S'étendant chaque année davantage, Los Angeles semble tout dévorer
sur son passage. Métropole riche, énergique, créative, pourtant inégalitaire
et rongée par les problèmes sociaux et ethniques, cette agglomération est un
immense puzzle de 88 quartiers, avec ses riches et ses pauvres, sa splendeur
et sa misère, son or et sa poussière.
On dit souvent de « L.A. » qu'elle
n'est qu'une mer infinie de béton. Erreur. Hormis les tours géantes de Downtown,
Los Angeles ressemble à une banlieue à
perte de vue. On la dit inhumaine à cause de la circulation, des tremblements
de terre, des incendies et de la criminalité. Ce n'est ni
tout à fait vrai ni tout à fait faux. Car cette grande mal-aimée est d'abord
une grande méconnue. Elle est le berceau
d'une culture capable de s'exporter dans le monde entier et se prépare à devenir
la capitale de l'empire économique du Pacifique.
Point d'aboutissement de la conquête de l'Ouest, point d'arrivée de la fameuse
Route 66, Los Angeles continue à porter le rêve
américain à bout de bras. C'est un drôle de destin que celui de cette aride bordure de
désert, devenue en moins d'un siècle l’une des villes les plus importantes du
monde.