Les Trois Glorieuses
Cette
fête est marquée par trois événements majeurs : la
rencontre avec la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, la vente des
vins des Hospices de Beaune et la Paulée de Meursault, repas traditionnel
où chaque convive apporte son vin.
Chapitre de la confrérie des Chevaliers du Tastevin
Dans les années 1930, la mévente des vins ruinait toute la région, d'où cette idée lancée par quelques vignerons visionnaires : on invita le monde entier à venir le déguster au château du Clos de Vougeot, autour de la confrérie des Chevaliers du Tastevin.
Cette nouvelle confrérie se réunit au clos de Vougeot lors de banquets nommés chapitres. Pour l'occasion, la confrérie est habillée de pourpre et d'or à la mode rabelaisienne, et reçoit diverses personnalités d'honneur des mondes politique, littéraire, artistique et scientifique. Celles-ci sont intronisées après une cérémonie rituelle et burlesque au cours de laquelle elles prennent connaissance de leurs devoirs en tant que futurs chevaliers.
En 1950, la confrérie crée le tastevinage : il s'agit d'accorder l'estampille de la confrérie à une sélection de vins de Bourgogne.
Vente des Hospices de Beaune
Mondialement connus, les Hospices de Beaune représentent l'une des premières fortunes hospitalières de France. La vente des vins provenant de ce domaine d'exception permit durant des siècles de soigner gratuitement les malades et d'accueillir les personnes âgées.
Aujourd'hui, les fonds recueillis permettent l'entretien et la modernisation des installations hospitalières. C'est pourquoi on peut encore parler de « vente de charité ».
Issues de la récolte de l'année, les cuvées mises en vente le lendemain portent le nom des généreux donateurs. La vente se déroule sous les halles de Beaune, selon la tradition de la vente à la bougie. À la première offre, on allume la première bougie. Lorsque les offres cessent, on allume la seconde bougie. L'adjudication est prononcée lors de son extinction.
Paulée de Meursault
L'origine du mot « paulée » provient vraisemblablement du patois paule, qui signifie « pelle ». Il s'agirait de la dernière pelle de raisins versée dans le pressoir symbolisant la fin des vendanges. À midi, se déroule le banquet où chacun apporte à déguster ses meilleures bouteilles. Au cours du repas, on décerne un prix littéraire à un écrivain connu. L'heureux veinard repart avec 100 bouteilles de meursault.
La Saint-Vincent tournante
Autrefois, dans chaque village existait une confrérie des Vignerons, compagnie d'entraide de la corporation. Chaque confrérie fêtait dignement le saint patron des vignerons, saint Vincent.
En 1938, les Chevaliers du Tastevin donnent un nouveau souffle à ces fêtes en réunissant l'ensemble des confréries des Côtes de Nuits et de Beaune. La Saint-Vincent tourne chaque année, le dernier week-end de janvier, de village en village. Elle revient dans chaque commune à peu près une fois par génération. L'événement est donc d'importance pour le village organisateur.
Les toits de Bourgogne
Les toits en tuiles vernissées aux motifs géométriques font partie intégrante
du paysage bourguignon au même titre que la vigne ou les riches pâturages du
Charolais. Ces tuiles rythment aussi bien des édifices religieux comme la cathédrale
Saint-Bénigne de Dijon que des bâtiments civils de la grande époque des ducs
de Bourgogne.
Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste l'hôtel-Dieu à Beaune,
construit par Nicolas Rollin, chancelier de Philippe le Bon.
Figures
- Buffon (1707-1788) : grand naturaliste, né à
Montbard, il écrit son Histoire Naturelle, œuvre monumentale en 40 volumes.
Cet ouvrage a pour objectif de décrire la terre, le ciel et les hommes.. Ainsi,
il ouvre la voie à plusieurs branches des sciences naturelles modernes : géologie,
paléontologie... Son œuvre est acceptée comme une œuvre littéraire et lui vaut
d'être reçu à l'Académie française en 1753.
- Colette (1873-1954) : native de Saint-Sauveur-en-Puisaye.
L'écrivain a puisé son inspiration dans l'évocation de son enfance passée dans
la nature bourguignonne.
- Gustave Eiffel (1832-1923) : un homme mondialement
connu grâce à sa fameuse tour. Mais peu de gens connaissent les origines dijonnaises
de Gustave. Sa famille portait le nom de Bonickhausen et habitait la région
de Eiffel. Elle émigre au début du XVIIIe siècle vers Paris et prend
le nom de cette région d'origine.
- Lamartine (1790-1869) : né à Mâcon, il devint l'un des plus
grands poètes français de l'époque romantique. La
route Lamartine, au départ de Mâcon, permet de s'imprégner de l'ambiance des
sites qui inspirèrent le poète.
- Pierre Larousse (1817-1875) : Pierre-Athanase
naît fils de forgeron. Devenu enseignant, il a l'idée de présenter sous une
forme plus adéquate les matières qu'il enseigne à ses élèves et de transmettre
ses connaissances à un large public. Son Dictionnaire Universel est en
route.
- François Mitterrand (1916-1996) : il n'est pas
bourguignon, mais sa longue carrière politique débute dans la Nièvre à Château-Chinon.
Grand amoureux du Clunysois, il a fait de l'ascension de la roche de Solutré
un passage obligé de toute la gauche socialiste !
- Nicéphore Niépce (1765-1833) : la Bourgogne a
été la première région photographiée au monde. En 1822, Niépce prend un cliché
du paysage depuis la fenêtre de sa maison à Saint-Loup-de Varenne (à 10 km de
Chalon-sur-Saône). La photo était née.
- Jean-Paul Rappeneau (né en 1932) : natif d'Auxerre.
Cinéaste, il obtient le prix Louis-Delluc pour son film La Vie de château.
Son film Cyrano de Bergerac, immense succès, le ramène au pays natal
: c'est à l'abbaye cistercienne de Fontenay, vers Montbard, qu'il tourne les
dernières scènes de Cyrano.
- Bernadette Soubirous (1844-1879) : témoin de plusieurs
apparitions de la Vierge à Lourdes, Bernadette entre au couvent à Nevers en
1866 et y meurt en 1879. Son corps y est encore exposé.