Carte d'identité Bolivie
25)- Capitale : Sucre est la capitale constitutionnelle. La Paz est la capitale administrative et le siège du gouvernement.
- Superficie : 1 098 580 km² (soit 2 fois la France).
- Population : environ 11 365 333 habitants (estimation 2024).
- Densité : 10,30 hab./km².
- Espérance de vie : 72 ans pour les hommes, 77ans pour les femmes.
- Âge moyen : 33 ans.
- Langues officielles : espagnol (castillan) et, depuis 2009, toutes les langues des nations et des peuples indigènes (une trentaine, dont le quechua, l’aymara et le guarani).
- Monnaie : boliviano.
- Régime : république parlementaire. Divisé en 9 départements (régions), le nom officiel du pays est État plurinational de Bolivie.
- Chef de l’État : Rodrigo Paz Pereira (centre droit, élu en 2025)
- Taux d’alphabétisation : environ 94 % (chiffre officiel).
- Point le plus élevé : le Nevado Sajama, à 6 542 m d'altitude.
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : la ville de Potosí, les missions jésuites de Chiquitos, la ville historique de Sucre, le fort (précolombien) de Samaipata, la cité de Tiwanaku et le Qhapaq Ñan, le réseau de voies de communication précolombien qui s’étendait sur plus de 30 000 km à travers les divers pays andins.
Économie
Si l’économie bolivienne est l’une des plus informelles (non régulée par l’État) du continent (à hauteur de 62 % pour 60-80 % des emplois !), elle a connu depuis 30 ans une croissance globalement soutenue (3,70 % de moyenne), notamment grâce à la demande en matières premières favorisée par la mondialisation. Sur cette période, le PIB du pays a ainsi triplé.
Depuis les années 1970, le centre de gravité de l’économie bolivienne a basculé des Andes vers les plaines de l’Est : c’est aujourd’hui Santa Cruz qui s’affirme comme la capitale économique du pays, enrichie par l’exploitation des hydrocarbures. Engagée dans le libéralisme à tous crins dans les années 1990-2000 par le président Gonzalo Sánchez de Lozada, la Bolivie a fait peu après volte-face face à l’étendue de la fracture sociale. La révolte éclata en 2003, portant 3 ans plus tard un autochtone socialiste au pouvoir, Evo Morales, et son « gouvernement des mouvements sociaux ».
Du libéralisme au socialisme
Le gouvernement Morales a renationalisé certains secteurs, partiellement ou intégralement (mines, électricité, hydrocarbures, télécommunications, aéroports, etc.), travaillé à la redistribution des terres, lancé de grands travaux d’infrastructure (asphaltage de routes, hôpitaux et dispensaires, aéroports) et mis en place des programmes sociaux (aides financières pour les femmes enceintes, pour la fréquentation scolaire, allocation pour les personnes âgées, etc.). Ses objectifs : asseoir l’économie du pays sur ses ressources géologiques et redistribuer (enfin) cette richesse à l’ensemble du pays en développant ses infrastructures. Une politique inhabituellement approuvée par le FMI...
Sur le terrain, cependant, la situation économique et sociale évolue lentement. La Bolivie a un sacré chemin à parcourir pour retrouver sa place parmi les 20 pays les plus riches du monde, qu’elle occupait au moment de l’indépendance en 1825... Elle pointe aujourd’hui en 120e position de l’indice du développement humain... Certes, le PIB par habitant a lui aussi plus que triplé depuis les années 1960, mais il partait de très bas... Il n’atteignait encore en 2024 que 4 014 US$/an (46 000 US$ en France) pour un SMIC à 2 750 Bs (340 €) – pas bien haut, donc, mais multiplié par 7,7 depuis l’an 2000. Le gouvernement Morales a ainsi réussi à résorber en partie la misère : aujourd’hui, environ 35 % de la population bolivienne vit toujours sous le seuil de pauvreté (moins de 2 US$ par jour) contre 60 % en 2005. Quant à l’extrême pauvreté, elle ne touche plus « que » 11 % de la population, un chiffre quasiment divisé par 2 dans les 5 dernières années. Reste que les disparités régionales sont énormes. Si la pauvreté a chuté en ville, elle concerne encore près de 1 personne sur 2 dans les zones rurales (et plus encore dans le département de Potosí)... Autre point noir, selon les estimations, on considère qu’environ 17 % des enfants et adolescents travaillent en Bolivie.
