Depuis des siècles, le Tibet fascine et inspire romans et récits extraordinaires de voyageurs ayant réussi à y pénétrer. Son éloignement et son inaccessibilité ont toujours alimenté l’imaginaire occidental en mal d’exotisme et de merveilleux.
Mais ce mythe ne doit pas faire oublier la réalité. Depuis l'invasion chinoise en 1950 et l'exil du dalaï-lama en Inde, le Tibet, officiellement nommé Xizang, est intégré à la République populaire de Chine dont il est une région autonome, tandis que les provinces du Kham et de l'Amdo à l'est et au nord-est sont rattachées au Qinghaï et au Sichuan.
Les Tibétains qui n’ont pas migré ont dû supporter les communes populaires, la fureur destructrice des Gardes rouges, la rééducation par le travail, l’humiliation ou la collaboration. Plus d’un million de Tibétains furent exterminés par les soldats de Mao, soit un sixième de la population. Les Tibétains formaient alors déjà une minorité dans leur propre pays, et ceux qui tentaient de manifester leur nationalisme, comme en 1988 et 1989, allaient être systématiquement réprimandés par la violence.
Aujourd'hui, après l'exil de plus de 120 000 Tibétains (réfugiés pour la majeure partie en Inde), et malgré la colonisation et l’armée chinoise, le Tibet reste une terre extraordinaire que se partagent harmonieusement pasteurs nomades et agriculteurs. La beauté exceptionnelle des hauts plateaux, la puissance des montagnes, la chaleur des maisons et du thé au beurre, la richesse des rituels et la ténacité d'un peuple qui refuse de mourir, voici quelques-uns des éléments qui rendent le Tibet si singulier et attachant.