Religions, croyances et rituels
- Culte des ancêtres : les ancêtres sont les médiateurs entre
les hommes et le monde surnaturel. On les invoque dans toutes les occasions
rituelles pour qu'ils protègent leurs descendants.
Les sources, les arbres, les rochers sont des lieux de culte : on imagine qu'ils
sont habités par des forces surnaturelles qu'on essaie de se concilier par des
offrandes. Mais il y a aussi de nombreux êtres surnaturels, gnomes, nains, plus
ou moins maléfiques, et des anges gardiens, qui veillent particulièrement sur
les enfants.
- Christianisme : les croyances traditionnelles cohabitent aujourd'hui
avec les grandes religions européennes, le protestantisme et le catholicisme.
L'influence de ces églises et de leurs missionnaires est très grande.
- L'islam : la présence de l'islam à Madagascar est
principalement liée aux migrations sur la côte est. Les populations antemoro,
antambahoaka et antanosy se réfèrent toutes à un premier ancêtre, Raminia, venu
de La Mecque. On sait aujourd'hui qu'il ne s'agissait pas d'Arabes, mais plutôt
d'Indonésiens islamisés. Aujourd'hui
l’Islam malgache est véhiculé par les musulmans indo-pakistanais qui financent mosquées et écoles coraniques.
- Les fady : les fady (interdits) occupent une place très importante
dans la vie des Malgaches. Ils peuvent concerner l'individu, la famille, le
clan ou même l'ethnie tout entière. Ainsi les Antemoro sont fady de cochon,
et d'une espèce d'anguille. Les interdits individuels sont révélés par le mpanandro,
devin-astrologue, à la naissance de l'enfant. Contrevenir à ces interdits, c'est
évidemment s'exposer à une punition.
- Le famadihana : tout commence par
un songe : une femme voit en rêve l'ancêtre au bord de son lit, se plaignant
d'avoir froid dans son tombeau, d'être délaissé par ses descendants. Les chefs
de famille vont alors consulter le mpanandro, le devin-astrologue, qui fixe
le jour du famadihana, étymologiquement le jour du "passage d'une vie à l'autre". Le jour fixé, la famille et tous les invités se retrouvent autour du tombeau : on l’ouvre, on sort l’ancêtre en lambeaux. On change les lamba des morts, puis vient le temps de fêter l’ancêtre : par petits groupes, à tour de rôle, tous les zanadrazana portent le corps du défunt dans une danse syncopée, faite d’allers-retours autour du tombeau. Un orchestre prend le relais des festivités : on partage le porc ou le zébu sacrifié pour l’occasion, on danse, on boit, on rit… Et cela peut durer jusqu’à deux ou trois jours, au terme desquels le corps retourne au tombeau.
- Le tromba : le tromba est un rituel de possession. Le possédé
est toujours incarné par un roi défunt qui parle par sa bouche et conseille
les vivants. Par leur bouche, les ancêtres donnaient leur aval, en quelque sorte,
pour toute décision, notamment politique ou militaire. Les manifestations du
tromba sont toujours plus importantes en période de crise.
- Les ody et les sampy : les ody sont des amulettes destinées
à chasser les maladies, à apporter la prospérité, à assurer des récoltes abondantes
et à garantir la fécondité des femmes. Lorsque ces charmes sont utilisés au
service de groupes sociaux, ce sont alors des sampy.
- Le tanguin : tous les royaumes ont pratiqué l'ordalie, que l'on
désigne sous le nom de tanguin, qui est en réalité le poison que l'on utilise
lors de ce « jugement de dieu ». On administre à l'accusé un poison, le tanguin.
S'il en réchappe, c'est qu'il est innocent. S'il meurt, on a la preuve de sa
culpabilité.
- La place du zébu : le zébu est un animal omniprésent dans la
société malgache. Il symbolise toujours la richesse et l'opulence. Mais il est
plus que cela : il accompagne l'homme dans tous les moments importants de sa
vie, et le sacrifice d'un « longues cornes » est essentiel à tous les rituels.
- Devins et astrologues : les devins jouent un rôle très important
dans la vie des Malgaches, qui est conditionnée par le caractère faste ou néfaste
du moment où l'on entreprend une action. Le mpanandro est consulté
en toute occasion. Le mpisikidy est un spécialiste de la géomancie, technique
de divination à partir de figures tracées sur le sable. L'ombiasa a des pouvoirs
plus étendus : c'est le gardien des connaissances rituelles et religieuses.
