Histoire
Depuis 30 000 ans et jusqu'au Ier siècle avant J.-C., de petits hommes au teint cuivré et aux yeux bridés, les San (« cueilleurs », Bochimans ou Bushmen) et les Khoi-Khoi (« les hommes des hommes ») vivaient dans le Sud de la Namibie et le Nord-Ouest de l’Afrique du Sud, élevant leur bétail et cultivant modestement la terre. Les familles - une dizaine de membres -changeaient de campement au rythme des saisons et de la nourriture disponible. Les Bochimans se divisaient en deux grands clans. Les River San vivaient sur les terres arrosées et les Kalahari San dans le désert. Leur langue khoïsan se caractérisait par ces fameux clics.
Il y a environ 3 000 ans, les Bantous sont arrivés alors de l’Ouest (actuels Cameroun, Nigeria…) fuyant les attaques des tribus, agriculteurs et pasteurs. Ces sédentaires apportent avec eux le fer et une société hiérarchisée. Ils refoulent les Sans dont beaucoup s’enfuient dans le désert, appelé aujourd'hui désert du Kalahari. Petit à petit, les Bantous progressent vers l’Est, se mêlant aux groupes autochtones. Il y a environ mille ans apparaissent les premières chefferies.
À partir de là, invasions, guerres, fuites font se déplacer les tribus vers le Sud, s’affrontant entre elles et mêlant leurs cultures. Dès la moitié du XVIIe siècle, les colons d’origine hollandaise, allemande et française (les Boers) puis les Britanniques débarqués à l’extrême sud du continent, progressent vers le Nord, dans une société esclavagiste, en évangélisant les populations tribales. À la fin du XIXe siècle, les tensions montent de toutes parts.
Repoussés par les Boers, premiers arrivés, les Britanniques cherchent à s'installer dans la région de l’actuel Botswana. Ils tentent de soumettre les habitants, les Tswanas, qui, de leur côté, fuient aussi les guerres zoulous. Secondé par les missionnaires, leur chef Sechele demande de l'aide aux Britanniques. Il faudra attendre 1885 et Cecil Rhodes, fondateur de la Rhodésie et magnat des mines, pour convaincre Londres de stopper les velléités expansionnistes boers et allemandes. Le pays devient Protectorat britannique sous le nom de Bechuanaland.
En 1899, les Anglais découvrent des diamants à Kimberley et déclarent la guerre aux Boers. Vainqueurs, ils font des Bushmen leurs esclaves et engrossent les femmes qui donneront naissance aux premiers coloured people.
Petit à petit, des villageois quittent le delta d'Okavango à cause de la mouche tsé-tsé, présente depuis des siècles, progressivement puis finalement éradiquée il y a quelques années. À partir de 1958 et jusqu’à la fin du XXe siècle, le gouvernement fait ériger des « barrières à buffles » (Veterinary Cordon Fence) pour éviter que ces porteurs de maladie ne contaminent le bétail domestique. Des kilomètres de clôture en fils d'acier à haute tension traversent certains des paysages les plus sauvages du pays. Si ces barrières stoppent la propagation de la fièvre aphteuse, elles empêchent aussi les animaux sauvages d'emprunter les itinéraires de migration séculaires vers les sources d'eau. La population de gnous a ainsi chuté de 99 % au cours de la dernière décennie, et tous les buffles et les zèbres sont bloqués au nord des clôtures.
En 1966, le pays accède à l'indépendance avec Sir Seretse Khama comme premier président. Après son décès en 1980, le vice-président Ketumile Masire prend sa suite. Considéré comme l'artisan de la stabilité du pays, il se retire volontairement du pouvoir en 1998, après dix-huit ans à la tête de l'État. Conformément à la Constitution, le vice-président Festus Mogae lui succède.
Élu à la présidence par le parlement en 1999 puis réélu en 2004, il quitte ses fonctions en mars 2008 après deux mandats, comme le prévoit la Constitution. Le vice-président et fils du fondateur du pays Ian Khama, non pas élu mais nommé après le départ en retraite du président, prête serment comme président le 1er avril 2008 et promet de suivre la ligne de son prédécesseur. Les prochaines élections générales sont prévues en octobre 2009.
