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Culture et traditions Bourgogne

Les Trois Glorieuses

Cette fête est marquée par trois événements majeurs : la rencontre avec la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, la vente des vins des Hospices de Beaune et la Paulée de Meursault, repas traditionnel où chaque convive apporte son vin.

La confrérie des Chevaliers du Tastevin

Dans les années 1930, la mévente des vins ruinait toute la région, d'où cette idée géniale lancée par quelques vignerons visionnaires : puisque le bourgogne se vendait mal dans le monde, c'est le monde entier qui fut invité à venir le déguster et à faire du château du Clos de Vougeot la plus belle table d'hôtes de la planète, autour de la confrérie des Chevaliers du Tastevin, fondée en 1934 sur le modèle des confréries vineuses d'autrefois.
La devise de cette nouvelle confrérie, « Jamais en vain, toujours en vin », ne laisse pas place à l'équivoque ! Elle se réunit au clos de Vougeot lors de banquets nommés chapitres, au cours desquels l'on chante, l'on boit et l'on exécute l'inévitable ban bourguignon. Pour l'occasion, la confrérie est habillée de pourpre et d'or à la mode rabelaisienne, et reçoit diverses personnalités d'honneur des mondes politique, littéraire, artistique et scientifique. Celles-ci sont intronisées après une cérémonie rituelle et burlesque au cours de laquelle elles prennent connaissance de leurs devoirs en tant que futurs chevaliers. Elles doivent aussi jurer fidélité au vin de France et plus particulièrement au vin de Bourgogne !
En 1950, la confrérie crée le tastevinage : il s'agit d'accorder l'estampille de la confrérie à une sélection de vins de Bourgogne jugés sur leurs qualités. Ne peuvent concourir que de jeunes vins mis en bouteille depuis plus de 6 mois. Ces vins sont dégustés à l'aveugle par un jury de 300 connaisseurs. Les vins sélectionnés ont droit à une étiquette numérotée aux armes de la confrérie.

La vente des Hospices de Beaune

Mondialement connus, les Hospices de Beaune représentent, avec 58 ha de vignes de premier ordre, l'une des premières fortunes hospitalières de France. Ces vignes résultent de généreuses donations dont certaines remontent au XVe siècle. La vente des vins provenant de ce domaine d'exception permit durant des siècles de soigner gratuitement les malades et d'accueillir les personnes âgées.
Aujourd'hui, les fonds recueillis permettent l'entretien et la modernisation des installations hospitalières. C'est pourquoi on peut encore parler de « vente de charité ».
Issues de la récolte de l'année, les cuvées mises en vente le lendemain portent le nom des généreux donateurs. La vente se déroule sous les halles de Beaune, selon la tradition de la vente à la bougie. À la première offre, on allume la première bougie. Lorsque les offres cessent, on allume la seconde bougie. L'adjudication est prononcée lors de son extinction.

La Paulée de Meursault

L'origine du mot « paulée » provient vraisemblablement du patois paule, qui signifie « pelle ». Il s'agirait de la dernière pelle de raisins versée dans le pressoir symbolisant la fin des vendanges. À midi, se déroule le banquet où chacun apporte à déguster ses meilleures bouteilles. Au cours du repas, on décerne un prix littéraire à un écrivain connu. L'heureux veinard repart avec 100 bouteilles de meursault.

La Saint-Vincent tournante

Autrefois, dans chaque village existait une confrérie des Vignerons, compagnie d'entraide de la corporation. Chaque confrérie fêtait dignement le saint patron des vignerons, saint Vincent.
En 1938, les Chevaliers du Tastevin donnent un nouveau souffle à ces fêtes en réunissant l'ensemble des confréries des Côtes de Nuits et de Beaune. La Saint-Vincent tourne chaque année, le dernier week-end de janvier, de village en village. Elle revient dans chaque commune à peu près une fois par génération. L'événement est donc d'importance pour le village organisateur.

