La Corse est la région française la mieux préservée écologiquement.
Rien d'étonnant à cela : l'absence quasi totale d'industries lui a
permis de conserver une atmosphère et des eaux incroyablement saines.
C'est aussi, paradoxalement, la région qui investit financièrement le
plus dans la protection de l'environnement.
Reste un problème : les décharges sauvages. Enfin, les plages ne
sont pas toujours complètement clean. Dans l'ensemble, cependant, le
bilan est très largement positif, d'autant que l'on voit se développer
de plus en plus de bonnes initiatives.
En 2001 et 2002, une nouvelle polémique est née dans le cap Corse, autour du parc d'éoliennes d'Ersa et de Rogliano. Énergie propre, certes, mais pollution du paysage et nuisances sonores... Et ce n'est pas fini, car d'autres parcs ont été construits (celui de Calenzana, intelligemment installé dans un site non urbanisé, visible de la route littorale entre Calvi et Galeria) ou sont en projet !
Ça va bien pour la Corse côté environnement, mis à part les réserves précédentes. Mais il y a danger. Ce littoral est l'objet de convoitises. Les constructions illégales
se multiplient. Et nous ne parlons pas des paillotes. Non, nous parlons
de ces résidences privées, ces complexes hôteliers qui fleurissent, et
de ce droit que s'arrogent certains propriétaires de privatiser la
plage. Nous parlons de ces permis de construire contraires à la loi du
Littoral et accordés aux milliardaires.
Nouvelle menace qui a pointé le bout de son nez : le PADDUC,
« Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse ». On peut
craindre que les maires aient la possibilité de « contourner » la loi
littorale et de disposer de terrains jusqu'alors décrétés
inconstructibles, car classés comme « espaces remarquables ».
De juin à mi-septembre, grand beau temps assuré. Mais il existe des
nuances. Il fait généralement plus chaud au cap Corse qu'à Bonifacio.
Bien sûr, l'air est toujours plus frais en montagne (au-dessus de 500 m)
qu'en bord de mer. N'oubliez pas de prévoir une petite laine dans
l'intérieur du pays. Attention aussi aux orages, brefs mais violents,
qui éclatent dans l'intérieur souvent à la fin de l'été
(septembre-octobre), entraînant des inondations parfois ravageuses.
Malgré tout, les pluies sont vraiment rares : pas plus de 50 jours par
an !
Certains jours, le vent souffle très fort. Le vent dominant ici est le libecciu, venu du sud-ouest, sec et chaud. Le mistral est plus violent. Il favorise les incendies.
Et
puis il y a de la neige : en altitude, elle peut persister jusqu'à
mi-juin, voire début juillet... Si vous visitez la Corse à Pâques, ne
soyez pas étonné de trouver des routes fermées ou des sentiers de
randonnée impraticables.
En gros, les meilleures périodes pour aller
en Corse et éviter canicule et flots de touristes sont avril, mai
(parfois pluvieux en Corse), juin, septembre et octobre. Et au
printemps, le maquis est en fleurs !
La température de la mer (sur les côtes) est en moyenne de 15 °C en hiver et de 25 °C en été.
C'est l'un des signes distinctifs de la Corse. Cette végétation typiquement méditerranéenne, regorgeant de plantes et d'arbustes,
forme un grand manteau, le plus souvent vert ou tirant sur le jaune
dans certains coins arides et surchauffés, mais il est parfois tout
noirci par les incendies.
Le maquis ne pousse qu'entre le niveau de
la mer et 600 m, dans ce qu'on appelle l'« étage méditerranéen ». Il
prend toute la Corse en écharpe, le long de la mer. On est à peine sorti
de l'eau bleue et limpide que l'on entre dans le maquis « bas ».
Puis
on trouve un autre maquis plus touffu, plus dense, monde impénétrable
formé par des arbustes et des épineux. C'est le royaume des arbousiers.
Jadis, le littoral, c'était l'ennemi, l'envahisseur, et la malaria. Toutefois les villageois descendaient y passer une partie de l'année, avec famille et troupeaux. Puis ils retournaient dans leurs perchoirs dès que l'été apportait sa première vague de chaleur. Entre les Corses et la mer persiste une relation d'amour et de crainte. Ce n'est pas un peuple de marins, à l'exception des Cap-Corsins. Et pourtant, aujourd'hui, près de 80 % de la population corse se concentre sur le littoral, activité économique oblige...
Les Corses sont les gardiens de la terre des ancêtres, devenus prudents et réservés après des siècles d'invasions. Ils sont, depuis toujours, à la fois des insulaires et des montagnards.
Les Corses s'expatrient. Aujourd'hui, 600 000 Corses vivent sur le continent et ils seraient 2 millions à être disséminés un peu partout dans le monde... Aux États-Unis, par exemple, et en Amérique du Sud, ainsi que dans les Caraïbes. D'autres s'expatrient, mais reviennent couler une retraite tranquille sur l'île. La population, certes, continue de progresser mais le solde naturel est quasi nul (seulement 1,58 enfant par femme).
La Corse n'est pas qu'une terre d'émigration : elle accueille également, puisque environ 26 000 étrangers, dont de nombreux Marocains, vivent aujourd'hui sur l'île. Les dernières années ont été marquées par une augmentation des agressions envers la minorité maghrébine accusée de nombreux maux. Le rejet, qui est essentiellement le fait d'une autre minorité « ultra », ne doit pas faire oublier la traditionnelle hospitalité insulaire.
Partir en Corse