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Culture et traditions Corse

Langue corse

Le corse serait « un faisceau de parlers du groupe italien ». La langue corse n’est régulièrement parlée que par les personnes pagées et une poignée de jeunes. Pourtant, on estime à 70 % le nombre d’habitants sachant la parler !
Depuis que le gouvernement lui a accordé en 1974 le statut de langue régionale, elle est enseignée à l'université de Corte et dans certaines écoles. Mais les puristes préfèrent fabriquer des néologismes néo-corsiens à base de français en oubliant les affinités anciennes avec l’Italie.
Il faut aussi signaler la difficulté à « fixer » cette langue. Longtemps, elle n'a dépendu que de la tradition orale, et le problème pour l'enseigner est de se mettre d'accord sur un corse « généraliste » qui soit accepté par tous..

Littérature

Il n'y a pas à proprement parler de littérature corse avant une époque récente. Car dans cette île, ce qui, ailleurs, a été transmis par l'écrit a été véhiculé au fil des siècles par la tradition orale. Seuls demeurent aujourd'hui quelques survivants d'une civilisation de la mémoire supplantée par celle de l'écrit.
Les premiers « romans corses » ont été écrits au XIXe siècle... par des Parisiens ! Prosper Mérimée en est le plus bel exemple : Colomba est un modèle du genre. Alexandre Dumas a écrit Les Frères corses, Maupassant évoque avec force la nature dans son roman Une vie.
Parmi les ouvrages historiques contemporains, on peut citer La Tragique Histoire des Corses, de Don Jean-Baptiste Gaï, L’Histoire de la Corse de Robert Colonna d’Istria et celle de Pierre Antonetti.

Musique corse

Chants profonds : les archétypes

La musique corse est certainement avant tout une affaire de voix, de chant. De chants profonds, sans âge, transmis de mère en fille, de père en fils.
On retrouve de grands types musicaux. Citons u chjam'e rispondi, joutes poétiques où deux chanteurs improvisent un duel précisément rimé ; u brinchisu, couplet pour célébrer un évènement heureux ; a paladina, chant guerrier ; a tribbiera, chant paysan ; a nanna, berceuse ; u sirinatu pour les jeunes mariés ; u lamentu pour les défunts.
Enfin, les chants polyphoniques lors des sérénades et fêtes de villages ou lors de processions religieuses... Ces chants polyphoniques regroupent jusqu'à une dizaine de chanteurs, mais trois voix suffisent.

La fin du chant traditionnel

Cependant, la transformation de la société corse, qui a vu son économie et son organisation sociale changer radicalement au cours du XXe s, passant du mode pastoral et autarcique à une émigration massive vers la France continentale (sans toutefois couper le lien), ainsi que l'avènement du tourisme de masse et des moyens de communication actuels, ont eu raison du chant corse. Du moins ont bien failli en avoir raison.
Il y avait bien, avant guerre, Tino Rossi. Mais quel rapport entre lui et la musique corse ? Ce rossignol d'opérette avait une voix exceptionnelle, mais il n'a pas du tout chanté l'âme corse. 

Renaissance et reconnaissance

Au début des années 1970, parallèlement au mouvement nationaliste, survint Canta u Populu corsu, bousculant les idées reçues grâces à ses polyphonies immémoriales et aux chansons de Jean-Paul Poletti. Ce groupe rendait au chant une des fonctions qui en Corse était sienne : faire redécouvrir son histoire, sa culture, son âme à ce peuple.
Avant d'obtenir un grand succès au Canada, Petru Guelfucci fut avec Poletti l'un des fondateurs du groupe.
I Muvrini, qui est certainement aujourd'hui le plus connu des groupes de musique corse, est également un « descendant » naturel de « Canta ». D’autres groupes, moins en vue, ne sont pas moins bons : Madrigale, qui refuse depasser par les fourches caudines du showbiz, Chjami Aghjalesi, I Surghjenti, Cinqui So (plus tendance world music) ou I Palatini.

Vendetta

Ce phénomène a été un véritable fléau des siècles durant, dans le sens où pas mal de monde restait sur le carreau : ainsi, on estime qu’à la fin du XVIIe siècle, la vendetta faisait chaque année en Corse plus de 900 victimes ! Les derniers cas remontent à l’après-guerre, puis le phénomène a disparu. Mais n’y a-t-il pas un fond de vendetta dans les règlements de compte observés au sein des mouvements nationalistes ces dernières années ?
Selon une vieille coutume corse, un meurtre ou une offense grave engageait l’honneur de la famille de la victime. Parents, frères, sœurs se devaient alors de faire justice eux-mêmes. Cela déclenchait une sorte de guérilla entre deux clans ennemis d’un même village. La vendetta s’achevait souvent par l’extermination de l’une des familles ou par la fuite dans le maquis du principal justicier.
Refusant la mainmise sur leur île par des puissances étrangères (des Romains aux Génois), les Corses ne reconnaissaient qu'en partie leurs lois et leurs institutions. D'où l'habitude de régler leurs problèmes entre eux, parfois à coups de fusil.


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