Traditions et coutumes Corse

Les Corses

Voici donc une île. Autrefois, tout semblait éloigner les Corses de leur littoral. Repliés dans leurs nids d’aigle, ils le voyaient comme l’ennemi, où arrivait l’envahisseur et où sévissait la malaria. Entre les Corses et la mer persiste aujourd’hui une relation d’amour et de crainte. Ce n’est certes pas un peuple de marins, à l’exception des Cap-Corsins. Et pourtant, aujourd’hui, près de 80 % de la population corse se concentre sur le littoral.

Les Corses inaccessibles, renfermés, farouches ? Non, plutôt les gardiens de la terre des ancêtres, qui ont appris de siècles d’invasions. Ce sont, depuis toujours, à la fois des insulaires et des montagnards. Ombrageux et susceptibles ? Pas plus que d’autres peuples de la Méditerranée.

Est corse bien souvent, en réalité, qui a un ancêtre ayant connu les Barbaresques, une arrière-grand-mère génoise et un cousin fonctionnaire à Paris. Car les Corses s’expatrient. Aujourd’hui, 600 000 Corses vivent sur le continent et ils seraient 2 millions à être disséminés un peu partout dans le monde... D’autres s’expatrient mais reviennent couler une retraite tranquille sur l’île.

La Corse n’est pas qu’une terre d’émigration : elle accueille également, puisque environ 26 000 étrangers, dont de nombreux Marocains, vivent aujourd’hui sur l’île. Sur les murs, il n’est pas rare de lire Arabi Fora (« Arabes dehors »), inscription concurrençant d’ailleurs IFF (I Francesi Fora : « Français dehors »), et les dernières années ont été marquées par une augmentation significative, en nombre et en intensité, des agressions envers les Maghrébins, accusés de nombreux maux. Le rejet, qui est essentiellement le fait d’une autre minorité « ultra », ne doit pas faire oublier la traditionnelle hospitalité insulaire.

Langue corse

Combattue par la IIIe République, presque anéantie par la télévision et le monde moderne, la langue corse n’est régulièrement parlée que par les vieux et une poignée de jeunes. Pourtant, on estime à 70 % le nombre d’habitants sachant la parler !
Depuis que le gouvernement lui a accordé en 1974 le statut de langue régionale, elle est enseignée. Mais les puristes préfèrent fabriquer des néologismes néocorsiens à base de français, en oubliant les affinités anciennes avec l’Italie.

Il faut aussi signaler la difficulté à « fixer » cette langue à l’écrit. Longtemps, elle n’a dépendu que de la tradition orale, et le problème pour l’enseigner est de se mettre d’accord sur un corse « généraliste » qui soit accepté par tous. Car chaque microrégion a « son » parler corse. De fait, le vocabulaire varie souvent. Si on fait le tour de l’île, on trouve une bonne dizaine de manières de nommer une chaise.

Musique corse

Chants profonds : les archétypes

La musique corse est avant tout une affaire de voix, de chant. De chants profonds, sans âge, transmis de mère en fille, de père en fils. Cette tradition orale se perd dans la nuit des temps, et chaque vallée, chaque village ou presque, a développé un patrimoine musical propre, ce qui fait de l’île un véritable conservatoire des traditions musicales.

Citons u chjam'e rispondi, joutes poétiques où deux chanteurs improvisent un duel précisément rimé ; le vainqueur sera celui qui aura le mieux chanté et composé les vers les meilleurs, les plus percutants ; u brinchisu, couplet pour célébrer un évènement heureux ; a paladina, chant guerrier ; a tribbiera, chant paysan ; a nanna, berceuse ; u sirinatu pour les jeunes mariés ; u lamentu pour les défunts (u voceru en cas de mort violente).

Enfin, les chants polyphoniques lors des fêtes de villages ou des processions religieuses regroupent jusqu’à une dizaine de chanteurs, mais trois voix suffisent : bassa (la basse), seconda (la seconde) et terza (la tierce), la basse donnant la mesure et le ton.

La fin du chant traditionnel

Cependant, la transformation de la société corse, qui a vu son économie et son organisation sociale changer radicalement au cours du XXe siècle, passant du mode pastoral et autarcique à une émigration massive vers la France continentale (sans toutefois couper le lien), a bien failli en avoir raison du chant corse.
Il y avait bien, avant guerre, Tino Rossi, qui a toujours son fan-club. À sa suite, d’autres chanteurs de charme creuseront la même veine. Un Charles Rocchi ou un Antoine Ciosi ont élevé le niveau mais, tout de même, la chanson corse paraissait moribonde quand...

Renaissance et reconnaissance

Au début des années 1970, parallèlement au mouvement nationaliste, survint Canta u Populu Corsu, bousculant les idées reçues grâces à ses polyphonies immémoriales et aux chansons de Jean-Paul Poletti. Ce groupe a rendu au chant l'une des fonctions qui, en Corse, était sienne : faire redécouvrir son histoire, sa culture, son âme à ce peuple.

Avant d'obtenir un grand succès au Canada, Petru Guelfucci fut avec Poletti l'un des fondateurs du groupe.
I Muvrini, qui est certainement aujourd'hui le plus connu des groupes de musique corse, est également un « descendant » naturel de « Canta ». La forte personnalité de Jean-François Bernardini y est pour beaucoup. ...).
Mais il faut d’abord rendre hommage à son père, Ghjuliu Bernardini, qui avait travaillé au sein de « Canta » et qui est l’un des initiateurs du renouveau musical corse.

Signalons encore Madrigale, qui refuse de vendre son âme au diable en passant sous les fourches caudines du show-biz, Chjami Aghjalesi, I Surghjenti, Cinqui So (plus tendance world music) ou I Palatini.

Vendetta

Ce phénomène a été un véritable fléau durant des siècles. Ainsi, à la fin du XVIIe siècle, on estime que la vendetta faisait chaque année en Corse plus de 900 victimes ! Les villages qui en ont été le théâtre s'en souviennent.

Comme dans une grande partie de la Méditerranée, un meurtre ou une offense grave engageait aussitôt l’honneur de la famille de la victime. Cela déclenchait une sorte de guérilla impitoyable entre deux clans ennemis d’un même village. La vendetta durait longtemps et s’achevait souvent par la fuite dans le maquis du principal justicier.

Refusant la mainmise sur leur île par des puissances étrangères (des Romains aux Génois), les Corses ne reconnaissaient qu'en partie leurs lois et leurs institutions. Méfiance, donc, à l’égard de la loi : tel était le mot implicite. Les bandits d'honneur furent surtout à la mode au XIXe siècle : les gazettes et toute une littérature populaire en ont fait des héros romanesques.

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