Figures

- Buffon (1707-1788) : grand naturaliste, né à Montbard, il écrit son Histoire Naturelle, œuvre monumentale en 40 volumes. Cet ouvrage a pour objectif de décrire la terre, le ciel et les hommes.. Ainsi, il ouvre la voie à plusieurs branches des sciences naturelles modernes : géologie, paléontologie... Son œuvre est acceptée comme une œuvre littéraire et lui vaut d'être reçu à l'Académie française en 1753.
- Bussy-Rabutin (1618-1693) : général des armées de Louis XIV, célèbre pour ses faits d'armes, mais surtout pour ses libertinages et écrits.
- Colette (1873-1954) : native de Saint-Sauveur-en-Puisaye. L'écrivain a puisé son inspiration dans l'évocation de son enfance passée dans la nature bourguignonne.
- Gustave Eiffel (1832-1923) : un homme mondialement connu grâce à sa fameuse tour. Mais peu de gens connaissent les origines dijonnaises de Gustave. Sa famille portait le nom de Bonickhausen et habitait la région de Eiffel. Elle émigre au début du XVIIIe siècle vers Paris et prend le nom de cette région d'origine.
- Le chanoine Kir (1876-1968) : son engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale le propulse maire de Dijon en 1945. S'il est reconnu dans cette ville pour son oeuvre et l'aménagement du lac qui porte son nom, sa notoriété a bien dépassé les limites de la petite cité, grâce à l'apéritif qu'il remit au goût du jour en l'offrant à tous ses visiteurs... le kir.
- Lamartine (1790-1869) : né à Mâcon, il devint l'un des plus grands poètes français de l'époque romantique. La route Lamartine, au départ de Mâcon, permet de s'imprégner de l'ambiance des sites qui inspirèrent le poète.
- Pierre Larousse (1817-1875) : Pierre-Athanase naît fils de forgeron. Devenu enseignant, il a l'idée de présenter sous une forme plus adéquate les matières qu'il enseigne à ses élèves et de transmettre ses connaissances à un large public. Son Dictionnaire Universel est en route.
- François Mitterrand (1916-1996) : il n'est pas bourguignon, mais sa longue carrière politique débute dans la Nièvre à Château-Chinon. Grand amoureux du Clunysois, il a fait de l'ascension de la roche de Solutré un passage obligé de toute la gauche socialiste !
- Nicéphore Niépce (1765-1833) : la Bourgogne a été la première région photographiée au monde. En 1822, Niépce prend un cliché du paysage depuis la fenêtre de sa maison à Saint-Loup-de Varenne (à 10 km de Chalon-sur-Saône). La photo était née.
- François Pompon (1855-1933) : célèbre sculpteur animalier. Rendez visite à la sculpture de l'ours blanc du jardin Darcy à Dijon ou à son taureau de Saulieu.
- Jean-Paul Rappeneau (né en 1932) : natif d'Auxerre. Cinéaste, il obtient le prix Louis-Delluc pour son film La Vie de château. Son film Cyrano de Bergerac, immense succès, le ramène au pays natal : c'est à l'abbaye cistercienne de Fontenay, vers Montbard, qu'il tourne les dernières scènes de Cyrano.
- Les frères Schneider : la région du Creusot exploite le minerai de fer depuis le XVIIe siècle. Les frères Schneider vont bâtir leur empire industriel autour de ces richesses.
- Bernadette Soubirous (1844-1879) : témoin de plusieurs apparitions de la Vierge à Lourdes, Bernadette entre au couvent à Nevers en 1866 et y meurt en 1879. Son corps y est encore exposé.
- Sébastien Le Prestre, seigneur de Vauban (1633-1707) : Il est le concepteur et l’architecte du système de défense de Louis XIV. Le génie militaire du Bourguignon Vauban a doté de nombreuses villes françaises de fortifications imprenables.

Les ducs de Bourgogne

- Philippe le Hardi (1342-1404) : fils cadet du roi Jean le Bon, il reçut en apanage le duché de Bourgogne. Il fut régent de la couronne avec les deux oncles de Charles VI. Devenu duc de Flandre, il ramène une paix durable, et la Flandre est désormais acquise au duc de Bourgogne. Philippe le Hardi meurt à 62 ans en ayant fait de la Bourgogne un duché aussi riche et puissant, sinon plus, que le royaume de France.
- Jean Sans Peur (1371-1419) : fils de Philippe le Hardi, Jean Sans Peur est en compétition pour le trône de France avec son cousin le duc d'Orléans. Ses idées libérales, voire démagogiques, attisent les rivalités. Suite à la folie du roi Charles VI, la régence est confiée au duc d'Orléans. Rien ne pouvait plus irriter Jean Sans Peur. Il fait assassiner son rival en 1407. La voie semble libre pour conquérir le trône de France. Mais il trouve une forte opposition en la personne de Bertrand d'Armagnac, beau-frère du duc d'Orléans, et de ses partisans, les Armagnacs. La guerre civile est inévitable. C'est le moment que choisit la perfide Albion pour débarquer en Normandie. Jean Sans Peur refuse assistance aux Armagnacs pour défendre le royaume de France ; ils se font battre à plate couture à Azincourt. Et il passe une alliance secrète avec les Anglais contre le royaume de France. Sentant la trahison, le dauphin Charles VII le fait assassiner en 1419.
- Philippe le Bon (1396-1467) : son règne commence en 1419 par un drame, l'assassinat de son père, Jean sans Peur, par son beau-frère, le dauphin Charles VII. Du coup, Philippe jette son duché dans les bras des Anglais, en pleine guerre de Cent Ans. La lutte est confuse entre Bourguignons, Anglais et Français. Elle cessera grâce à Jeanne d'Arc que les Bourguignons remercieront en la livrant aux Anglais qui décideront d'illustrer La Petite Fille aux Allumettes. Le bon Philippe réussira un coup de maître en négociant la paix avec Charles VII. La Bourgogne devient un duché indépendant, et il peut se proclamer « Grand duc d'Occident ». Sobre ! Créateur de l'ordre de la Toison d'Or, mécène amoureux de la peinture flamande, Philippe le Bon fut également grand amateur de livres, à tel point que la bibliothèque ducale devint l'une des plus riches du monde occidental.
- Charles le Téméraire (1433-1477) : il reçoit une éducation européenne et parle le français, l'anglais, le flamand, rare pour l'époque. Éloquent, travailleur, brillant, Charles le Téméraire a tout pour réussir, mais il va tout gâcher car il est suspicieux, impulsif et ambitieux. Dès l'enfance, il hait Louis XI, son cousin, centralisateur sans concessions ni états d'âme. La féodalité se soulève contre le roi et déclenche la guerre dite du « Bien Public », à laquelle participe Charles le Téméraire. Le Bien Public est aujourd'hui « le premier » quotidien régional bourguignon.

Les toits de Bourgogne

Les toits en tuiles vernissées aux motifs géométriques font partie intégrante du paysage bourguignon au même titre que la vigne ou les riches pâturages du Charolais. Ces tuiles rythment aussi bien des édifices religieux comme la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon que des bâtiments civils de la grande époque des ducs de Bourgogne. Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste l'hôtel-Dieu à Beaune, construit par Nicolas Rollin, chancelier de Philippe le Bon.





 



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