Les Bushmen aujourd’hui
Culture en déclin, situation dramatique, les premiers habitants de la région ne forment plus aujourd’hui qu’une petite minorité de la population (moins de 100 000 personnes réparties entre le Botswana, l’Angola, la Namibie et l’Afrique du Sud). Durant les trois derniers siècles, ils ont été exterminés par les Bantous venus d’Afrique de l’Est et, plus tardivement, par les colons blancs. Réduits en esclavage, les survivants ont été privés de leurs terres et de leur indépendance. Aujourd’hui, si l’esclavage a disparu, ils continuent d’être marginalisés, considérés comme des « primitifs vivant à l’âge de pierre » et sont victimes de violence et de discriminations.
En 1963, la réserve du Kalahari central était créée pour préserver le gibier et offrir un sanctuaire aux Bushmen, peuple en voie d’extinction. Au début des années 1980, on y découvrit d’importants gisements de diamants. Peu de temps après, des représentants du gouvernement se rendirent sur place et signifièrent leur départ aux 5 000 Bushmen.
En 1997, sous prétexte de les sortir du sous-développement et de les protéger de la vie sauvage, le gouvernement les a relogés dans des « camps de relocalisation » en dehors de la réserve. De nouvelles vagues d’expulsion en 2002 (à la suite de la découverte d’un autre gisement), puis en 2005, ont vu le démantèlement de leurs huttes, la fermeture de leurs écoles et de leurs postes de santé et la destruction de leurs sources d’eau.
En décembre 2006, soutenue par l’organisation international Survival, l’association First People of the Kalahari gagne un procès historique : la Haute Cour du Botswana juge l’expulsion des Bushmen « illégale et anticonstitutionnelle ». Victoire en demi-teinte : les juges n’ont pas ordonné le rétablissement des services (puits, aide alimentaire, écoles, centres de santé), sans lesquels le retour permanent des Basarwa, comme on les appelle au Botswana, sera difficile. Trois ans après le jugement, le gouvernement continue à leur interdire l’accès à l’eau, réservé aux diamantaires et aux entreprises touristiques. Dans le Kalahari central, des incendies se sont déclarés et des troupeaux de chèvres - principale source de subsistance - ont été confisqués. Pour ainsi dire interdits de chasse, arrêtés et battus lorsqu’ils sont pris sur le fait, les Bushmen sont devenus dépendants des rations alimentaires distribuées par le gouvernement. Dans les trois nouveaux villages - camps de relocalisation de New Xade, Kaudwane et Xere - où il n’y a rien à faire, l’alcoolisme et la dépression sont devenus un fléau, tandis que prostitution et sida ont fait leur apparition.
Paradoxalement, les Bushmen n’ont jamais revendiqué de droits sur les richesses minières dont regorge leur territoire.
Loin derrière les diamants, la deuxième cause de l’expulsion des Bushmen est sans doute le tourisme. Cela dit, de plus en plus d’entreprises de safaris s’engagent, grâce à des programmes d’éducation, à former et à recruter la population locale. Certaines reversent même une partie de leurs bénéfices aux communautés organisées en Trust.
Artisanat
L’artisanat du Botswana provient de tous les pays d’Afrique. Seuls paniers, poteries et quelques tissages sont originaires du pays.
Le plus remarquable provient de la région du Nord (région du Ngamiland.) où les femmes fabriquent corbeilles et paniers en mokola palm (hyphaene petersiana) teintés d’essences naturelles de plantes et de fruits et destinés à trois usages essentiels : le stockage, le transport (sur la tête) et la conservation des céréales pilées (dans des coupelles). Les arts San (région de Gantsi à l’ouest) se distinguent par les colliers et les bracelets en cuir et en coquilles d’œufs d’autruche.
L’artisanat du sud du pays préfère les poteries Thamaga (bols et plats) et le tissage de tapisseries murales et de tapis. Bonne adresse pas chère : le centre de tissage de Lentswe-La-Odi, au nord de Gaborone, organisme à but non lucratif dont les profits reviennent aux artisans.
