulte à vos hôtes. C'est toujours à la maîtresse de maison
que l'on offre le petit cadeau. Ne cherchez pas midi à 14 h, restez dans les
classiques : fleurs, chocolats, vin (français, c'est encore mieux)…
Au restaurant, le pourboire n'est pas obligatoire, sauf pour les porteurs
et portiers des grands hôtels et restaurants, mais est-ce vraiment le genre
d'endroit que vous fréquentez ?
À l'entrée de la plupart des lieux publics, vestiaire payant et parfois obligatoire.
Si vous avez un veston habillé, vous pouvez le garder, mais aucun portier de
night-club ne laisse entrer avec un blouson. En revanche, pas de problème avec
un gros pull-over jeté négligemment sur les épaules. On ne cherche pas à comprendre
et on s'exécute ; d'ailleurs, on n'a pas le choix : en Finlande, on ne discute
JAMAIS les règlements ni les consignes.
Côté champs
Illustration du rapport des Finlandais à la nature : le « droit de tout le
monde ». En Finlande, on a le droit de marcher, skier et même camper sur n'importe
quel terrain (sauf les réserves naturelles, les plages et les espaces publics),
pourvu qu'on ne piétine pas les champs cultivés, et qu'on ne trouble pas l'intimité du propriétaire.
Ceci
implique que l'on reste à un distance raisonnable de 10 m des
habitations et que l'on évite tout bruit excessif. Respectez
impérativement les panneaux indiquant une propriété privée, « Yksityisalue » (en finnois) ou « Privatområde » (en suédois).
La
cueillette des baies et des champignons est autorisée. Mais qui dit droit dit
devoir : celui de respecter une nature rendue fragile par la courte durée de
l'été. Enfin, il est strictement interdit de pénétrer dans les zones protégées,
repérées par les panneaux « Luonnon suojelualue » (en finnois) ou « Natur skyddsområde
» (en suédois).