- La circoncision : la circoncision se pratique dans toutes les
ethnies. C'est un rite de passage qui permet au garçon de devenir véritablement
un homme et de prendre sa place dans la société.
Savoir-vivre et coutumes
Les rapports entre Malgaches et vazaha
Les Malgaches sont d'accès facile, même si certains peuvent se montrer assez
introvertis, notamment face aux vazaha. Mais si l'on communique
bien entre Malgaches et vazaha, cela reste une communication entre «
étrangers ». Le rapport économique déséquilibré en notre faveur doit particulièrement
nous engager à la retenue et à la réserve. Les Malgaches sont extrêmement sensibles
au respect de leur personne, ils ont en horreur la brutalité, la violence et
toute forme d'autorité. D'ailleurs, le sésame pour toutes les relations humaines
est le sourire. Ça passe partout !
Les fady (interdits ou tabous)
Une évidente prudence est à observer dans les lieux et sites sacrés, dont l'accès
est souvent régi par un ensemble de fady très variés d'une région à l'autre.
Cérémonies et tombeaux
On peut voir un grand nombre d'édifices mortuaires et de tombeaux, mais sachez
que leur symbolisme dépasse celui de nos cimetières. Outre qu'il est évidemment
interdit d'y toucher, il faut absolument penser, par exemple, à ne pas uriner
aux alentours ! De manière générale, hors
des sentiers battus, toujours essayer de prendre un guide.
Pour les cérémonies quelles qu'elles soient, se renseigner localement
sur les coutumes régionales est un impératif.
Fêtes et jours fériés
Fêtes traditionnelles
Les fêtes malgaches sont nombreuses mais impossibles à prévoir à date fixe.
Elles dépendent du calendrier lunaire et de la décision des devins ! Pour y
assister, il faut d'abord y être... invité. Renseignez-vous sur les règles particulières
à respecter pour chaque cérémonie.
- Alahamady Be : c'est le Nouvel An malgache, fêté les trois
premiers jours du premier mois lunaire, autour du mois de mars. Grandes cérémonies
traditionnelles avec séances de purifications, sacrifices de zébus, offrandes,
danses et chants, et grands repas en commun.
- Famadihana : surnommée « retournement des morts », c'est la
cérémonie malgache la plus connue et la plus impressionnante. Elle se déroule
de juin à septembre. Y assister est un privilège.
- Famorana : cérémonies de circoncision qui ont lieu durant tout
l'hiver austral, de juin à septembre, dans tout le pays.
- Fitampoha : ou « bain des reliques royales ». Cette fête sacrée
a lieu tous les 5 ans en hiver austral, à Belo-sur-Tsiribihina, dans l'Ouest.
C'est une fête durant laquelle on lave les reliques des rois du Menabe pour
renforcer la royauté Sakalava et les liens entre le roi actuel et ses sujets.
Elle dure une semaine.
- Santa Bary : c'est la fête du riz. Elle a lieu sur la côte
est vers avril-mai, pour la première récolte de riz. On remercie les ancêtres
pour les récoltes et on leur offre les premiers épis.
- Tsanga Tsainy : c'est la fête la plus importante de l'ethnie
des Antakàranas, qui a lieu tous les 5 ans dans le massif de l'Ankàrana. Cette
cérémonie a pour but de renforcer l'unité du peuple et de la monarchie Antakàrana.
Elle consiste en l'érection d'un mât royal précédé d'un pèlerinage aux îles
Mitsio.
Jours fériés
Pratiquement toutes les fêtes chrétiennes sont des jours fériés à Madagascar
: 1er janvier (Nouvel An) ; 29 mars (commémoration en souvenir des martyrs de l'Insurrection
de 1947) ; lundi de Pâques (avril) ; 1er mai (fête du travail)
; mai (Ascension) ; 25 mai (journée de l'OUA, Organisation de l'Unité Africaine) ; début juin (lundi de Pentecôte), 26 juin (fête
de l'indépendance du pays) ; Assomption (15 août) ; Toussaint (1er
novembre) ; Noël (25 décembre).