Carte d'identité Chili

- Population : 17,6 millions d’habitants, dont 89 % vivent en ville. Les Européens et les métis représentent 89 % de la population chilienne totale, les Indiens n’étant plus que 11 %.
- Superficie : 756 102 km² (et plus de 6 400 km de côtes pour 6 300 km de frontières !).
- Capitale : Santiago (environ 6,5 millions d'habitants).
- Langues : l'espagnol est la langue officielle.
- Religion : catholiques (68 %), évangélistes (16 %), autres 5 %, sans religion 11 %.
- Espérance de vie : 75 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes.
- Monnaie : le peso chilien.
- Régime politique : démocratie présidentielle.
- Chef d'État : Michelle Bachelet (socialiste ; 2e mandat depuis mars 2014). Une élection présidentielle est en cours en novembre-décembre 2017.
- Ressources : le cuivre (premier producteur mondial) et les produits miniers (or, argent, fer), l'agriculture et l'industrie agroalimentaire, la pêche et, enfin, le bois et la cellulose.
- Taux de chômage : autour de 6 %.
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco : le parc de Rapa Nui (1995) sur l'île de Pâques, les églises en bois de l'île de Chiloé (2000), le quartier historique de la ville portuaire de Valparaíso (2003), les usines de salpêtre de Humberstone et Santa Laura (2005) près d'Iquique et Qhapaq Ñan (2014), près de 30 000 km de routes andines qui parcourent l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, l’Équateur et le Pérou.

Économie

Une économie dynamique

L’économie chilienne reste une des plus dynamiques d’Amérique latine, classée comme 4e économie de ce continent. Elle affiche de bons résultats (environ 1,6 % de croissance en 2016) mais beaucoup moins que dans les années 1990, où sa croissance annuelle gravitait autour de 8 %, soit le double de celle des autres pays du continent.
En terme de pouvoir d’achat, c’est le Chilien qui est en tête avec environ 23 500 US$ par an en 2015. L’inflation est stable : entre 4 et 5 %.

Les causes de cette « exception chilienne » remontent, en partie, aux années 1970, quand le pays s'est lancé dans une politique ultralibérale, privatisant et ouvrant le pays à la concurrence internationale.

Libre-échange, la clef du succès commercial

Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, a aussi bénéficié d’une conjoncture très favorable, avec la forte augmentation de la demande mondiale en minerai et la flambée des cours, multipliés par quatre durant la dernière décennie ! En 2017, la situation du cuivre n’est plus aussi brillante, mais l’argent rentre quand même dans les caisses.
Parallèlement, le pays a développé une politique d'« entente commerciale tous azimuts ». Entre 2000 et 2010, des accords de libre-échange ont été signés avec plus de 65 pays, dont la Chine, l’Inde et les États-Unis. 93,5 % des exportations sont réalisées avec ces pays, soit plus du tiers de son PIB.
Plus de 20 milliards de dollars ont ainsi été placés dans deux fonds souverain, l’un « économique et social » (le plus important), l’autre garantissant les retraites, dans lesquels il a été possible de puiser pour affronter la crise économique mondiale. Le plan de relance chilien a ainsi pu être l’un des plus importants au monde (2,8 % du PIB) relativement à la taille de l’économie !

Économie dépendante et source d'inégalités

Les années fastes sont peut-être derrière. En cause, la dépendance structurelle de l’économie au cuivre, qui représente à lui seul près de 50 % des exportations. De quoi rendre le pays très sensible à la demande extérieure, chinoise en particulier. Celle-ci s’est fortement rétractée en 2014, plombant les prévisions de croissance. Dans la foulée, le cours du cuivre a chuté, entraîné par la baisse du prix du pétrole.
Autre ombre planant sur l’industrie minière, la sécheresse persistante, affectant les ressources en eau, dont l’exploitation du cuivre est très consommatrice.

Le paradoxe chilien c’est que si le pays est riche, ses habitants ne le sont pas pour autant. La forte croissance économique, si elle a permis de réduire le chômage (6 % en 2015) et la grande pauvreté, ne s’est accompagnée d’aucune réduction des inégalités sociales. Bien au contraire, le taux de répartition des revenus au Chili est parmi les plus mauvais des pays émergents.

Un pays à plusieurs vitesses

Ultralibéralisme oblige, la redistribution est minime. Au Chili, tout est privé, ou presque : l’éducation, le système de santé, les retraites, obligeant ménages et étudiants à s’endetter lourdement.

