Transports et déplacements Bolivie
Même si le réseau se développe, le ripio (pistes) reste plus fréquent que l’asphalte en Bolivie dès que l’on quitte les grands axes. Si vous le pouvez, préférez la saison sèche (de mai à septembre-octobre) pour circuler, plutôt que la saison des pluies, qui rend les routes très glissantes et certaines pistes impraticables. Au final, armez-vous de patience et concoctez-vous un itinéraire ménageant à la fois votre budget et vos reins...
Attention, le 1er dimanche de septembre, c’est Journée sans voiture en Bolivie : rien ne circule, ni bus ni taxi !
Bus
Les bus sont nombreux et bon marché, à défaut d’être particulièrement rapides et sûrs ! La presse fait régulièrement état d’accidents dus au mauvais état de certains véhicules ou des routes, aux intempéries, au manque d’attention des chauffeurs, à leur état de fatigue ou... d’ébriété. Les pannes ne sont pas rares non plus.
Autant certaines compagnies disposent de bus récents et confortables (avec clim, chauffage et toilettes à bord), autant d’autres roulent dans des quasi-épaves !
Il faut dire que les pistes ne sont pas tendres et qu’une compagnie récente a vite fait de se retrouver avec des bus déglingués... Parmi les meilleures, citons El Dorado et Trans Copacabana I. Mais attention, les rachats sont courants et les changements de nom aussi (sans compter les compagnies qui portent presque le même nom !).
Outre les pannes, les imprévus sont multiples : barrages « citoyens », grèves, travaux, inondations pendant la saison des pluies (surtout dans les parties basses du pays)... On a vu des bus mettre 1 semaine pour relier Rurrenabaque à Guayaramerín ! Bref, s’ils partent généralement à l’heure, les horaires d’arrivée sont bien aléatoires... Gardez votre calme et, surtout, prévoyez très large si vous avez un avion à prendre !
- En règle générale, sur les longs trajets, les départs des différentes compagnies sont groupés en fin d’après-midi ou le soir, et le voyage se fait de nuit pour arriver au matin.
- La concurrence est si rude que les vendeurs de cetaines compagnies se ruent aux abords du terminal pour vous vendre un billet dans le prétendu prochain bus prêt à partir. Mais en fait, une ou 2 autres flotas risquent de partir avant... Ne vous précipitez pas et comparez les horaires.
- Les tarifs sont pour la plupart réglementés et affichés dans les gares routières. Les compagnies appliquent donc toutes peu ou prou les mêmes, selon le niveau de confort. Tout en bas de l’échelle, les bus « normal » auront vite fait de vous user les reins sur les longs trajets. Pour espérer dormir un peu, mieux vaut privilégier les « semicama », « cama » et « suite », pourvus de sièges inclinables – au point de pouvoir s’étendre parfois totalement. Ces derniers sont à peu près 2 fois plus chers que les normales (normal, les sièges prennent 2 fois plus de place), et les semicamas 50 % plus chers, mais, selon le temps de trajet, l’investissement peut vraiment en valoir la peine.
- Achat des billets : rares sont les compagnies disposant d’un site internet (encore moins à jour et avec horaires...). ticketsbolivia.com permet d’acheter son billet en ligne, mais il ne représente qu’une très faible proportion des compagnies et ajoute une commission. Dans 95 % des cas, mieux vaut se rendre directement aux comptoirs de la gare routière, le jour même. Pensez juste, en période de fêtes, à réserver plus avant.
- Certaines compagnies vous diront que leurs véhicules sont chauffés pendant les trajets de nuit.
- Avant le départ, dans tous les terminaux, une taxe de 1,50 à 3 Bs est imposée pour accéder aux quais.
- Il existe des compagnies, chères mais confortables, destinées aux touristes, notamment Hop!, qui propose des forfaits valables 1 an : La Paz-Copacabana-Cusco (environ 40 US$), avec extension au Pérou jusqu’à Arequipa, Nazca et Lima.
On achète son pass sur Internet en choisissant les jours où l’on veut voyager : le bus vient vous chercher et vous dépose à votre hôtel.
- Infos sur boliviahop.com
- Même type de prestations pour le trajet La Paz-Uyuni avec Todo Turismo : todoturismo.bo
Micros, minis, trufis et camions
Il convient de différencier le bus du micro, du mini et du trufi. Là où le 1er, classique, dispose d’une cinquantaine de places, le 2e (pas si micro que ça) en a une grosse trentaine et le 3e une douzaine (mais en poussant un peu...). Quant au trufi, il s’agit d’un taxi collectif (4-6 places) utilisant une voiture classique.
Les micros, souvent vieillots et poussifs, circulent surtout en ville sur des lignes fixes (affichées derrière le pare-brise) et sur les courtes distances. On paie en montant.
Les minis, généralement plus rapides que les bus, offrent une option intéressante sur les trajets de quelques heures. Ils assurent, en général, la desserte des villages, voire des petites villes, les vrais bus se limitant surtout aux grands axes. Étant donné l’espace intérieur réduit, les bagages voyagent sur le toit, sanglés par une corde. Généralement, on les couvre avec un plastique pour les protéger de la poussière et de la pluie, mais avec les cahots, vous risquez fort de récupérer vos affaires teintées d’ocre rouge. Les plantes, animaux, objets fragiles sont, eux, chargés à l’intérieur... Ajoutez à cela les fenêtres qui ferment mal et les pneus usés par les pierres des caminos de ripio... l’aventure, quoi ! Bref, le mini, ce n’est pas le grand confort, mais le moyen de transport idéal pour rencontrer les locaux. Assis les uns sur les autres, on discute plus facilement...