Quant au clientélisme et à la corruption, si leurs bénéficiaires ne sont plus les mêmes, ils n’ont pas disparu, et le développement d’une nouvelle bourgeoisie aymara ne s’est pas accompagné d’un enrichissement généralisé des populations. Surtout, le pays s’est enfermé dans un modèle « extractiviste » : toute l’économie repose sur l’exploitation des ressources minières et en hydrocarbures, et reste donc soumise à la volatilité des cours. Les promesses de diversification et d’industrialisation restent pour l’instant vœu pieux.
Les mines
L’histoire économique de la Bolivie est depuis toujours étroitement liée à ses ressources géologiques, en commençant par les mines de Potosí, d’où l’on continue d’extraire du zinc (surtout), de l’étain et encore un peu d’argent. C’est cependant l’or qui, aujourd’hui, représente la principale source de revenus à l’exportation du pays, juste devant le gaz naturel (voir ci-après). Cela étant, les cycles de chute et de hausse des cours des matières premières influent notablement sur l’activité et l’emploi dans ce secteur.
Aujourd’hui, les gisements de lithium du salar d’Uyuni (estimés à 20 % des réserves mondiales) font figure de nouvel eldorado... La Bolivie manquant de compétences techniques pour extraire et traiter ce métal mou si nécessaire aux piles et batteries, le gouvernement a finalement abandonné l’idée d’en contrôler intégralement l’industrialisation, en signant en 2023 des accords de développement avec... la Chine et la Russie. L’objectif : se poser en acteur mondial de la chaîne de valeur du lithium, et ne plus être à la traîne face aux 2 autres pays du « triangle du lithium », l’Argentine et le Chili. En pratique, ces contrats n’ont pas été ratifiés par l’Assemblée législative pour des suspicions de corruption et d’irrégularités. Résultat : en 2024, la Bolivie n’a produit que 2 000 tonnes de lithium, contre environ 75 000 en Argentine et 300 000 au Chili la même année...
Élu en octobre 2025, le nouveau président conservateur Rodrigo Paz Pereira entend réviser les contrats signés avec les entreprises chinoises et russes, et relancer l’extractivisme en attirant de nouveaux investisseurs étrangers. Le ton est donné.
Les hydrocarbures
Longtemps fer de lance de l’économie, représentant jusqu’à la moitié des exportations, le gaz naturel perd graduellement du terrain tandis que ses réserves s’assèchent. Un temps les plus grandes du continent après celles du Venezuela, elles ont permis, dans les années 1990, le développement de plusieurs mégaprojets gaziers et pétroliers poussés par la Banque mondiale et le FMI. Sous le gouvernement d’Evo Morales, l’État a pris le contrôle de 51 % du capital de tous les exploitants présents sur son territoire, imposant une redistribution des bénéfices plus en faveur de l’État (les compagnies en touchaient auparavant 80 %). Finalement, faute de nouveaux investissements, la production de gaz, déjà réduite de 1/3 depuis 2014, continue de décroître de l’ordre de 4-5 % l’an. Elle ne devrait plus permettre, d’ici à 2035, que d’alimenter le marché intérieur – ce qui n’est déjà pas si mal ! Les exportations vers l’Argentine ont cessé en juin 2024, au terme du dernier contrat, et celles vers le Brésil, principal client, pourraient suivre.
L'agriculture
Si elle occupe encore près du tiers des Boliviens, l’agriculture ne représente que 13 % du PIB du pays. Elle reste souvent vivrière, sauf dans l’est du pays, qui s’adonne à la culture intensive du soja (3e produit d’exportation, devant le zinc), à l’élevage et à la culture des... châtaignes. La petite filière d’exportation de quinoa, céréale à la mode sur les étals bio des pays occidentaux, ne représente pas grand-chose en termes de revenus. Le paysage agricole bolivien a néanmoins radicalement changé ces dernières années.
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