Fêtes et jours fériés
Le Carnaval a lieu tous les ans pendant 3 semaines. Des festivités sont organisées à travers tout le pays. Arrangez-vous pour être à Oruro le jour de l'ouverture, ça vaut vraiment le détour. Pendant ces quelques semaines, défilés et danses sont nombreux, et... les bombes à eau tout autant ! Qui dit carnaval dit aussi jours fériés (toute l'activité du pays n'est pas paralysée pour autant), organisez donc votre programme en conséquence.
- 1er janvier : jour de l’An.
- 24 au 31 janvier : feria Alacitas à La Paz.
Fête du dieu Ekek’o, on achète des miniatures des biens matériels que l’on souhaite
avoir au long de l’année.
- Du Vendredi au Mardi gras : carnaval dans tout le
pays, notamment à Oruro, Santa Cruz et La Paz. Ne manquez pas celui d’Oruro !
- 10 février : fête des Mineurs à Oruro et Potosí.
- 2e semaine de mars : le Pujllay, carnaval
de Tarabuco.
- 19 mars : fête de la Saint-Joseph.
- 23 mars : fête de la Mer.
- 15 avril : fête de Tarija.
- Avril-mai (des années paires) : biennale latino-américaine
de musique baroque de Chiquitos. Santa Cruz, Béni et Missions.
- 1er mai : fête du Travail.
- 3 mai : fête de la Sainte-Croix.
- 13 mai : fête de Saint-Antoine de Padoue.
- 25 mai : fête de Sucre (défilé militaire et discours).
- 21 juin : fête du Solstice dans les ruines de Tiahuanaco.
- 23 et 24 juin : fête de la Saint-Jean.
- 29 juin : fête de la Saint-Pierre.
- 16 juillet : fête de La Paz (défilé militaire !).
- 25 juillet : fête de la Saint-Jacques.
- Fin juillet-début août : carnaval universitaire à La Paz.
La fac célèbre le folklore bolivien.
- 5 août : fête de la Vierge à Copacabana.
- 6 août : fête nationale de la Bolivie.
- 15 août : Urkupiña, à Cochabamba. Dionysiaque, mais
beaucoup de monde. La Bolivie est paralysée comme pendant le carnaval. Attention
pour les déplacements intérieurs !
- 16 août : pour la Saint-Roch, fête des Chiens (notamment
à Sucre et Potosí). Les chiens sont décorés de rubans et de papiers métallisés.
- 17 août : jour du Drapeau national.
- Dernière semaine d’août : Chutillos, à Potosí. Notre
fête préférée après le carnaval d’Oruro, elle dure 3 jours. Des danses du Nord
Potosí, même un Tink’u version soft !
- 5 au 13 septembre : fête de la Nativité à La Paz
(cathédrale San Francisco).
- 8 septembre : fête de Rosasani à Copacabana.
- 9-10 septembre : Virgen de la Candelaria, à Sucre.
- 14 septembre : fête de Cochabamba.
- 24 septembre : fête de Santa Cruz.
- 1er octobre : fête du Rosaire à La Paz.
- 20 octobre : fête de La Paz.
- 2 novembre : fête des Morts.
- 10 novembre : fête à Potosí.
- 18 novembre : fête du département du Béni.
- 8 décembre : fête de l’Immaculée Conception.
- 25 décembre : Noël.
- Fête du Gran Poder à La Paz. Date fixée 3 ou 4 mois
avant sa célébration. Se renseigner. Authentique et fascinant.
La fiesta boliviana est quelque chose que l’on se doit de voir pour
apprécier la richesse culturelle du pays. Se renseigner à Wayra pour
les fêtes des villages. Gare à l’alcool ! De même, en tenir compte pour
vos déplacements et réservations d’hôtels. Au milieu de la fiesta, même
les bancs du parc sont pris...
En plus des fêtes, pendant le mois d’octobre se tient à Sucre et à Potosí le
festival latino-américain de la Culture.