Attention aux horaires d’ouverture des commerces : du lundi au vendredi de 8 h à 13 h et de 14 h à 17 h. Le samedi de 8 h à 13 h.
Marchés
De 8 h à 18 h sous les halles des petites villes. Tout au long de la journée, des marchands ambulants vendent leurs fruits, légumes, noix aux alentours, le long des routes, à l’ombre d’un arbre. Le marchandage y est un véritable mode de vie.
Littérature
Le Botswana fait l’objet de nombreux récits et de romans, le plus souvent en anglais.
- Unity Dow, Juggling truths, 2006. L'histoire d'une jeune villageoise botswanaise qui arrive en ville.
- Michael Dutfield, A mariage of inconvenience, 1990. Sur le mariage d’une Britannique Ruth Williams et de l’ex-président Seretse Khama.
Parmi ceux traduits en français :
- William Dugan, La Grande soif, Flammarion, 1986. Saga familiale au cours du XIXe siècle et au-delà ou les difficultés d’une petite tribu prise entre le désert et les ambitions impérialistes.
- Herman Charles Bosman, La route de Mafeking, Albin Michel, 1993. Des nouvelles qui ont pour théâtre le territoire Tswana jouxtant l’Afrique du Sud au début du XXe siècle.
- Bessie Head, La femme qui collectionnait des trésors, 1977, Zoé 1994. Un recueil de nouvelles sur la vie quotidienne des villages par le plus grand écrivain Botswanais, une métis décédée en 1986. Et en anglais seulement, Village of the Rain Wind, zoom sur le village de Serowe aujourd’hui (centre de commerce d’Afrique et village adoptif de l’écrivain).
- Mma Ramotswe détective, Les Larmes de la girafe, Vague à l'âme au Bostwana…, les romans d'Alexander McCall Smith, britannique né au Zimbabwe en 1948 et longtemps résident au Bostwana sont un must. Son héroïne, Precious Ramotswe, est la première femme détective du pays. À travers des intrigues charmantes et rafraîchissantes, un regard tendre et poétique sur la vie quotidienne du Botswana rural d’aujourd’hui.
- Laurens Van Der Post, Le monde perdu du Kalahari. Dans les années 50, une exploration du Kalahari à la recherche des Bushmen vire en quête mystique. Un classique.
- Philippe Frey, Kalahari, désert rouge, Robert Laffont, 1993. L’ethnologue raconte sa traversée du désert.
- Lars Bonnevie, Botswana Blues. Un Danois, inspecteur des écoles primaires au Botswana, raconte son expérience et le trouble qu’il ressent au mélange des influences anglaises et africaines.
Cinéma
L’industrie cinématographique est quasiment inexistante dans un pays au marché très réduit. Eye of the Leopard a cependant reçu un Emmy Award en 2007, la quatrième récompense américaine pour les producteurs de documentaires Derek et Beverly Joubert.
Un cinéma de dix salles diffuse des films américains dans la capitale. Les autres grandes villes ont leur petite salle.
À défaut de long-métrage, la fameuse détective Mma Ramotswe tient la vedette d’une série télévisée désormais diffusée en Grande-Bretagne (BBC) et aux États-Unis (HBO).
Revoir Les dieux sont tombés sur la tête de Jamie Uys (1980 et 1988), tourné en Afrique du Sud et au Botswana.
Musique
Jazz, disco africain, musique kwasa-kwasa du Congo (réputé pour ses musiciens), c’est un vrai melting-pot.
Kgwanyape Band, fondé par le chanteur Duncan Senyatso est le groupe le plus populaire du pays. Comme les Culture Spears, Mingo et autres Question mark, c’est une musique africaine fortement imprégnée d’influences anglo-saxonnes et de rythmique des îles. Et indissociable de la danse.
Miss Univers
En 1999, Mpule Kwelagobe accédait au trône de Miss Univers. Lors d'une cérémonie au stade de Gaborone après son élection, alors qu’elle adressait en anglais à ses compatriotes, les jeunes botswanais l’avaient chahutée parce qu'elle ne s'exprimait pas en setswana.