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Madère![]() © Sophie Czaplejewicz Sur fond lusitanien, Madère est bien enfant des mers, saupoudrée d’exotismes. Il n’est qu’à considérer son célèbre vin, né d’un vrai miracle : c’est par hasard, en s’échauffant dans les cales des navires en partance pour les tropiques, qu’il acquit sa prestance. « Confins de la terre » pour Camões, poète de l’âge d’or portugais, Madère réunit sur un mouchoir de poche, au milieu de l’océan, climat à la douceur légendaire et flore exubérante, montagnes volcaniques déchirées par l’érosion et vertigineux à-pics. Surpeuplée, l’île est une citadelle entaillée de toutes parts, champs sur champs, parcelles de vigne indomptables accrochées aux pentes les plus improbables. Têtus et imaginatifs, ses habitants vont parfois jusqu’à accrocher leurs haricots grimpants… aux poteaux électriques ! À Funchal, capitale anglophile s’élevant en amphithéâtre vers les cimes, les paquebots relâchent nombreux, comme au début du siècle, lorsque l’aristocratie de l’Europe venait y goûter un heureux mélange de tropiques et de sophistication. Au-delà des vagues s’ancre le reste de l’archipel : la petite Porto Santo, renommée pour sa longue plage de sable clair, ainsi que les îlots inhabités des Desertas et des Selvagens. Plus proche de l’Afrique (600 km) que de Lisbonne (1 000 km),
l’archipel est baigné par un climat exemplaire. La végétation, exubérante, déborde
des balcons, tapisse les fenêtres jusqu’aux bords des routes : camélias
en fleurs en février, azalées roses à la fin du printemps, bougainvillées, mimosas,
amaryllis, oiseaux de paradis symboles de l’île, flamboyants occupant les places
des villages, jacarandas pleurant leurs pétales mauves dans les rues…
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