Mercado boliviano
Le marché en Bolivie est un lieu où la culture et les échanges
se préservent. Contrairement à d'autres pays où le côté touristique
l'emporte sur le reste, les mercados bolivianos concentrent les
différentes strates de la société du pays, ses vases communicants, ses
traditions mais aussi ses contradictions. Les lieux que nous avons
choisis sont tous, par définition, « routards », c'est-à-dire riches en
couleurs, saturés de saveurs et chargés de rapports sociaux
enrichissants.
- Punata : le gagnant absolu. Le marché de Punata
dans les environs de Cochabamba occupe toute une ville de près de 10
000 habitants. À l'image des souks marocains, chaque place ou quartier
possède une spécialité (piments, maïs, pommes de terre, chapeaux,
ustensiles pour fabriquer la chichita, fruits, légumes et tout ce que
l'on peut imaginer). Se tient tous les mardis. Voir le chapitre qui lui
est consacré.
- Tarabuco : le classique. L'image de la Bolivie est
souvent associée aux élégants paysans yamaparáez coiffés de la montera,
le casque du conquistador en cuir tanné, et vêtus de ponchos rouge et
orange ou noir et violet (signe de deuil). Les échanges se font autour
du tambo, une cour coloniale où l'on trouve divers produits, dans les
rues où l'on troque les feuilles de coca contre des oranges en jouant
nonchalamment du charango. La visite se fait à partir de Sucre tous les
dimanches.
- Tarija : le mercado central de la calle Sucre. Les «
Chapacos », comme sont surnommés les habitants de Tarija, prennent le
petit déjeuner, le déjeuner ou le goûter dans cette grande surface
traditionnelle. La nourriture et surtout le pain local (los bollos) y
sont extraordinaires. Ouvert tous les jours.
Religions et croyances
Les indiens ne se sont jamais faits à ce christianisme, ingurgité à coups de
trique. Le christianisme est, par essence, contraire aux religions indiennes.
Il prêche l'hégémonie de l’homme sur les éléments naturels. Seul Dieu est au-dessus.
En revanche, les Indiens adorent le Soleil, la Lune, la Terre... En effet, dans
ces régions, l’homme subit des sécheresses, des tremblements de terre, des inondations,
devant lesquels il est démuni. Il est difficile de croire à ce Dieu tout-puissant
des Espagnols, incapable de dominer la nature.
Voilà pourquoi les religions anciennes et ce que l’on appelle la magie ont gardé
un impact considérable, en particulier chez les populations les plus soumises
aux éléments naturels. La magie en Bolivie est le quasi-monopole d’une tribu
du nord du lac Titicaca, les Kallahuayas. Les guérisseurs (curanderos)
sillonnent les campagnes pour vendre (cher) un peu d’espoir. Mais de tout temps,
les esclaves ont tenu à avoir les mêmes idées que les maîtres. Et la religion
catholique est devenue celle des Indiens.
En fait, dans la religion pratiquée par les Indiens, il existe une cohabitation
bizarre entre le paganisme et le catholicisme : par exemple, on priera
pour soigner son enfant, mais cela ne l’empêchera pas de consulter le curandero.
Pachamama
La Bolivie reste un pays identifié à ses traditions millénaires.
La plus fortement ancrée dans l’esprit des paysans concerne la Terre Mère ou
Pachamama, qui représente la fécondité et la source des biens matériels.
Elle fait l’objet de l’adoration des Indiens qui la considèrent comme un être
vivant. Cette divinité est censée répondre aux besoins de ses « enfants »
qui la comblent d’offrandes (la mesa) comportant des objets rares ou
chers ou des gourmandises, qu’ils font brûler en plein champ.
Le 25 janvier, tous les Boliviens (surtout à La Paz) achètent des miniatures, répliques de nourritures et biens matériels, qu'ils portent à l'église pour les faire bénir. C'est la fête des Alasitas en l'honneur du dieu E'keko, petit lutin gras et bossu qui porte sur ses épaules tous les éléments du bonheur terrestre (du sac de farine à la Mercedes !).
