Dates historiques
- 51 après J.-C. : la tribu gauloise des Andes (sic !)
est écrasée par les Romains près de Saumur. Les débuts de la colonisation romaine
rattachent la région à la Gaule lyonnaise. Création de Nantes et Angers sur
d'anciens sites celtes. La région exporte dans tout l'empire : blé, vins, salaisons,
poteries d'Angers, etc.
- Ve-VIIe siècle : la région reçoit sa part
d'invasions. Après les Vandales, les Huns chevauchent jusqu'à Orléans où ils
sont stoppés net. Mais la frontière de Loire ne cesse d'être disputée entre
Francs, Aquitains et Bretons. En 732, Charles Martel repousse les Sarrasins
entre Tours et Poitiers, assurant du même coup la promotion de sa descendance
: les Carolingiens.
- Xe-XIe siècle : on respire. Défrichements
intensifs et resserrement du maillage féodal. Beaugency et Romorantin émergent,
Tours élargit son enceinte, Orléans devient ville royale. Les marchands s'activent
sur la Loire. Fondation des grandes abbayes et collégiales : Saint-Benoît-sur-Loire,
Saint-Martin de Tours, Saint-Aignan d'Orléans.
- XIIe-XIIIe siècle : le duché d'Anjou échoit
aux Plantagenêts. La guerre de Cent Ans va commencer. Battu par Richard Cœur
de Lion, Philippe Auguste élimine son successeur Jean sans Terre : Touraine
et Berry sont rattachés au domaine royal. Prudent, Philippe Auguste dote Bourges
d'une grosse tour qui surveille la région.
- XVe siècle : la « reconquista » française s'élance
des pays de Loire. Laissant le tremblant dauphin Charles à Loches, Jeanne part
délivrer Orléans et monte à la conquête de Paris. Victorieux, Charles VII ne
quitte pourtant pas la Loire. Ses successeurs l'imiteront pendant plus de deux
siècles (voir plus loin : « La vallée des rois »).
- XVIe siècle : guerres de Religion. Après une Saint-Barthélemy
féroce à Orléans, les huguenots de Condé prennent la ville. Retour de bâton avec la constitution de la Sainte Ligue dont
le trop puissant chef, le duc de Guise, meurt assassiné par les tueurs d'Henri
III.
- XVIIIe siècle : prospérité relative. L'élevage se
développe en Sologne et en Berry, la vigne monte à l'assaut des coteaux, Orléans
et Montargis commencent à filer le coton. Les canaux de Briare et d'Orléans
prolongent l'activité de la Loire. Le catholicisme est revenu en force. Pourtant,
la région se rallie au jansénisme, puis aux Lumières. 1789 y est bien accueilli,
mais 1793 inquiète.
- XIXe et XXe siècles : lent déclin des
industries en Touraine et dans l'Orléanais. Mais les Pays de la Loire, ligne
naturelle de repli face aux invasions, retrouvent leur importance stratégique.
- 1960 : union de la Touraine, de l'Orléanais et du Berry au sein
de la région Centre, pendant que l'Anjou et la basse Loire rejoignent, avec
Sarthe, Mayenne et Vendée, la région des Pays de la Loire.
- 2000 : le Val de Loire, de Sully à l'est d'Orléans
à Chalonnes-sur-Loire à l'ouest d'Angers, est inscrit au patrimoine
mondial de l'Unesco sur 280 km.
- 2005 : mise en place du programme pilote ordi-Centre. L'université met gratuitement des ordinateurs portables à disposition des étudiants à partir de la quatrième année. Ils peuvent être par la suite rendus ou vendus à des prix très abordables.
- 2010 : après expertise d'identification les ossements de Diane de Poitiers trouvent enfin place dans le tombeau qui lui était destiné au château d'Anet en Eure-et-Loir.
La vallée des rois
Succédant à la dynastie des Capétiens directs, la dynastie des Valois régna sur la France de 1328 à 1589. Elle débute avec Philippe VI, neveu de Philippe IV le Bel, mort sans descendance mâle. Une dynastie qui connaîtra d'importants troubles : guerre de Cent Ans, folie du roi Charles VI, guerre civile Armagnacs-Bourguignons...
Désigné comme successeur par son cousin le roi Henri III, le roi de Navarre monte sur le trône, sous le nom d'Henri IV, après avoir abjuré le protestantisme. C'est le début de la dynastie des Bourbons.
Quoique Paris soit naturellement la capitale, c'est à Versailles que Louis XIV a sa cour. C'est que Paris est un séjour à risques : il y a eu la Fronde, et, avant ça, l'insurrection d'Étienne Marcel et le choix du parti anglais, sans parler de la guerre de Cent Ans, quand les Anglais n'étaient qu'à quelques jours de marche de Paris. C'est ainsi que, privé de la moitié de son royaume, le futur Charles VII (règne 1422-1461) s'était replié sur la Loire.
Son fils Louis XI (règne 1461-1483), « l'universelle araignée », campe sur Loches et Plessis-lès-Tours, près de Tours, où il mourra. Même mort, il s'accroche au fleuve en s'offrant un tombeau à Notre-Dame-de-Cléry.
Voilà que Charles VIII (règne 1483-1498), son fils, revient de sa campagne d'Italie, avec la Renaissance dans ses bagages. Bonne raison d'embellir le château d'Amboise. Le lieu qui l'avait vu naître finira par le tuer d'un traumatisme crânien, après qu'il se fut cogné le front au linteau d'une porte.
Refroidi, son successeur Louis XII prend Blois pour résidence. Il rebâtit le château et y installe Anne de Bretagne.
François Ier, lui, inaugure le siècle des rois voyageurs. Les derniers Valois étaient des SDF de luxe, qui passaient d'un château à l'autre suivant les saisons et les invitations, traînant derrière eux leurs meubles, leur vaisselle et leur cour. François Ier embellit donc au passage Amboise et Blois, en attendant la réalisation de son grand projet, Chambord, pour lequel il a convoqué artisans et maîtres italiens sous la direction de Léonard de Vinci. Même Charles Quint, qui passait par là, en reste baba. Mais François Ier meurt et Chambord n'est pas achevé.
Alors, tout s'accélère. Son successeur Henri II, qui avait installé Diane de Poitiers à Chenonceau, reçoit une lance dans l'œil au cours d'un tournoi.
Sous l'influence des Guise et de Catherine de Médicis, sa mère, Charles IX ordonne le massacre des protestants lors de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Il meurt 2 ans plus tard.
Le nouveau roi, Henri III, a peur des Guise. C'est au château de Blois qu'il fait trucider le duc de Guise. Il meurt lui-même assassiné.
Le dernier Valois est aussi le dernier roi de la Loire. Henri IV de Bourbon, son successeur, s'établira dans la capitale sur cette phrase historique : « Paris vaut bien une messe. »