Les zones d’habitat misérables (frôlant le bidonville) sont légion autour d’agglomérations par ailleurs prospères, augmentées par l’exode rural. Plus de 15 % de la population vit toujours au-dessous du seuil de pauvreté, et plusieurs millions d’habitants sont juste au-dessus.
Quant à la durée légale du travail, elle grimpe jusqu’à 45h par semaine.
Une situation potentiellement explosive qui a généré, au début des années 2010, une série de conflits sociaux. Un mouvement social contraint par des lois répressives, héritées elles aussi de la dictature, à commencer par un droit de grève très restreint.
De manière plus anecdotique, une étude affirme que les Chiliens seraient les Sud-Américains les moins heureux – une conséquence directe des inégalités sociales.
Des disparités qui sont aussi régionales : ces dernières années, certaines provinces ont vu leur économie croître substantiellement, d’autres restant à la traîne. Bref, le Chili en 2017 est encore le pays de l’OCDE le plus inégalitaire.

Élue en novembre 2013, la présidente de centre gauche Michelle Bachelet promet de corriger les excès du système. Mais si quelques avancées ont été obtenues (augmentation de l’impôt sur les sociétés notamment), le carcan libéral imposé par la constitution héritée de Pinochet reste difficile à briser.

Droits de l'homme

Le programme de Michelle Bachelet, première femme à diriger le pays, contenait de nombreux points positifs en matière de droits humains de l’avis de nombreuses ONG. Et si le projet de réforme de la Constitution réaffirmé au printemps 2015 venait à aboutir, certaines pesanteurs de la société chilienne, à commencer par l’éducation, profondément inégalitaire, pourraient évoluer. 60 % des étudiants les plus pauvres devraient ainsi accéder gratuitement aux études à partir de 2016.
Mais les résistances des catégories les plus aisées et d’une partie de la classe politique, qui craignent une plus grande mixité sociale, freinent cette réforme. De nombreuses manifestations ont eu lieu ces dernières années, justement, pour dénoncer le système éducatif privatisé et inégalitaire, issu de l’ère Pinochet. Plusieurs d’entre elles ont été réprimées de façon disproportionnée, et certaines ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre. Des violences policières et arrestations arbitraires ont été dénoncées à ces occasions, même si ces exactions ont fortement diminué en 2014.

L’impunité des forces de l’ordre est d’ailleurs un autre des chantiers sur lesquels butte la présidente depuis son arrivée au pouvoir. De même, des engagements ont été pris concernant les excès de la lutte antiterroriste, utilisée notamment pour mater les mouvements de protestation indigènes ou les manifestations étudiantes.
Mais les évolutions sont lentes, et les cours militaires continuent de juger les forces de sécurité. Même si la Cour suprême est intervenue à de nombreuses reprises pour transférer certains de ces dossiers devant des cours civiles.

S’il est une question qui semble particulièrement compliquée à faire évoluer, c’est celle de la situation des populations indigènes. Nombre d’entre elles revendiquent depuis des années la restitution de leurs territoires ancestraux, ou une plus juste répartition des richesses produites sur leurs sols. À commencer par les quelque 600 000 Mapuches, victimes de longue date d’expropriations de la part de propriétaires terriens et d’entreprises. Ils doivent faire face à un harcèlement judiciaire constant. L’appel récurrent à la loi antiterroriste pour juger les mouvements indigènes a légitimé, selon Amnesty International, « un recours excessif à la force et des arrestations arbitraires lors d’opérations de police contre (ces) communautés ».
Néanmoins, la mobilisation extrêmement efficace et le soutien que les communautés indigènes obtiennent au niveau international ont abouti à quelques victoires judiciaires.

Enfin, la présidente s’est également engagée à décriminaliser l’avortement, dans les cas où il y aurait un risque pour l’enfant ou la femme. Une modification bien timide de la législation, mais qui soulève déjà une fronde dans les milieux catholiques, très puissants au Chili. L’entrée en vigueur d’une loi importante contre toutes les formes de discriminations en juillet 2012 a cependant constitué une avancée législative notable pour les minorités sexuelles.

Les réformes sont d’autant plus dures à faire passer pour Michelle Bachelet qu’elle a été indirectement éclaboussée par une énorme affaire de corruption, surnommée le « Pentagate », qui vise toute la classe politique et touche jusque sa propre famille (son fils aîné est accusé de trafic d’influence). Après avoir fait démissionner et reconstituer un nouveau gouvernement en mars 2015, elle a mis en place un comité d’experts chargé d’élaborer des normes contre la corruption et de tenter de séparer les milieux politiques et économiques.

Enfin, la justice continue de régler le passif de la dictature de Pinochet. Plus de 1 000 cas de violation des droits de l’homme durant cette période étaient encore à l’étude fin 2014, alors qu’un millier d’autres étaient en cours de jugement ou avaient abouti à des condamnations. Les ONG dénoncent le fait que certaines peines prononcées aient été fortement diminuées par des décisions de la Cour suprême. Le sujet, toujours sensible au Chili (le père de la présidente étant lui-même mort en détention après avoir été torturé), la blessure ne semble pas s’être totalement refermée.

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