Carte d'identité Colombie



- Nom officiel : République de Colombie.
- Capitale : Bogotá.
- Superficie : 1 138 910 km², divisés en 32 départements et un distrito capital (Bogotá). Et 3 208 km de littoral.
- Population : 52,70 millions d'habitants (2024).
- Langue officielle : espagnol (castillan). Et près de 85 langues autochtones (tucano, guahibo, etc.).
- Régime : présidentiel.
- Chef de l’État : Gustavo Petro, élu le 19 juin 2022. Prochaine élection présidentielle en mai 2026.
- Densité de la population : 46,5 hab./km² (avec 80 % de population urbaine).
- Fête nationale : le 20 juillet (fête de l’Indépendance).
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : Port, forteresses et ensemble monumental de Cartagena de Indias (1984) ; centre historique de Santa Cruz de Mompox (1995) ; Parc archéologique de San Agustín (1995) ; Parc archéologique national de Tierradentro (1995) ; paysage culturel du café de la Colombie (2011).
Économie
Dès avant la colonisation, un réseau commercial se développe en Colombie sur la base des spécificités régionales : culture du maïs et de la pomme de terre sur les plateaux, exploitation du sel et des produits de la pêche sur le littoral. L’arrivée des conquistadors change tout. Leur priorité est unique : amasser beaucoup, rapidement. La mise à sac des métaux précieux achevée, ils s’appuient sur la main-d’œuvre autochtone, contrainte par le système de l’encomienda (servage) de travailler dans les mines d’or, de cuivre et d’émeraudes, mais aussi dans les champs. Agriculture et élevage se développent, traçant ce qui fait encore la colonne vertébrale de l’économie colombienne.
La côte caraïbe, elle, profite des échanges (certes limités) avec la métropole, ainsi que du commerce des esclaves, qui se met peu à peu en place. Malgré les attaques des pirates et corsaires, Cartagena s’enrichit de manière démesurée. Avec le développement de la colonisation et l’épuisement progressif des ressources minérales et métalliques au XVIIe s, la couronne d’Espagne réoriente sa politique économique afin de stimuler davantage le secteur agricole. À la fin du XVIIIe
Période contemporaine
Aujourd’hui encore, la Colombie vit en partie grâce à ses abondantes ressources naturelles, qui contribuent à en faire la 3e puissance économique d’Amérique latine, derrière le Brésil et l’Argentine – avec un PIB estimé à 363 milliards d’US$ en 2023. La Colombie extrayait de son sous-sol près de 780 000 barils de pétrole par jour en 2023, faisant d’elle le 4e producteur latino-américain (la production a tout de même chuté depuis 2016). Le pays possède en outre 85 % des réserves de charbon d’Amérique latine (8e producteur mondial) – qui, avec le pétrole, comptent pour près de la moitié des exportations.
Depuis les années 1960, l’économie colombienne s’est (un peu) diversifiée. Les services représentent aujourd’hui environ 60 % du PIB et l’industrie 24 %. Cependant, le pays conserve un secteur agricole important (7,6 % du PIB et plus de 15 % des emplois) qui, après une décennie de déclin, a retrouvé une certaine dynamique. Principaux secteurs : le café bien sûr (3e exportateur mondial), les fleurs (2e) et la canne à sucre. La Colombie a d’autres atouts : une double façade maritime sur le Pacifique et la mer des Caraïbes, un fort potentiel touristique, une relative stabilité institutionnelle ainsi qu’un système bancaire sain qui la placent en tête des CIVETS (oui, comme les lapins !), pays considérés comme les futurs émergents.
Une économie sur le fil du rasoir
Cela étant dit, tout n’est pas rose pour autant sur le front économique. Inquiétude majeure, le pays, qui transforme peu ses ressources, dépend directement des cours mondiaux des matières premières – qui jouent volontiers au yo-yo. La faiblesse de la productivité et des infrastructures (routières, portuaires et sanitaires), l’importance du secteur informel (56 % de l’emploi !) et de la corruption, l’afflux de réfugiés vénézuéliens (1,7 million) et la situation sécuritaire toujours un peu incertaine ne jouent pas non plus en sa faveur. Sans oublier les problèmes sécuritaires liés au trafic de drogue, un autre enjeu, même si l’on peut considérer que le secteur, évalué à 8 à 12 milliards de dollars par an (2,6 à 4 % du PIB), apporte plus qu’il ne coûte au pays...