Les trufis font exactement la même chose, à ceci près qu’on y est moins empilé et qu’ils roulent plus vite. A contrario, on peut moins y charger de bagages. Ils partent en général d’un lieu fixe, en fonction de la destination (que nous vous indiquons).
Encore moins cher que les autres moyens de transport, le camion prend généralement le relais là où les bus s’arrêtent. C’est sûrement la façon la plus typique mais aussi la plus inconfortable et lente de voyager (10-20 km/h en montagne)...
Avion
Bien pratique malgré son empreinte carbone, l’avion permet un sacré gain de temps par rapport au bus sur certains trajets. Exemple : La Paz-Rurrenabaque 40 mn de vol contre 14h de route... Reste qu’il serait dommage de ne pas prendre aussi le bus, partie intégrante de l’expérience du voyage en Bolivie. Et puis, ainsi, on se rend mieux compte des changements de paysages entre Altiplano et terres basses.
Les vols internationaux passant tous à Santa Cruz, on vous conseille d’y commencer votre périple, histoire de vous acclimater en douceur à l’altitude. En effet, Santa Cruz n’est qu’à 500 m. De là, on rejoint facilement Samaipata à 1 650 m, Cochabamba à 2 500 m, Sucre à 2 700 m puis l’Altiplano, avec Potosí, Uyuni et son salar, Oruro puis La Paz... tous entre 3 500 et 4 000 m.
Les différentes compagnies
La plus importante, appartenant à l’État, BoA (Boliviana de Aviación), assure des vols fréquents entre les principales villes du pays. Ecojet couvre un peu tout le territoire, notamment Trinidad, Rurrenabaque et le nord de l’Amazonie, mais ses fréquences sont irrégulières sur certaines lignes (Uyuni).
- Sachez que les retards sont assez fréquents et les annulations possibles en cas de fortes pluies (Amazonie) ou de brouillard (Altiplano), quelles que soient les compagnies. Autre info essentielle : réserver bien à l’avance en haute saison.
- Notez qu’avec la BoA il est plus facile de changer son itinéraire, quitte à payer la différence avec le billet précédent et un petit supplément.
Train
Le réseau ferré bolivien ne subsiste qu’assez symboliquement. Ferroviaria Andina ne dessert plus l’itinéraire Oruro-Uyuni-Atocha-Tupiza-Villazón (frontière de l’Argentine) que 1 fois par semaine dans chaque sens à bord d’un ferrobús – une sorte de bus sur rail. Les liaisons Cochabamba-Aiquile et Sucre-Potosí ont été suspendues. Quant à la liaison entre Viacha et Charaña (2 fois/sem), elle vous sera peu utile...
Location de voiture
On ne conseille pas de louer un véhicule en indépendant en Bolivie. Ou alors avec les services d’un chauffeur (prévoir un bon budget). Contrairement au Chili, au Brésil et en Équateur, où conduire son propre véhicule est relativement aisé, en Bolivie cela devient une aventure assez périlleuse !
L’état et l’étroitesse de certaines routes et pistes, le relief accidenté et montagneux, les nombreux virages, la mauvaise signalisation, la circulation et la lenteur des énormes poids lourds, rien n’encourage à prendre le volant soi-même...
Si vous optez, toutefois, pour cette solution, voici quelques recommandations : à moins de vouloir se limiter aux seules routes asphaltées, un 4x4 est indispensable pour explorer le pays. On peut louer un petit 4x4 sans chauffeur à partir de 50-60 US$ par jour, hors assurances, avec 100 km inclus. Pour un plus gros véhicule, voire un très gros 4x4, multipliez ces prix par 2 ou 3.
- Agences de location : plusieurs compagnies internationales sont représentées en Bolivie, à La Paz et Santa Cruz. Il faut avoir plus de 25 ans pour conduire soi-même.
- Signalisation : Les panneaux sont rares, et les cartes routières assez sommaires. Sortir de La Paz ou de Cochabamba, la 1re fois, est une épreuve pour le conducteur, car on roule sur des routes à peine signalisées, pressé par une circulation intense. Là où la location d’un véhicule devient absurde, c’est au salar d’Uyuni. Essayez donc de vous repérer sur 12 500 km² de blanc... On déconseille vivement cette expérience.
- Avertissement : prenez garde à tout ce qui pourrait croiser votre route au détour d’un virage ou d’une côte. Gardez une conduite très prudente et tâchez de rester zen si un policier vous arrête pour une infraction plus ou moins imaginaire... Restez ferme – mais courtois.
- Essence : n’oubliez pas de faire le plein dès que vous le pouvez : les stations-service sont assez éparses et pas toujours approvisionnées. Dans certains secteurs (Amazonie), on peut en être réduit à acheter le gazole au litre, en bouteille...
Auto-stop
Le stop gratuit, en Bolivie, on ne connaît pas tellement ! En revanche, le stop avec participation aux frais est assez courant.
Bateau
On le signale plus qu’on ne le conseille : des barges circulent sur les rivières Beni et Mamoré en direction du nord de l’Amazonie. Le voyage peut être intéressant et même captivant de descendre le río Beni depuis Guanay en traversant le parc national de Madidi.
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