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Un peu d’histoire Chicago

Avant même que la ville ne soit créée, cette région était recouverte par les eaux. Les Indiens appelèrent leur rivière Checagou, du nom des oignons sauvages qui poussaient dans cette zone marécageuse.

Cet ancien point de passage et de liaison des Indiens, des explorateurs et des missionnaires, entre le Canada et le bassin du Mississippi, devient poste permanent de traite de fourrures. C'est le coureur des bois Jolliet et le jésuite Marquette qui, en 1673, revenant d'une expédition dans le Mississippi, parviennent au site actuel de Chicago. Situé au milieu de vastes plaines recouvertes d'herbes hautes et denses, ils l'appellent « Prairies ».
Neuf ans plus tard, Cavelier de La Salle, un autre explorateur français, prend possession des lieux, au nom du roi de France. Ces lieux couvraient tout le Mississippi jusqu'aux Rocheuses. Il nomme ce nouveau territoire Louisiane. Vers 1779, Jean-Baptiste Point du Sable, un autre Français, établit un comptoir sur la rive nord de la Chicago River (actuelle Michigan Avenue). Il négocie alors les fourrures avec les Indiens locaux, les Potawatomis. Puis, il vend le comptoir à John Kenzie, marchand de fourrures à New York. La Louisiane est vendue par Napoléon au jeune État américain en 1803.
La même année, les Américains construisent le Fort Dearborn à l'entrée de la Chicago River. Celui-ci marque alors le début de la conquête de l'Ouest et l'éviction des Indiens Potawatomis, par le général Anthony Wayne (général « Mad »). Au milieu du XIXe siècle, la ville devient un nœud ferroviaire très important d'où part la fameuse ligne Union Pacific vers San Francisco (terminée en 1869).

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), Chicago supplante Saint-Louis, trop proche des champs de bataille. La ville devient alors l'un des grands marchés à bestiaux du pays et développe parallèlement ses industries. Elle passe de 400 habitants en 1833 à 300 000 en 1870. Elle atteint un million en 1890, puis 2 millions 20 ans plus tard (aujourd'hui Chicago en a 3 millions et, avec sa banlieue, 10 millions).
L'incendie géant de 1871 a donné le coup d'envoi définitif à la modernisation de la ville en imposant d'autres normes et matériaux de construction.

En 1886 éclatent des grèves et des émeutes ouvrières. Six leaders syndicaux, après une parodie de justice, sont pendus. Le 1er mai, date de leur exécution, sera d'ailleurs choisi, par la suite, comme fête internationale du Travail (mais ce jour n'est pas chômé aux États-Unis !). La célèbre « Prohibition », établie de 1919 à 1933 et interdisant la vente de toute boisson contenant plus de 0,5° d'alcool, entraîne l'apparition d'une véritable industrie de distillation illégale et le développement des speakeasies (débits de boissons clandestins), dénommés ainsi parce qu'il fallait demander les lieux à voix basse, à cause des surveillances de la police.

La guerre des gangs pour la possession de ce juteux marché fait des centaines de morts. L'argent coule à flots et, en grande partie, dans les poches des policiers et politiciens véreux. Au cours de l'une des années les plus sanglantes, il n'y eut, sur 1 059 crimes de toutes sortes répertoriés, que 25 cas éclaircis ! Assassinats et corruption devaient donner pour longtemps cette image négative à Chicago.

En pleine guerre du Vietnam, en 1968, d'importantes manifestations d'étudiants et de pacifistes devant la Convention nationale démocrate sont violemment réprimées (l'événement marqua toute la génération des 50-65 ans d'aujourd'hui).

Actuellement, Chicago est le 2e centre industriel du pays et l'une des plus importantes places financières mondiales (c'est ici que l'on fixe le prix du blé et du soja). Le dynamisme de la ville a pourtant donné naissance à une pensée économique ultra-conservatrice dite « école de Chicago » (théories de Milton Friedman basées sur le libéralisme économique total). Surnommés Chicago Boys, ses émules furent, entre autres, conseillers de Pinochet au Chili où ces théories ont d'ailleurs complètement fait faillite.
Heureusement, Chicago a désormais une autre image. D'abord, celle d'un certain succès du melting-pot. Plus que dans toute autre ville, on sent la volonté des communautés irlandaise, italienne, juive, polonaise (2e ville polonaise au monde), etc., de s'intégrer.
Les habitants de Chicago ont également montré leur ouverture d'esprit en plaçant pour la première fois, en 1979, une femme (Jane Byrne) à la tête d'une grande ville, puis en élisant, en 1983, un maire noir (Harold Washington, alors que la communauté noire vote peu). Chicago a aussi élu la première femme noire au Sénat lors des élections en novembre 1992. Depuis le Chicago d'Al Capone, l'histoire a tourné bien des pages...





 

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