En février, lors de la fête du carnaval, c'est l'occasion de remercier la Terre-Mère pour tous les biens qu'on possède sur cette terre. Les villes, qui prennent les couleurs des serpentins, sont alors envahies par les pétards.
Savoir-vivre et coutumes
La médecine, la magie, la Pachamama
Elles
sont étroitement imbriquées et mêlent nourritures spirituelles et
terrestres. La religion catholique s'est facilement superposée aux
schémas existants, et elle inclut souvent des pratiques ancestrales !
On fait plus facilement appel dans les campagnes au curandero, le guérisseur, qu'au médecin. De fait, depuis les Incas, l'élite des curanderos se trouve au village de Charazani en Bolivie. Les kallawayas sont
les médecins itinérants des Andes. Leur pharmacopée a été étudiée par
des médecins français. Nombre de remèdes efficaces seront tirés de
cette science vieille de plusieurs siècles.
La religion animiste des Andes
régit la vie de tous les jours ; lorsqu'on passe un col, il faut poser
sa pierre blanche sur le petit tas déjà accumulé. C'est un signe de
respect envers l'Achachila, le dieu millénaire personnifié en montagne.
On honore les esprits qui résident dans les lieux élevés. Le jour des
morts, on sert des repas aux défunts.
La richesse ne vient pas seule, il faut l'attirer sur un lutin bossu, l'ekekó,
le demi-dieu aymara de l'abondance, alter ego andin de Mercure, qui a
son jour de fête le 24 janvier lors de la célébration des Alasitas à La
Paz. Ainsi, toutes sortes de représentations miniatures de ce que l'on
convoite - enfants, nourriture, véhicules, argent - sont bénies par
l'évêque de La Paz... On accroche ce mémorandum aux dieux païens dans
la maison après l'avoir fait bénir par le curé et par le sorcier (ce
syncrétisme apparaît sur les chemins de croix, par exemple à Copacabana
en Bolivie, et sur les marchés, particulièrement au mercado de las
Brujas - marché des Sorciers -, calles Linares et Sagárnaga à La Paz).
La croyance aux lutins du genre du duende (d'origine post-hispanique) reste encore très vivace dans la population andine.
La musique et la danse
Elles conservent leurs caractéristiques anciennes. La mélodie qu'on chante en forçant sa voix à l'octave supérieure, c'est le huayno, qui utilise la gamme précolombienne même si aux tambours (cajas et tinyas) et percussions, sifflets et ocarinas, flûtes de Pan (antaras) et flûtes droites (kenas),
on a ajouté des instruments à cordes, guitare et violon. La mélodie
nous paraît triste, mais les paroles ne le sont pas, poèmes romantiques
ou insinuations sexuelles populaires en quechua.
Le folklore n'a pas encore été détrôné par la musique américaine ; allez le découvrir dans une peña, où les couples des classes moyenne et supérieure vont danser la valse créole et la marinera.
Les Indiens n'ont pas besoin de fréquenter les peñas. Alternativement, ils célèbrent entre eux toutes sortes de fêtes.
Pendant plusieurs jours, l'alcool arrose les danses d'origine rituelle
(on y mime l'accouplement, la chasse), rythmées par des orchestres
amateurs. Une mention spéciale pour la célèbre diablada d'Oruro qui évoque la lutte entre le bien et le mal.
D'origine moins ancienne, on entend aussi beaucoup de tangos argentins et les tintamarres de cuivres de la musique mexicaine au romantisme morbide.
Il existe également une importante tradition de musique afro-péruvienne, mêlant habilement rythmes africains et musique andine, dont Susana Baca est la plus célèbre représentante.
Malheureusement, ce que l'on entend de plus en plus dans les lieux touristiques, ce sont les Beatles et Simon & Garfunkel revisité façon flûtes de Pan.