Au nord du Cachemire, on bute sur l'Himalaya. Commence
alors une région étonnante, faite des plus hauts sommets et des vallées les
plus sèches du monde : le Ladakh. À une altitude moyenne de 5 300 m, une population de 100 000 habitants perpétue un mode de vie ancestral. Elle est concentrée le long de l'Indus, le
roi des fleuves, et les torrents qui s'y jettent leur assurent une abondante récolte annuelle.
La position géographique de la région en fait un objectif militaire stratégique. Les Chinois, sur la lancée de leur
annexion du Tibet, en ont volé un bout ; les Pakistanais en ont pris un autre. Ce qui justifie la présence permanente de plus de 150 000 soldats sur le territoire. Les Ladakhis, plutôt placides, restent nostalgiques de leur indépendance perdue. L'armée est plutôt paisible mais ne peut pas passer inaperçue.
Les Ladakhis sont bouddhistes lamaïstes et
ont accueilli de nombreux réfugiés tibétains. Du Cachemire monte l'influence
de l'islam, mais aujourd'hui les bouddhistes se défendent, ce qui vaut parfois
quelques jours de couvre-feu.
La population la plus voyante, l’été, est formée par les touristes occidentaux venus en masse depuis l’ouverture du Ladakh au tourisme en 1974. Mais il suffit de s'éloigner de la route principale pour marcher sans croiser d'autres vies que les mouflons, rapaces et petits chevaux sauvages.