Capitale de l'empire des Habsbourg pendant près de sept siècles, puis de
l'Autriche à partir de 1918, Vienne est la ville historique par essence,
profondément marquée par le rôle éminent qu'elle joua tout au long des siècles.
Ici, vous ne vous débarrasserez pas facilement de l'histoire : c'est
d'abord ce riche et long passé dont on vient s'imprégner. C'est l'atmosphère
romantique, tragique, un peu désuète aujourd'hui, parfois démodée, de tous
ces siècles de puissance et de gloire. Pour beaucoup de ses visiteurs, c'est
aussi l'étalage, le télescopage de ses propres contradictions qui demeurent
l'un des plus fascinants attraits de la ville.
L'enchantement d'une architecture trop pompeuse est refroidi par les « hof »
ouvriers, la beauté de celle du Belvédère accueille les figures torturées
d'Egon Schiele, la joie de vivre apparente de la ville ne peut faire oublier
que Freud se penchait sur Vienne comme sur une malade et qu'il voulut la soigner
jusqu'au bout. Aux flonflons du Prater, aux valses légères de Strauss, répondent
les lourdes musiques de fin de monde, les riffs déchirants de guitares désespérées
des clubs underground... Avec pourtant de divines surprises : ceux qui,
très maso, viendraient à Vienne avec des idées noires, vont découvrir au contraire
une ville presque gaie, nonchalante, parfois insouciante, tolérante. Avec
un art de vivre intelligent, des espaces verts, d'authentiques bouts de campagne...