Médias
Presse
Le Canada édite plus d'une centaine de journaux quotidiens. Le plus
influent, en anglais, est The Globe and Mail. Néanmoins, The Toronto
Star est le plus vendu du pays.
À Vancouver, The Vancouver Sun est
un journal de référence, comme l'est le Victoria Times Colonist pour
toute l'île de Vancouver. The Province est, dans un tout autre style,
un journal très populaire, mélangeant infos locales, provinciales,
faits divers, ragots de stars, informations financières.
Comme aux
États-Unis, les hebdomadaires culturels gratuits (les alternative
weeklies) sont maintenant des journaux importants dans les
villes. Ainsi le Georgia Straight est distribué partout à Vancouver. Toute la vie culturelle de la ville y est annoncée pour
la semaine. Il présente aussi régulièrement des classements des
meilleurs endroits de la ville à fréquenter.
C'est à Regina qu'on trouve
l'hebdo culturel au nom le plus original : The Prairie Dog, un vrai
journal de fureteurs !
Télévision
Presque tous les hôtels canadiens sont câblés ou proposent une réception via satellite. CBC (Canadian Broadcasting Corporation) est la chaîne nationale publique de TV et de radio bilingue. C'est la plus rigoureuse dans le traitement de l'information. Partout au Canada, on retrouve le réseau public de langue française de la Société Radio-Canada, la CBC française si on veut. CTV Newsnet (Canadian Television) est une grande chaîne canadienne d'informations en boucle. CBC Newsworld joue un rôle similaire.
Si vous avez le mal du pays, vous pourrez essayer de capter TV5, mais les hôtels de l'ouest du pays font rarement l'effort de le mettre à leur programme. Les émissions sont pour la plupart diffusées avec plusieurs jours de retard, voire plusieurs semaines... seuls les journaux télévisés sont à jour. À cause du décalage horaire, les nouvelles du soir sont diffusées l'après-midi. Attention, les programmes sont annoncés à l'heure de Montréal. RDI, la chaîne d'informations en boucle de Radio-Canada, propose débats d'actualités, émissions politiques, informations et reportages, en plus des journaux télévisés.
Enfin, il existe aussi des chaînes provinciales, comme BCCTV en Colombie-Britannique. À part les infos provinciales, les programmes ne sont pas très différents des autres : sitcoms, talk-shows, real TV souvent américains et films. À Toronto, City TV est une chaîne très urbaine et branchée où les nouvelles sont traitées à la manière de clips.
Radio
Les stations de radio commerciales diffusent tous les genres musicaux. Plus la ville est grande, plus les stations sont spécialisés. Dans le Nord, préparez-vous à ne capter aucun signal de radio hormis les ondes courtes.
Vous retrouverez aussi la formule talk radio : ça ne vole pas très haut, mais ça permet de prendre le pouls d'un pays. Même la prestigieuse Société Radio-Canada joue parfois avec brio ce jeu des tribunes radiophoniques. Elle diffuse toute une gamme d'émissions d'informations (politiques, économiques, culturelles, sportives, etc.) dans tout le Canada.
Il y a donc presque toujours une voix francophone au bout des ondes. Cela dit, le manque d'auditeurs francophones à l'ouest du pays voit de plus en plus les stations privées anglophones réclamer de récupérer les fréquences de SRC...
Si vous êtes « alternatif », vous serez curieux d'écouter les radios universitaires et communautaires. Vancouver et Victoria étant situés près de la frontière américaine, on y capte évidemment beaucoup de stations provenant de Seattle.
Cinéma
Le Canada anglophone, aux portes du géant américain, tient à sa spécificité culturelle, notamment en ce qui concerne le cinéma. En 1939 fut créé l'Office national du film, qui permit à de jeunes cinéastes québécois de créer un style direct de reportage.
Du côté anglophone, Norman McLaren compte parmi les pionniers du film d’animation expérimental, avec de multiples procédés d'impression directe sur pellicule (peinture, grattage...) qui s'apparentent aux techniques des arts plastiques plus qu'à celles du cinéma industriel.
Jusqu’à récemment, le cinéma canadien se résumait aux films québécois. Par exemple, le plus grand succès en salles a été (est toujours !) Porky’s (1976), l’ancêtre des comédies grasses de campus avec un humour pipi-caca de bas étage et que rien ne distingue des niaiseries américaines de type Police Academy ou American Pie.
Aujourd’hui, David Cronenberg est incontestablement le cinéaste canadien le plus reconnu à travers le monde. Son style inimitable sait allier, dans le genre fantastique, créativité et spectacle, pour créer un univers des plus personnels : ses films les plus connus sont La Mouche, le Festin nu, Crash et The End of Violence.
Atom Egoyan connaît lui aussi une audience internationale surtout depuis De beaux lendemains, Prix du jury au festival de Cannes en 1997.
Les Inuits
Les Inuits sont les autochtones du nord du Canada. Ils vivent au Nunavut ainsi que dans le nord du Québec, du Labrador et dans les territoires du Nord-Ouest. Ils seraient environ 45 000,
soit le quart des Inuits du monde. Ils sont apparus dans le nord-est du Canada il y a 4 500 ans. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux ne sont plus les
nomades qu'ils étaient. Ils vivent de la chasse et de la pêche, mais travaillent aussi dans les mines, les hydrocarbures, les services, le tourisme et la vente d'art traditionnel inuit.
Renouveau politique et culturel
C'est avec les acquis de la convention de la Baie James et du Nord québécois,
signée en 1975, que l'Inuit a amorcé la reprise en main de sa destinée.
Travaillant de façon autonome ou en collaboration avec divers ministères du
gouvernement québécois, des institutions totalement inuit veillent à l'administration
et au développement de la région dans tous les secteurs d'activité. Les acquis
administratifs et politiques lui permettent maintenant de prendre en charge
l'éducation en langue inuktitut.
Mais la fierté et le dynamisme sont les premiers moteurs du renouveau au pays
du morse, du narval et de l'ours blanc.
En mai 2001, le premier film inuit, Atanarjuat, la légende de l'homme
rapide, de Zacharias Kunuk, a fait sensation et reçu la Caméra d'Or du festival
de Cannes.
Nunavut (« Notre Terre » en langue inuktitut)
C'est avec les acquis de la convention de la baie James et du Nord québécois, signée en 1975, que les Inuits entament la reprise en main de leur destinée. Les apports financiers de l'entente leur permettent un développement autogéré ciblé sur des besoins spécifiques, comme l'achat de bateaux de pêche modernes, la création d'une station de radio et d'un périodique.
En 1999, une révolution secoue le Grand Nord canadien : répondant enfin aux revendications des Inuits, le gouvernement fédéral promeut la création d'un nouveau territoire, le Nunavut (« notre terre »), détaché des immenses Territoires du Nord-Ouest.
Comme les autres provinces canadiennes, le Nunavut dispose d'une grande autonomie de gestion. Il élit son propre Parlement. Les acquis administratifs et politiques lui permettent désormais de prendre en charge l'éducation en langue inuktitut, ainsi que le contrôle du développement et de la mise en valeur de tout le territoire.
La culture inuit regagne même une partie du terrain perdu (littérature, artisanat, sculpture, cinéma...).