Autre enjeu de taille, enfin : la pauvreté. Avec un PIB par habitant d’environ 6 979 US$ en 2023, plus de 1 Colombien sur 3 est concerné (15 % d’extrême pauvreté), alors même que les 10 % de plus riches concentreraient à eux seuls près de la moitié de la richesse nationale... Pas étonnant que la Colombie se classe au 3e rang des pays les plus inégalitaires de la planète (derrière l’Afrique du Sud et la Namibie) ! Établie à près de 5 % en moyenne depuis 2020, la croissance économique colombienne a fortement chuté en 2023, s’établissant à 0,6 %. La faute à un durcissement de la politique monétaire, qui a entraîné une chute des investissements et une baisse de la consommation. Les prévisions sont plus optimistes pour 2024 et 2025...
Droits de l'Homme
La Colombie peine à se débarrasser de ses démons. Ex-guérilleros, narcotrafiquants, paramilitaires constituent toujours un mélange explosif et préjudiciable aux Droits humains. Ajoutons à ces ingrédients que, depuis 2018, gouvernements et présidences freinent l’application de l’accord de paix de 2016. Conclu entre le pouvoir et les FARC, il mettait fin à un conflit vieux de plus de 50 ans et avait suscité de grands espoirs pour la paix dans le pays, la vie en harmonie des différentes communautés et la dignité des peuples autochtones. Or, alors même que les ex-guérilleros avaient déposé les armes et que l’organisation terroriste s’était « transformée » en parti politique, les gouvernements successifs ont rechigné à respecter la teneur même de cet accord pourtant historique en accumulant les entraves : aucun financement pour la réinsertion ou pour la substitution des cultures illicites, remise en cause du tribunal spécial pour la paix – chargé de juger les crimes de guerre commis par les 2 camps –, arrêt du programme de restitution des terres aux paysans. On comprend pourquoi, depuis juin 2022, tous les yeux sont tournés vers le nouveau président Gustavo Petro.
En effet les assassinats ciblés, y compris de syndicalistes, d’élus locaux, de défenseurs de l’environnement ou des Droits humains, demeurent une préoccupation constante. La Cour interaméricaine des Droits de l’homme a déclaré que la Colombie était responsable de violations des Droits humains commises, sur une période de 20 ans, contre plus de 6 000 personnes. Depuis le début de la décennie, les ONG telles que Global Witness ou Front Line Defenders considèrent, elles, la Colombie comme le pays le plus dangereux au monde pour les militants de la société civile. Et les populations autochtones sont les 1res concernées. Les exactions envers les populations fragiles ont longtemps laissé les autorités indifférentes. À cet égard, si la nomination de Leonor Zalabata, militante de la cause des peuples autochones, comme ambassadrice aux Nations unies constitue un symbole, on ne peut qu’espérer des mesures concrètes et la fin de cette spirale de violences touchant les campagnes colombiennes. Cela passe par le refus de l’impunité, notamment des dirigeants. D’ailleurs, à ce chapitre, l’actuel chef de l’État ne s’est pas opposé à 2 enquêtes. L’une touchant son propre fils dans une affaire de corruption. L’autre impactant son prédécesseur en lien avec les violences policières de 2021. Si Amnesty International salue des progrès dans les enquêtes menées pour crime de guerre et crime contre l’humanité, des réponses judiciaires sur des cas d’arrestations arbitraires, de torture et de disparitions forcées perpétrées entre 2020 et 2022 restent toutefois à apporter par l’État colombien.
Enfin, si les droits des personnes homosexuelles sont garantis en Colombie, on peut toutefois s’inquiéter de l’accroissement de victimes issues de la communauté LGBT+.
Quant aux droits des femmes, notons la dépénalisation de l’avortement au cours des 24 premières semaines de grossesse. Les féminicides ne reculent pas et un rapport de l’ONU d’octobre 2024 dénonçait, là encore, les exactions des groupes armés qui exercent des « pressions à l’égard des femmes et des jeunes filles pour réglementer leur apparence et leur comportement ».
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